Au Gabon, le gouvernement ouvre la voie à l’attribution de la subvention 2025 à la presse, invitant les entreprises du secteur à déposer leurs dossiers dans un cadre réglementaire renforcé. Une démarche qui survient alors que des interrogations persistent sur la gestion passée de cette enveloppe publique.

Le gouvernement ouvre la campagne de dépôt de dossiers d’aide à la presse pour l’année 2025. © D.R.

 

Le ministère de la Communication et des Médias a annoncé, dans un communiqué publié le 18 novembre 2025, l’ouverture officielle de la période de dépôt des dossiers pour la subvention destinée au soutien de la presse écrite et numérique. Les entreprises privées disposent ainsi d’un délai de dix jours, du 18 au 28 novembre, pour soumettre leurs demandes auprès de la Direction générale de la Communication, au siège du ministère, porte 107.

Cette campagne s’inscrit dans l’application de l’arrêté n°0007/MCM/SG/DCAJ du 14 novembre 2025, qui redéfinit les conditions d’éligibilité à cette aide publique. Pour être recevable, chaque dossier doit notamment inclure une demande manuscrite adressée au ministre Paul-Marie Gondjout. Les entreprises candidates doivent par ailleurs répondre à plusieurs critères administratifs : être de nationalité gabonaise, disposer d’un agrément technique et d’un agrément de commerce, justifier d’au moins deux années d’existence, être titulaires d’un récépissé de déclaration de parution, avoir un siège social, un quitus fiscal et être à jour auprès de la CNSS et de la CNAMGS.

Sur le plan professionnel, les médias doivent présenter une structure rédactionnelle stable, comprenant au minimum un journaliste détenteur d’une carte de presse et un secrétaire de rédaction. Les organes imprimés doivent être liés à un imprimeur, tandis que les médias en ligne doivent présenter un contrat d’hébergement. «Cette subvention doit soutenir des entreprises sérieuses et respectueuses des règles professionnelles», insiste le ministre. Autre exigence : les candidats ne doivent avoir encouru aucune sanction durant l’année 2025 et doivent s’engager à respecter la périodicité de publication ainsi que le pluralisme et l’équilibre de l’information.

Cette subvention, fixée à 500 millions de francs CFA, a cependant été au cœur de vives critiques. L’an dernier, Guy Pierre Bitéghé, ex-président de l’Opam, dénonçait des prélèvements jugés abusifs opérés par certaines associations et par le ministère du Budget, représentant selon lui près d’un quart de l’enveloppe totale. Une polémique qui continue de nourrir les débats autour de la transparence dans la distribution de cette aide essentielle au secteur.

 
GR
 

0 commentaire

Soyez le premier à commenter.

Poster un commentaire