HABANA

 

Malgré sa diatribe contre René Ndémeezo’Obiang et son écurie, Emmanuel Ondo Methogo s’est incliné dès le premier tour, face au candidat de Démocratie nouvelle (DN). A moins qu’un recours reconsidère ces résultats, il ne regagnera pas la chambre haute du Parlement à la prochaine rentrée parlementaire.

De gauche à droit, Christian Edou Mintsa et Emmanuel Ondo Methogo. © Montage Gabonreview

 

Week-end politique au Gabon où, dès le début d’après-midi du 30 janvier, jour du scrutin, les premiers résultats des sénatoriales 2021 commencent à tomber. Dans la province du Woleu-Ntem où les yeux étaient rivés sur le siège unique du département du Ntem et commune de Bitam, à cause du clash Emmanuel Ondo Methogo du Parti démocratique gabonais (PDG), et Démocratie nouvelle de René Ndémezo’Obiang représenté par Christian Edou Mintsa, les résultats viennent de tomber. Le candidat du PDG a perdu face à celui de DN, 30 voix contre 31 voix. Soit, un pourcentage de 49,19% pour Emmanuel Ondo Methogo dit Méthode, contre 50,81% pour Christian Edou Mintsa.

A moins qu’un recours ne soit introduit par le candidat du PDG pour un recomptage de voix permettant de reconsidérer les résultats, Emmanuel Ondo Methogo ne regagnera pas la chambre haute du Parlement à la prochaine rentrée parlementaire. Ceci, d’autant plus que, son adversaire l’ayant emporté avec un peu plus de 50% des voix, il n’y aura pas de second tour pouvant l’aider à caresser le rêve de retourner au Sénat, après 12 ans de siège, soit 2 mandats. Un coup dur pour ce cacique de l’univers politique gabonais et du Woleu-Ntem en particulier qui croyait avoir le blanc-seing des 32 conseillers de son parti, soit le plus grand nombre d’élus locaux à Bitam. «J’ai mes 32 voix assurées», déclarait-il d’ailleurs fièrement la veille du scrutin, traitant son adversaire de «factotum».

«La politique n’est pas une science exacte», dit-on, et Emmanuel Ondo Methogo pourrait l’apprendre à ses dépens dans la mesure où, il n’aurait eu que 30 des 32 voix qui semblaient lui être acquises. Lesquelles voix pourraient être celles qui ont été comptées comme bulletins blancs ou nuls. Alors que le PDG appelait ses conseillers à se mobiliser autour de ses porte-étendards, deux interrogations taraudent bien d’esprits surtout que lui, Méthode, avait gagné la primaire au sein de son parti. René Ndémezo’Obiang avait appelé le parti au pouvoir à lâcher prise sur certains sièges dont celui de Bitam et de Mitzic, a-t-il été entendu ? Les jeunes conseillers PDGistes Ësandone alléchés par «l’argent» de Ndémezo’Obiang, ont-ils mordu à l’hameçon et trahi leur frère d’armes ?

L’on se rappelle que la veille des élections, Emmanuel Ondo Methogo accusait René Ndémezo’Obiang d’avoir utilisé 30 millions de francs CFA issus des caisses du Conseil économique social et environnemental (CESE) dont il est le président pour soudoyer quelques conseillers et «particulièrement les conseillers Ësadone», soulignait-il. Ce scrutin à Bitam a pris les allures de la renaissance d’une guerre de 30 ans entre Méthode et One Capo pour le leadership de cette contrée. L’on pourrait, sauf changement de dernière minute, être tenté de dire que René Ndémezo’Obiang remporte la manche. «One Capo. Le papa est un livre politique. Il ne fait que ça depuis qu’il est rentré au Gabon vers la fin des années 80», commente certains férus de la politique qui estiment que la diatribe de Méthode présageait déjà de sa fin.

 
GR
 

8 Commentaires

  1. Gayo dit :

    On s’en fout de la guerre politique de ces deux sorciers. Leurs 30 ans de carrières politiques a quel chapitre de l’histoire du développement du Gabon on pourrait coller les noms des sorciers Ndemezo’o et Methogo?

  2. Teddy dit :

    Au delà des pseudos sénatoriales, pointe à l’horizon la pseudo présidentielle de 2023. La France a déjà ces deux pions: Junior Sassou et Nourredine Valentin.

    Question : les gabonais veulent vraiment laisser encore à la tête de leur pays un Bongo ? Nous sommes vraiment dans un pays pas du tout normal. En tout cas, si on ne réagit pas, c’est bien l’un de ces deux qui sera propulsé à la tête du Gabon au grand bonheur des français.

    Perso, j’aurai effectivement préféré ne plus faire de présidentielle pour éviter de tomber dans le même piège de la francafrique. Tant pis pour ce peuple maboule.

    • Ernest dit :

      Ne vous attendez pas à une aide quelconque des français pour instaurer chez vous une démocratie ou alternance politique. Mr Ali Bongo est décédé depuis 2018. Ils ont effectivement leurs jokers qui sont bien Junior Bongo et Nourredine Bongo. A celui qui se fera plus aduler par le peuple gabonais, les français miseront. Il y a effectivement de fortes chances que ce soit beaucoup plus Junior qui fera l’unanimité.

