Surveillance maritime, économie bleue : Libreville mise sur l’innovation pour protéger son garde-manger maritime
Le Centre d’appui à la pêche artisanale de Libreville (Capal) a abrité, ce vendredi 10 avril, le lancement officiel des essais en mer du prototype de bateau de surveillance des pêches. Une initiative portée par le ministère de la Mer, de la Pêche et de l’Économie bleue, en partenariat avec la société Sen Marvisa. Devant un parterre d’autorités administratives, de partenaires techniques et d’acteurs du secteur halieutique, le ministre Aimé Martial Massamba a gravé cet événement dans une dynamique plus large de consolidation de la souveraineté maritime du Gabon.

Des membres du gouvernement conduits par le ministre Aimé Martial Massamba faisant des essais, en mer, du prototype de bateau de surveillance des pêches. © D.R.
«Nous ne sommes pas simplement réunis pour une remise technique d’équipements, mais pour célébrer un acte bien plus significatif : le renforcement de notre souveraineté maritime», a-t-il déclaré le ministre de la Mer, de la Pêche et de l’Économie bleue, Aimé Martial Massamba, lors de son déplacement, ce vendredi 10 avril, au Centre d’appui à la pêche artisanale de Libreville (Capal). Un déplacement inscrit dans le cadre du lancement officiel des essais en mer du prototype de bateau de surveillance des pêches. Ce qui lui a permis de relever la portée hautement symbolique et opérationnelle de cette nouvelle acquisition.
Pour répondre aux défis croissants de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée
Conçu pour répondre aux défis croissants de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), ce prototype de vedette rapide allie performance et innovation. Doté d’une vitesse de pointe de 40 nœuds et d’une autonomie de 15 heures, il est équipé de technologies de surveillance avancées permettant des interventions rapides et efficaces en mer.
Pour le responsable de Sen Marvisa, Adnan Farhat, cette réalisation dépasse le cadre d’un simple projet industriel. «La remise de ce bateau de surveillance n’est pas qu’une simple transaction commerciale. C’est une contribution directe à la souveraineté de vos eaux et à la durabilité de votre économie bleue», a-t-il affirmé.
L’embarcation, de type Pehd Bomba 750, a été pensée pour conjuguer robustesse et efficacité opérationnelle. «Nous avons conçu une unité qui allie puissance, endurance et technologie», a-t-il précisé, détaillant un équipement embarqué complet qui inclue notamment des outils de navigation, de communication et de détection adaptés aux missions de contrôle maritime.
Une ambition nationale, celle de devenir le poumon de notre économie et le garde-manger de nos familles

Instantanés des essais, en mer, du prototype de bateau de surveillance des pêches. © D.R.
Au-delà de ses caractéristiques techniques, ce prototype s’inscrit dans une vision portée au plus haut sommet de l’État, visant à faire de l’économie bleue un pilier du développement national. Le ministre a rappelé que «la mer ne se résume pas… à un simple paysage. Elle représente une ambition nationale». Il a ainsi évoqué son rôle déterminant en matière de sécurité alimentaire, de création d’emplois et de préservation de la biodiversité. «Elle représente une ambition nationale, celle de devenir le poumon de notre économie et le garde-manger de nos familles», a déclaré Aimé Martial Massamba.
Face aux menaces persistantes que représentent les activités illégales en mer, le chef du département ministériel en charge de la Mer, de la Pêche et de l’Économie bleue a insisté sur la nécessité d’une réponse structurée et déterminée. Pour lui, «ce bateau est une sentinelle de la légalité, un symbole de notre détermination à protéger notre patrimoine maritime».
Faire respecter la loi, là où elle était parfois défiée par l’obscurité ou l’immensité de notre territoire maritime
Les essais en mer, réalisés en conditions réelles, ont permis de démontrer les capacités de manœuvrabilité, de détection et d’intervention rapide de l’unité. Une étape importante et capitale avant le déploiement opérationnel de ce type d’équipement au sein de la Brigade des pêches.
Cette première acquisition s’inscrit dans un programme plus vaste de modernisation des moyens de surveillance maritime, avec l’arrivée annoncée de nouvelles unités dans les prochaines semaines. «En nous dotant de cet outil…, nous nous donnons les moyens de faire respecter la loi, là où elle était parfois défiée par l’obscurité ou l’immensité de notre territoire maritime», a souligné le ministre.
En filigrane, c’est toute une stratégie de gouvernance maritime qui se dessine dans le pays. Elle combinant moyens technologiques, formation des agents et coopération internationale. Une ambition assumée par les autorités gabonaises, pour lesquelles «protéger l’océan, c’est préserver la vie».












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