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Suite à l’adoption par le Conseil des ministres, le 12 juin, de la loi portant suppression de l’Agence nationale de promotion artistique et culturelle (Anpac) qui, selon lui, aurait permis de matérialiser le désir du Gabon de mettre sur pied une véritable industrie culturelle nationale, Marcel Djabioh accuse les autorités d’avoir commis «un acte illégal». Il a initié une pétition à adresser bientôt au Parlement pour faire barrage au texte.

Marcel Djabioh tient à la sauvegarde de l’Anpac. © D.R.

 

Ayant œuvré, avec d’autres, à la mettre sur pied dans les années 1980, Marcel Djabioh n’a pas du tout apprécié que le tout dernier Conseil des ministres ait entériné la Loi portant suppression de l’Anpac. Figurant parmi les principaux défenseurs de la culture au niveau national, le producteur d’œuvres audiovisuelles et de l’esprit accueille cette annonce comme une trahison des autorités vis-à-vis de la   culture gabonaise et des acteurs culturels du pays.

«Nous estimons que c’est une manière pour le gouvernement de cracher sur notre culture, en plus de montrer qu’il ne souhaite véritablement pas faire de celle-ci un outil de cohésion nationale, d’équilibre social et de développement économique. Parce que la culture, au-delà de ce à quoi certains la réduisent, est un élément économique qui devrait participer au PIB de la nation. Mais cela ne peut se faire que s’il existe une administration technique dédiée, telle que l’Anpac était censée l’être», regrette-t-il auprès de Gabonreview, tout en annonçant qu’à son initiative une pétition recueille actuellement des signatures de la part d’autres acteurs culturels.

L’objectif de cette pétition qu’il adressera au Parlement chargé d’examiner la loi avant sa promulgation par le président de la République, est de faire barrage au texte querellé, non sans expliquer les enjeux aux élus. «Nous espérons que nos parlementaires seront réceptifs à notre cri d’alarme, et comprendrons que notre culture est l’affaire de tous et non celle des acteurs culturels uniquement. Ils doivent comprendre que nous devons lui donner une place, faire d’elle un instrument économique et un produit exportable», déclare Marcel Djabioh qui informe par ailleurs qu’«une pétition particulière sera adressée à Madame la présidente du Sénat, parce que dans le règlement de cette institution, il est indiqué qu’une pétition peut lui être adressée, même si celle-ci ne contient que deux signatures».

Pour Marcel Djabioh, l’Anpac est une structure viable qui ne devrait pas coûter grand-chose à l’État. «De par ses prérogatives, elle avait la possibilité, à travers l’organisation de certaines manifestations et le prélèvement de certaines redevances ici et là, de se constituer des ressources financières pouvant supporter son fonctionnement et même financer ses activités. Cette autonomie lui a été arrachée sous prétexte que la parafiscalité est interdite au Gabon quand bien même plusieurs administrations telles que les mairies le font. C’est presque un acte illégal, d’autant plus que le texte portant création de l’Anpac contient en lui-même les dispositions de sa suppression, qui faisait intervenir un liquidateur. Ça n’a pas été respecté», relève-t-il.

 
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