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Réagissant le 19 février au soutien apporté par son groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, au Premier ministre Julien Nkoghe Bekale, le Parti démocratique gabonais (PDG) a estimé que le soutien d’un groupe parlementaire majoritaire à une politique générale déterminée par un chef d’État ne déroge pas aux règles démocratiques et ne brouille pas la prérogative de nomination réservée au président de la République.

Michel Philippe Nze, lors de sa sortie, le 19 février 2020. © D.R.

 

Une bonne partie de l’opinion attendait la réaction du secrétariat exécutif du Parti démocratique gabonais (PDG), depuis le soutien apporté par son groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, au Premier ministre Julien Nkoghe Bekale, et le 19 février, son secrétaire national chargé des arguments et de la riposte, a donné de la voix. Michel Philippe Nze, qui ne dénie pas à l’opinion le droit d’interpréter un texte politique selon sa compréhension, a précisé que le PDG et ses parlementaires «font du respect scrupuleux de la Constitution de la République gabonaise leur leitmotiv permanent».

Cette loi fondamentale, a-t-il rappelé, dispose que «le président de la République nomme le Premier ministre et met fin à ses fonctions de sa propre initiative». La fin des fonctions du chef du gouvernement, ajoute la Constitution, peut également se faire sur la présentation par lui, de la démission du gouvernement, mais aussi à la suite d’un vote de défiance ou de l’adoption d’une motion de censure par l’Assemblée nationale. Alors que les bruits des couloirs persistent quant à un éventuel changement de Premier ministre, le secrétariat exécutif du PDG qui s’est officiellement adressé aux « interprétateurs des textes politiques », semble plutôt rappeler à ses parlementaires qui estiment qu’il ne faut pas toucher au gouvernement de Julien Nkoghe Bekale, qu’Ali Bongo peut s’il le veut, jouir de la prérogative que lui autorise la Constitution gabonaise. À eux donc, s’ils le veulent, de sanctionner l’éventuel autre Premier ministre lors de sa déclaration de politique générale.

Si par la voix de Martin Mabala, le groupe parlementaire PDG a rappelé que le 27 décembre 2019, il a accordé sa confiance au gouvernement Julien Nkoghe Bekale par le truchement de son vote majoritaire, par celle Michel Philippe Nze, le secrétariat exécutif du PDG estime que «le soutien d’un groupe parlementaire majoritaire à une politique générale déterminée par le président de la République, en concertation avec le Premier ministre, chef du gouvernement, tous issus du même parti politique, ne déroge pas aux règles démocratiques et ne brouille nullement la prérogative exclusivement réservée au président de la République de mettre fin aux fonctions d’un Premier ministre ou d’un autre membre du gouvernement». Voici donc qui pourrait sonner comme un recadrage du secrétariat exécutif du PDG aux « interprétateurs des textes politiques », pointés du doigt, mais surtout rappeler au groupe parlementaire PDG, l’inopportunité de sa sortie qui a remis au goût du jour, plusieurs débats à l’instar de celui sur la vacance du pouvoir.

 
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