Tchibanga : le potentiel de la station piscicole de Mougoutsi plombé par le manque de budget
Lors d’une récente mission de travail dans la Nyanga, le ministre de la Mer, de la Pêche et de l’Économie bleue, Aimé Martial Massamba, a visité la station piscicole de Mougoutsi, à Tchibanga. Malgré un potentiel jugé important, cette infrastructure publique est confrontée au manque d’aliments pour poissons, à l’absence d’entretien et surtout à l’inexistence d’un budget de fonctionnement. Une situation qui interroge, alors que le Gabon entend accélérer sa marche vers la souveraineté alimentaire.

A la station piscicole de Mougoutsi, le potentiel est là, mais le budget fait défaut (Capture d’écran). © GabonReview
La relance de la production piscicole passe aussi par la remise à niveau des infrastructures existantes. À Tchibanga, la station piscicole de Mougoutsi en constitue une illustration. Visitée récemment par le ministre de la Mer, de la Pêche et de l’Économie bleue, Aimé Martial Massamba, cette infrastructure publique dispose encore d’un potentiel important, mais peine à fonctionner normalement faute de moyens.
Créée en 1957 le long de la rivière Mougoutsi, qui l’alimente, la station s’étend sur plus de quatre hectares et compte 18 étangs, répartis entre bassins de grossissement, de prégrossissement et d’alevinage. Elle est principalement consacrée à l’élevage du silure et du tilapia.
Une infrastructure au potentiel sous-exploité

Le ministre et sa délégation sur le site (Capture d’écran). © GabonReview
« Il s’agit d’un espace réparti en 18 étangs. Nous avons des étangs de grossissement, des étangs de prégrossissement et des étangs d’alevinage. C’est un site qui date des années 50 », explique Gaëtan Moukoumbi N’goza, directeur provincial des Pêches et de l’Aquaculture de la Nyanga.
Selon lui, la station constitue un héritage ancien qui a notamment bénéficié, au fil des années, de programmes de redynamisation et de formation, notamment dans l’aquaculture hors-sol et l’élevage de poissons-chats. Dans le cadre du partenariat entre le Gabon et Peace Corps, le site a finalement été rétrocédé à l’État gabonais.
Mais cette infrastructure, pourtant destinée à contribuer à l’augmentation de la production aquacole nationale, fonctionne aujourd’hui au ralenti.
« Il n’y a pas de budget »
Le responsable de la station piscicole de Mougoutsi, Jean Nestor Nzigou, ne cache pas les difficultés auxquelles son équipe est confrontée. « Première difficulté : le manque d’aliments pour nourrir les poissons. Deuxième difficulté : l’absence d’entretien du site. Il n’y a pas de budget », déplore-t-il.
Faute de ressources, l’entretien des installations repose parfois sur les moyens personnels du responsable. « À l’époque, je mettais la main à la poche, mais entretenir plus de quatre hectares, c’est tellement coûteux », poursuit-il.
Une situation qui compromet directement la capacité de la station à assurer durablement sa mission de production et de développement de l’aquaculture dans la province.
Le ministre appelle à un « plan d’urgence »

© GabonReview/capture d’écran
Face à ce constat, Aimé Martial Massamba estime nécessaire une intervention rapide de l’État. « Il nous faut un plan d’urgence. Vous avez pu constater à la station de Mougoutsi que le potentiel est là, mais, malheureusement, cette station n’a pas de budget de fonctionnement », a déploré le membre du gouvernement.
L’enjeu dépasse ainsi la seule remise en état d’une infrastructure ancienne. Il s’agit de permettre à un outil public de retrouver sa vocation productive, dans un contexte où le gouvernement gabonais affiche désormais la souveraineté alimentaire comme l’une de ses priorités.
Cette ambition implique notamment de réduire la dépendance du pays aux importations de produits alimentaires. Les autorités ont, à ce titre, annoncé la fin des exportations de poulets de chair à compter du 1er janvier 2027, avec l’objectif de favoriser davantage la production nationale.
Dans ce contexte, les infrastructures aquacoles comme Mougoutsi pourraient jouer un rôle non négligeable dans l’accroissement de l’offre locale de poisson. Encore faut-il leur donner les moyens de fonctionner.
















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