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Pour la construction de la Transgabonaise, 780 km, comprenant le réaménagement de la route nationale 1 (RN1) et de la RN3 jusqu’à Franceville, l’État a pris l’option d’un partenariat public-privé. De ce partenariat, entre la holding Arise (issue du développement d’Olam) et le fonds français Meridiam, est née, fin 2019, la Société autoroutière du Gabon (SAG). En jeu, plus de 600 milliards de FCFA. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur cette société sans jamais oser le demander.

(Photo à titre illustratif). © le-gabon.net

 

Le pari de rendre plus praticable la route Libreville-Franceville sera-t-il (enfin) relevé d’ici 2023 ? On ose l’espérer, l’État ayant misé, fin 2019, sur la Société autoroutière du Gabon (SAG), fruit d’un partenariat public-privé, pour la réhabilitation des 780 km de cette infrastructure routière. Un défi pour cette entreprise et pour les autorités gabonaises, qui devront faire leurs preuves, cet axe, notamment sur la RN1, étant déjà en chantier depuis des décennies et en très mauvais état sur certains tronçons.

Structuration de la SAG 

Entreprise privée de droit gabonais, la SAG a été créée suite à un contrat de partenariat public-privé (PPP) signé au Gabon le 24 octobre 2019. D’une durée de 30 ans, le partenariat est tenu à 50% par Meridiam et, pour les 50% restant, par la holding Arise, via sa branche Arise Transport.

Société à mission française indépendante basée à Paris, spécialisée dans le développement, le financement et la gestion de projets d’infrastructures publiques, le fonds d’investissement Meridiam est dirigé par Thierry Déau, 51 ans, Français né en Martinique et président de Finance for Tomorrow. Présent dans de nombreux pays en Occident, en Afrique et au Moyen-Orient, Meridiam a signé auparavant, avec le Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS), un autre partenariat public-privé concernant le barrage de Kinguélé.

Olam International + Africa Finance Corporation = Arise

Plateforme conjointe d’Olam International et Africa Finance Corporation (AFC), Arise est chapeauté par un président directeur général, Gagan Gupta, proche du coordonnateur des affaires présidentielles Noureddin Bongo selon les affirmations de Jeune Afrique. AFC quant à elle est une institution financière panafricaine détenue par des investisseurs privés et environ vingt États africains. Au Gabon, Arise qui compte trois branches différentes, gère les activités de la Zone économique spéciale du Gabon (GSEZ) et les infrastructures du New Owendo International Port (NOIP). Elle a également repris la gestion du plus grand aéroport du Gabon à travers la société Aéroport de Libreville (ADL). Arise s’étend aujourd’hui en Mauritanie et en Côte d’Ivoire notamment.

La SAG est dirigée par Joseph Alain Saraka, par ailleurs directeur financier d’Arise. L’homme est connu pour avoir été auditeur chez KPMG Abidjan puis analyste crédit-investissements chez Ecobank avant de passer au Groupe Crédit Agricole puis chez GDF SUEZ Trading. Il a également travaillé au Nigeria chez Africa Finance Corporation.

Pourquoi un partenariat public-privé ?

Avec le contrat en PPP pour la Transgabonaise, l’État fait donc appel à une entreprise privée, la SAG, pour le financement et la gestion du projet. Une nouveauté sur cet axe routier que l’État réaménageait auparavant via des contrats marchés publics, avec plus ou moins de succès. Contrairement à ce type de contrats, le PPP permet à l’État, qui reste garant juridique, de ne pas financer le projet, et d’éviter l’endettement.

Le Gabon avait connu, en effet, quelques déboires avec des marchés publics, surtout sur la RN1. Colas, par exemple, avait plusieurs fois stoppé les travaux sur l’axe PK5-PK12 avant de les terminer finalement en fin 2018. L’entreprise disait qu’elle attendait des financements de l’État, qui avait lui-même emprunté à la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) en 2016.

