L’ancienne ministre d’État chargée de l’Éducation nationale a rendu public, jeudi 29 octobre 2026, un document de 160 pages retraçant son action de 2020 à 2026. Infrastructures scolaires, formation des enseignants, réformes pédagogiques, gratuité et inclusion : ce bilan non exhaustif met en avant plusieurs avancées, tout en reconnaissant des chantiers inachevés, dont la poursuite incombe désormais aux nouvelles autorités du secteur.

Camélia Ntoutoume-Leclercq a rendu public le bilan de son passage au ministère de l’Éducation nationale, de juillet 2020 (ministre déléguée) à mars 2022 (cheffe de département). © D.R.

 

Six années d’action, six axes stratégiques et un document de 160 pages pour rendre compte du travail accompli à la tête de l’Éducation nationale. Camélia Ntoutoume-Leclercq a rendu public, ce jeudi 29 octobre, le bilan de son passage au ministère, entamé en juillet 2020 comme ministre déléguée, avant sa nomination à la tête du département en mars 2022. Ce document revient sur les principales réformes engagées, les réalisations revendiquées et les dossiers qui restent à finaliser au terme de son mandat.

Présenté comme un « bilan non exhaustif », le document s’articule autour de six leviers : diplomatie éducative, gouvernance et efficacité du système, infrastructures et numérique, innovations pédagogiques, inclusion et équité, enfin vie scolaire et citoyenneté. L’ancienne ministre y défend une contribution à la modernisation de l’école gabonaise, tout en reconnaissant les limites de l’action entreprise.

« Consciente que toute œuvre humaine demeure perfectible, je soumets ce bilan à votre appréciation avec humilité et sollicite votre bienveillante indulgence pour les actions qui n’ont pu être menées à leur terme ainsi que pour les insuffisances qui pourraient subsister », écrit-elle dans le message accompagnant la publication sur Facebook.

Des infrastructures et des équipements au cœur du bilan

Parmi les principaux résultats mis en avant figurent les investissements dans les établissements scolaires. Le document fait état de 993 salles de classe construites dans 38 nouveaux établissements entre 2022 et 2025, ainsi que de 2 961 salles réhabilitées entre 2022 et 2026. À cela s’ajoutent 1 905 salles annoncées en cours de construction et 2 612 autres envisagées dans le cadre de projets à différents stades de préparation.

Le Programme d’investissement du secteur éducation (PISE) occupe une place importante dans cette stratégie. Sa première phase est présentée comme achevée, avec 247 nouvelles salles de classe et 152 salles réhabilitées. La deuxième phase prévoit 266 salles en construction ou en extension sur douze sites, notamment dans le Grand Libreville, à Ntoum et à Port-Gentil.

L’équipement des établissements figure également parmi les réalisations revendiquées. Le bilan comptabilise 173 240 tables-bancs distribuées entre 2022 et 2026. Il mentionne par ailleurs 42 250 tables-bancs commandées, mais encore en attente de livraison.

Sur le plan pédagogique, l’ancienne ministre met en avant la distribution de 2,7 millions de manuels scolaires gratuits aux élèves du préprimaire et du primaire publics, ainsi que l’impression de 480 000 manuels de sixième annoncés en attente de livraison. La production de manuels conçus par des auteurs gabonais, notamment dans le cadre de la collection « Concorde », est également présentée comme une étape vers une plus grande adaptation des contenus aux réalités nationales.

Formation, réformes pédagogiques et inclusion

Le bilan revendique aussi des avancées dans la formation des personnels éducatifs. Il fait état de 6 800 professeurs stagiaires admis à l’Institut de formation des métiers de l’éducation (IFME) entre 2020 et 2026, de plus de 2 500 diplômés et de 1 810 enseignants précédemment bénévoles ayant bénéficié d’une formation.

D’autres initiatives concernent la modernisation des programmes, l’introduction de l’anglais dès le préprimaire et le primaire, l’apprentissage des langues nationales et le développement de l’éducation environnementale. Le document souligne également la mise en place du Cadre d’orientation curriculaire et la production de ressources pédagogiques nationales.

En matière de résultats scolaires, le bilan met en avant les performances attribuées au Gabon dans le cadre du PASEC 2024. Selon les chiffres présentés, le pays se classe premier en français en fin de primaire, avec 84,7 %, et en fin de premier cycle du secondaire, avec 88 %. Ces données constituent l’un des principaux arguments avancés pour illustrer les progrès enregistrés dans les apprentissages.

L’inclusion et l’équité forment un autre volet du document. L’ancienne ministre cite la gratuité des frais d’inscription appliquée à partir de la rentrée 2023-2024, la distribution de manuels, la réduction du coût des tenues scolaires et le rétablissement de l’allocation d’études dans le secondaire selon des critères d’excellence. Des actions en faveur des élèves à besoins éducatifs particuliers et la mise en place du programme « École Zen » sont également mentionnées.

Des chantiers à poursuivre après le départ du ministère

Malgré les résultats présentés, le document fait apparaître plusieurs dossiers encore ouverts. Les travaux de la deuxième phase du PISE doivent notamment se poursuivre, avec des réceptions annoncées entre décembre 2026 et mars 2027 à Libreville et à Port-Gentil. La livraison des équipements commandés, la finalisation de la rétrocession de l’application de gestion scolaire Xgest et le transfert des compétences techniques nécessaires à sa maintenance figurent également parmi les priorités.

Le bilan évoque aussi la poursuite de la régularisation de certaines situations administratives, le suivi des enseignants non décisionnaires et le renforcement du pilotage du système éducatif. Ces éléments rappellent que les réalisations chiffrées présentées par l’ancienne ministre ne signifient pas que l’ensemble des réformes engagées sont achevées.

Le 16 octobre dernier, Camélia Ntoutoume-Leclercq avait procédé à la passation des charges avec Jacqueline Ilogué épouse Bignoumba, nouvelle ministre de l’Éducation nationale, et Marcelle Ibinga épouse Itsitsa, chargée de l’Enseignement technique.

Dans son message, l’ancienne membre du gouvernement exprime sa gratitude aux autorités de la République, aux partenaires techniques et financiers, aux parlementaires ainsi qu’à l’ensemble de la communauté éducative. Elle insiste sur la dimension collective de l’action menée : « Les résultats obtenus sont avant tout le fruit d’un engagement collectif, nourri par une ambition commune : bâtir une École de la République plus performante, plus équitable, plus inclusive et résolument tournée vers l’avenir de la jeunesse gabonaise. »

Au-delà de l’exercice de reddition de comptes, cette publication constitue ainsi une transmission des réalisations revendiquées et des chantiers en cours à la nouvelle équipe ministérielle. Reste désormais à consolider les acquis, achever les projets engagés et mesurer, dans la durée, leurs effets concrets sur les conditions d’apprentissage des élèves et de travail des enseignants.

Consultez le bilan ICI

 
GR
 

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