Au 3e Sommet Russie-Afrique, jeudi 29 octobre à Moscou, Hermann Immongault a décliné les priorités du Gabon pour renforcer la coopération bilatérale. Au nom du président Brice Clotaire Oligui Nguema, le vice-président du gouvernement a notamment insisté sur les investissements, le transfert de technologies et la transformation locale des matières premières.

Poignée de main entre le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, et le président russe, Vladimir Poutine, le 29 octobre 2026, à Moscou. © D.R.

 

Le Gabon entend donner un contenu plus concret à sa coopération avec la Russie. Prenant la parole au Kremlin, à l’occasion du 3e Sommet Russie-Afrique, Hermann Immongault a défendu une relation fondée sur des intérêts mutuels, la souveraineté des États et l’efficacité des engagements. « Une coopération exemplaire, exigeante, équilibrée et tournée vers l’efficacité » : telle est la vision portée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, a rappelé le chef de la délégation gabonaise.

Saluant la continuité du dialogue engagé à Sotchi en 2019 et poursuivi à Saint-Pétersbourg en 2023, Libreville a également exprimé sa satisfaction quant aux résultats du Plan d’action 2023-2026 et au projet de programme de coopération pour la période 2027-2029.

Des secteurs stratégiques à investir

Sur le plan économique, le vice-président du gouvernement a identifié plusieurs leviers de rapprochement : soutien aux PME, développement des zones économiques spéciales, échanges commerciaux en monnaies nationales et modernisation des infrastructures portuaires et ferroviaires.

L’énergie figure également parmi les priorités, avec des perspectives dans l’hydroélectricité, le gaz naturel et le nucléaire civil. Le Gabon entend aussi accélérer la transformation locale de ses ressources, notamment le manganèse, à l’approche de l’interdiction d’exporter le minerai brut prévue au 1er janvier 2029.

Dans les secteurs agricole, halieutique et industriel, Libreville mise sur les échanges technologiques et la lutte contre la pêche illicite. La santé, l’éducation, le tourisme durable et les énergies renouvelables complètent cette feuille de route.

Sécurité, formation et souveraineté numérique

Au-delà des échanges commerciaux, Hermann Immongault a plaidé pour un approfondissement de la coopération sécuritaire, notamment contre le terrorisme, la piraterie et la criminalité transnationale organisée dans le golfe de Guinée. Il a également salué la formation dispensée aux étudiants gabonais dans les établissements russes, tout en alertant sur les difficultés de transfert de fonds liées aux bourses.

Face à un multilatéralisme fragilisé, le Gabon compte par ailleurs sur l’appui russe au sein des Nations unies. Enfin, la coopération dans l’intelligence artificielle civile a été présentée comme un enjeu majeur de souveraineté numérique et de développement inclusif. Reste désormais à traduire ces ambitions en projets concrets, au bénéfice des deux pays.

 
GR
 

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