De même, en 2017, le Gabon, en manque de finances, a rompu brutalement les contrats de trois sociétés (le gabonais Socoba-EDTPL et les espagnols Cedex-Entraco et Acciona). La maison-mère d’Entraco, Eurofinsa, a poursuivi le Gabon en justice en France… sans succès, car les impayés ont finalement été revus à la baisse. L’affaire Entraco a même fait partie d’un dossier de l’opération anti-corruption Mamba, et a coûté son poste à Christian Magnagna limogé du ministère des Mines, révélait la Lettre du Continent début 2019. Une autre rupture de contrat a été réalisée en 2019 avec la Chinese State Construction Engineering Corporation (CSCEC) qui devait réhabiliter l’axe PK12-PK105, mais réclamait des arriérés à l’État sur d’autres chantiers.

Financement de la route – Début des travaux – Entreprises retenues

La Transgabonaise sera financée par l’entreprise privée SAG, qui espère des retours sur investissements via des péages et d’autres revenus auxiliaires liés aux services routiers. Le coût total des travaux reste méconnu. Mais l’investissement s’élevait à 600 milliards de francs CFA, selon des estimations annoncées fin 2019, au moment de la signature du contrat.

Le chantier a été retardé de trois mois pour débuter en décembre 2020, a appris Gabonreview. Mais la livraison de la Transgabonaise est toujours prévue pour 2023, plus précisément durant les grandes vacances scolaires, entre juillet et août. En attendant décembre pour le lancement du chantier, l’entreprise Colas, filiale de la française Bouygues, s’occupe de «travaux d’urgence» entre le PK24 et le PK105, tronçon endommagé, notamment lors de la saison des pluies. Colas a été mandaté par la SAG et a de fortes chances de figurer parmi les entreprises qui participeront aux travaux de la Transgabonaise.

Des appels d’offres ont été lancés pour les travaux et pour sélectionner quelques consultants sur des études. Les noms des sociétés devant participer à la construction de la Transgabonaise n’ont pas encore été révélés. Selon les informations obtenues par Gabonreview, cinq entreprises internationales ont déjà été sélectionnées.

 
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6 Commentaires

  1. Ikobey dit :

    Encore une usine à gaz comme on sait les faire au Gabon !
    On ne sait pas combien ça va coûter mais on sait combien on peut dépenser !
    Quant au financement par les péages, on se moque du monde ! Enfin certains vont encore se remplir les poches.

  2. Mintsa Eyughe dit :

    La Société est créée. Va débuter ses travaux en décembre 2020 pour les livrer pendant l’été 2023. Les Péages seront obligatoires (comme en France et partout ailleurs). Ou est le problème que certains vont se les mettre plein les poches? Le diable vous suit partout?

  3. Lavue dit :

    Évitez SVP de trop parler des effets d’annonce, ça n’a plus de sens dans notre pays. Vous serez libres de tout écrire quand le projet aura démarré. Vous dites bien décembre 2020, c’est ça ? Soyez pas pressés bon sang; attendons donc voir. Mais quand on prend les mêmes tel que COLAS et qu’on recommence avec, qu’attendez vous comme résultats? Ce pays ne se développera jamais. Tant que les minables sociétés françaises sont celles qui vont réaliser les infrastructures structurantes comme les routes ou les ponts, le Gabon ne gagnera rien en qualité et devra à terme refaire ces routes, donc s’enliser dans les dettes et le sous-developpment.
    Y a que le changement du logiciel Gabon qui peut donner d’espoir. Avec le même logiciel, les effets d’annonce et les partenaires ancestraux on fait du sur place.
    On trompe qui? Quel tristesse.

    • Paul Bismuth dit :

      Il appartient à l’Etat de suivre l’exécution de ses contrats et de veiller à ce que les choses soient faites conformément au cahier des charges. Par ailleurs les routes construites doivent faire l’objet d’un contrôle permanent, le cas échéant de réhabilitation quand le besoin s’exprime. Il ne faut pas attendre que la route soit devenue impraticable pour intervenir et la faire réparer.

  4. AKOMA MBA dit :

    XXIème siècle, aucune Autoroute au Gabon, ni eau potable, ni électricité pour Tous et ils se permettent de raconter leurs salades! Dégagez et laissez-nous changer ce pays en 5 ans. Pardieu!!

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