      Mais comme vous le dites si bien, y a t’il que les Bongo pour être président au Gabon ? Pour les français, oui, certainement. Ils sont serviles comme les français les aiment. Et de toutes façons avec Junior ou Nourredine, vous aurez un au moins pour 50ans encore. A vous de voir, peuple gabonais, si vous êtes encore prêt à supporter la même famille pour 50 nouvelles années. Je n’aimerai pas être à votre place.

      Et en plus, Junior Bongo est le petit fils du dictateur voisin Sassou Nguessou du Congo Brazzaville. On dit que c’est lui qui tente de positionner son petit fils. Mais il ne peut pas le faire sans l’aval des français dont il est lui-même ESCLAVE ou VALET. Certainement le Quai d’Orsay lui a demandé de jouer la carte de son petit fils. Et pour le moment ça mord dans le Haut Ogouee.

      Question aux altogoveens: c’est triste de constater que vous n’avez que cette famille à proposer pour votre région et pour le reste du Gabon. Junior Bongo n’est peut-être pas Omar Bongo ou Ali Bongo, n’en demeure qu’il reste un Bongo, ajoutons à cela un Nguessou Sassou. Mêmes familles au pouvoir pendant… Un siècle ? Lol !! Autant faire de votre pays un ROYAUME ou un EMPIRE à la grande joie des français qui, eux, auront pour IN AETERNAM ce qu’ils auront tant rêvés: des esclaves (valets) qu’ils ont positionnés chez vous au Gabon et dans d’autres pays d’Afrique. Ces mêmes valets continueront à piétiner leur peuple de décennies en décennies.

      Ou vous êtes véritablement AVEUGLÉS par les français, ou ce sont les mallettes d’argent que certains gabonais reçoivent qui les rend corrompus à vie. La France n’a pas soutenue Jean Ping qui a gagné la présidentielle en 2016 parce qu’elle a PEUR de lui qui est loin d’être un VALET. Par contre, en Côte d’Ivoire, rappelez-vous, la France s’est mise à défendre MORDICUS Mr Allassane Ouatara à la présidentielle contre Laurent Gbagbo. Et sachez une chose: même si Allassane Ouatara avait perd

      • Ernest dit :

        …avait perdu les élections présidentielles contre Laurent Gbagbo, la France l’aurait toujours défendu, puisque pour elle c’est le fidèle valet ou serviteur docile. Ce que n’est pas Laurent Gbagbo ni Jean Ping.

        CONSEIL: il serait bon pour vous d’éviter cette présidentielle de 2023, car tout est déjà ficelé par les français. C’est peine perdue que d’aller à cette présidentielle si vous souhaitez vraiment libérer votre pays.

        Ce que vous pouvez faire, c’est de proposer à deux personnes intègres (ou comme propose quelqu’un, depuis quelques jours sur cette page, les deux présidents qui ont vu leurs victoires usurpée par les Bongo avec l’appui bien sur des français) d’assurer une présidence sur un ou deux ans. C’est le temps que vous allez vous donner pour vous retrouver autour d’une table pour laver votre linge sale en famille.

        NB: lors de ces retrouvailles en famille, n’associez surtout pas les dits français ou même l’union européenne. Ce sera vous créer un problème supplémentaire.

        Je me demande quelques fois quand cette Afrique COMPRENDRA ENFIN que son malheur lui vient des français ? Vous n’êtes pas quand même AVEUGLES à ce point ?

  3. Fiacre dit :

    Merci pour votre message Ernest. J’ajouterai que maintenir les Bongo au pouvoir (peu importe quel Bongo – Sassou – Valentin) c’est leur priver de toute poursuite judiciaire. Or, ces gens doivent être poursuivis pour assassinats, fraudes, gestion calamiteuse, etc.

    Et ça aussi, le peuple des MABOULES ne comprend pas ça. Et surtout ceux du Haut- Ogouee. Lamentable !

  4. Serge Makaya dit :

    C’est bien de voir qu’il y a certains gabonais qui n’ont pas que le Q (cul pour être plus précis) développé (ou sans cesse en activité), mais aussi le QI. comprenne qui voudra. Merci à vous « Teddy », « Fiacre » et « Ernest » pour votre point de vue. Mais j’ai bien peur que ça ne changera rien. le QI de la plupart des gabonais est malheureusement atteint de sclérose. A Ntare Nzame !! Pitié !! A moins que ce soit l’argent qui rend complètement aveugle au point de vendre son pays (avec sa progéniture) au Diable. A Ntare Nzame !!

  5. KIEM dit :

    Entre 49 et 51% il y a comme une éligibilité dans l’air disait Malraux. Ni pour René, ni pour Emmanuel, il y a d’autres personnes de valeur à Bitam, une ville qui avait le rayonnement qu’on connait à l’époque coloniale et après, la voir comme elle est aujourd’hui, ça nous crève le cœur.

  6. JAMES DE MAKOKOU dit :

    Cette Election s’est soldée par un Mort.. a entendre ce qui se passe a Bitam ce week end

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