Agent de santé, candidat de l’Union pour la République (UPR) aux élections sénatoriales dans le département de la Doutsila, à Mabanda, Mbadinga Nguembi a dénoncé, ce 3 décembre, de graves irrégularités lors du scrutin du 22 novembre 2025. Il accuse son adversaire politique, Outata Nziengui Ephrem de l’UDB, et son frère, le rapporteur de la Commission électorale locale, d’avoir manipulé le processus pour s’assurer la victoire. Alors qu’il a tenté d’introduire un recours à la Cour constitutionnelle, le 2 décembre, conformément à l’article 354 du Code électoral, son dépôt a été récusé sous prétexte du rendu imminent des résultats. Il n’en démord pas, dénonce et réclame justice à travers le respect du Code électoral. 

Le candidat aux sénatoriales 2025, Mbadinga Nguembi, le 3 décembre 2025, à Libreville. © GabonReview

 

«Je dis que l’élection ne s’est pas passée de manière libre et démocratique. C’est pourquoi j’ai déposé mon dossier d’annulation. Le 1er décembre 2025, j’ai rencontré Me Tchinga, qui est greffier en chef de la Cour constitutionnelle. C’est lui qui m’a expliqué que, pour tous les documents, je dois les déposer multipliés par 21», a dit le candidat de l’Union pour la République (UPR) aux élections sénatoriales dans le département de la Doutsila, à Mabanda, Mbadinga Nguembi. S’il s’est rendu à la Cour constitutionnelle, c’est qu’il s’estime lésé lors de l’élection sénatoriale du 22 novembre dernier. Il a donc voulu dénoncer et réclamer justice, au regard des régularités qu’il estime avoir enregistrées lors de cette élection face à son adversaire de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) Outata Nziengui Ephrem. Sauf que son dossier n’a pas été réceptionné. 

Des fraudes flagrantes, comme des procurations signées illégalement à domicile et des achats de voix

Dès le dépôt de sa candidature le 22 octobre, Mbadinga Nguembi affirme avoir subi des pressions. «Lorsque j’avais déposé mon dossier de candidature, le rapporteur de la Commission électorale locale m’avait poursuivi, de Mabanda jusqu’à 20 kilomètres, pour qu’on m’échange la quittance de déclaration de candidature», a-t-il expliqué, ajoutant que son dossier était complet, malgré un mineur manquement concernant son suppléant. 

Pour lui, tout a été mis en œuvre pour favoriser Outata Nziengui Ephrem, présenté comme le «petit-frère» du rapporteur. Au second tour, Mbadinga Nguembi pointe des fraudes flagrantes, comme des procurations signées illégalement à domicile et des achats de voix. Il cite le cas d’une conseillère à qui 300 000 francs CFA auraient été versés, le 21 novembre, devant témoins, et celui d’un électeur simulant son vote avec de l’encre indélébile fournie par le rapporteur. «Les procurations, on les établit, on les signe à la Commission électorale locale. Pas dans des domiciles», a-t-il dénoncé, relevant que l’encre indélébile ne doit pas quitter le bureau de vote.

Plaidoyer pour un processus libre et démocratique respectueux du Code électoral

Malgré tous ces manquements, il a indiqué que son recours déposé, le 2 décembre, à la Cour constitutionnelle a été frappé d’irrecevabilité, malgré le respect des 10 jours prévus par l’article 354 du Code électoral pour les élections parlementaires. «J’étais dans le délai parce que les résultats du deuxième tour, ayant été proclamés le dimanche 23 novembre, il fallait compter 10 jours», a dit Mbadinga Nguembi, qui conteste le fait que les résultats aient été publiés par la Cour avant les dépôts des recours.

Mbadinga Nguembi appelle à l’annulation pure et simple du scrutin et à sa reprise dans le département de la Doutsila, à Mabanda. Il a évoqué des précédents, comme les élections invalidées à Lambaréné pour vote à main levée et dans quelques autres localités du pays. «Raison pour laquelle je me remets à la presse pour que cette situation soit dénoncée, afin que les élections soient reprises dans le département de la Doutsila», a-t-il conclu, plaidant pour un processus libre et démocratique respectueux du Code électoral.

 
GR
 

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