TATIE

L’Organisation des Nations unies, qui a ouvert les travaux de sa session annuelle mardi 15 septembre à New York, célèbre cette année le 75ème anniversaire de sa création. Cette année est également marquée par la célébration du 60ème anniversaire de l’admission du Gabon à l’ONU. Petit rappel historique avec Emmanuel Mba Allo, ancien ambassadeur du Gabon auprès des Nations Unies à New York, puis à Genève et à Vienne.

60 ans ans après son admission à l’ONU, le Gabon y est « très présent ». Ici Ali Bongo et António Guterres, actuel SG de l’Organisation.© Com. présidentielle

 

Emmanuel Mba Allo. © Image personnelle

Au moment de la création de l’Organisation des Nations Unies en octobre 1945, le Gabon était une colonie française. Dès la proclamation de son Indépendance le 17 août 1960, le Président de la République gabonaise, Léon MBA, adressera le même jour, au Secrétaire général de l’ONU Dag HAMMARSKJÖLD, le télégramme suivant :

«La République Gabonaise, ayant accédé le 17 août à la pleine et entière indépendance désire assumer intégralement ses nouvelles responsabilités sur le plan international et apporter sa coopération aux activités de la communauté des Nations Unies. J’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir, conformément à l’article 4 de la charte des Nations Unies, soumettre la candidature de la République gabonaise aux délibérations du Conseil de sécurité en vue d’obtenir les recommandations nécessaires à son inscription à l’ordre du jour de la prochaine Assemblée générale. Le Gouvernement de la République gabonaise déclare accepter les obligations que comporte la charte des Nations Unies et être en mesure de les remplir. Il s’engage solennellement à s’y conformer en toute loyauté et conscience».

De l’admission du Gabon au sein des Nations Unies va résulter sa consécration en tant que membre à part entière de la communauté internationale.

Le 23 août 1960, le Conseil de sécurité tient sa 890ème séance au siège de l’Organisation. Sont présents, les représentants des États suivants : Argentine, Ceylan, Chine (Taiwan), Équateur, États-Unis d’Amérique, France, Italie, Pologne, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, Tunisie et Union des républiques socialistes soviétiques.

La réunion est présidée par M. Armand BERARD, Représentant permanent de la France à l’ONU. L’ordre du jour porte sur l’admission de nouveaux membres à l’Organisation des Nations unies.

Les candidats, tous africains, qui désirent entrer dans l’Organisation, sont au nombre de huit : le Dahomey (aujourd’hui Bénin), le Niger, la Haute-Volta (aujourd’hui Burkina Faso), la Côte d’Ivoire, le Congo, la République centrafricaine, le Tchad et le Gabon.

Aux Nations Unies, la tradition veut que lorsqu’un Etat introduit sa demande d’admission, celle-ci soit parrainée par un ou plusieurs États qui en sont déjà membres. Ainsi, huit projets de résolution recommandant l’admission du Dahomey, du Niger, de la Haute-Volta, de la Côte d’Ivoire, du Congo, de la République centrafricaine, du Tchad et du Gabon, ont été soumis conjointement par la France (ancienne puissance coloniale) et la Tunisie (État africain membre du Conseil de sécurité). Les huit projets de résolution sont adoptés à l’unanimité.

C’est une séance historique (l’expression est d’Armand BERARD) que vient de vivre le Conseil de sécurité en ce 23 août 1960 ; c’est la première et, vraisemblablement, la dernière fois qu’autant de pays appartenant à un même continent sollicitent au même moment, leur admission à l’Organisation des Nations unies. Ce même jour, le Président du Conseil de sécurité adressera au Secrétaire général la lettre suivante :

«J’ai l’honneur de vous prier de bien vouloir transmettre à l’Assemblée générale, la résolution 153 (1960) relative à l’admission de la République gabonaise à l’Organisation des Nations unies, que le Conseil de sécurité a adoptée à l’unanimité à sa 891ème séance, le 23 août 1960 ».

Le 20 septembre 1960, l’Assemblée générale ouvre au siège à New York, les travaux de sa quinzième session. Elle élit à la présidence M. Frederick H. BOLAND (Irlande). Le premier point important inscrit à l’ordre du jour provisoire est l’admission de nouveaux membres à l’Organisation des Nations unies. La procédure spéciale, qui consiste à traiter cette question avant l’adoption à l’Assemblée de son ordre du jour, vise à permettre aux nouveaux États indépendants de participer, dès le début, aux travaux de la session.

L’Assemblée est saisie de quatorze projets de résolution recommandant l’admission de treize États africains (Cameroun, Togo, Madagascar, Somalie, Congo-Léopoldville (aujourd’hui RDC), Dahomey, Niger, la Haute-Volta, la Côte d’Ivoire, Tchad, Congo-Brazzaville, Centrafrique et Gabon et d’un État de la Méditerranée orientale (Chypre).

Dans chaque cas, le Conseil de sécurité a recommandé à l’unanimité à l’Assemblée générale d’approuver la demande d’admission. Dans chaque cas, l’Assemblée adopte par acclamation le projet de résolution.

Ainsi, le 20 septembre 1960, le même scénario se répète avec l’admission séparée du Sénégal et du Mali.

7 octobre 1960, c’est au tour de la Fédération du Nigéria de faire son entrée à l’ONU.

Cette année fut réellement l’année de l’Afrique. Elle consacra l’entrée de seize États du continent à l’Organisation mondiale.

Après son admission à l’ONU, le Gabon créa au siège de l’Organisation à New York, à l’instar des autres États membres, une mission permanente chargée de maintenir dans l’intervalle des sessions des divers organes des Nations Unies, la liaison indispensable entre la République gabonaise et le Secrétariat général de l’Organisation.

La mission permanente joue un rôle de premier plan dans la participation du Gabon aux travaux de l’ONU. Les membres de la mission permanente sont appelés à siéger à tous les rouages de l’ONU où le département les délègue, à mener en coulisses les négociations appropriées, à étudier les problèmes multiples et complexes qui font l’objet des délibérations à l’ONU. Ils assistent les délégués envoyés par le Gouvernement gabonais à New York aux sessions des organes principaux de l’Organisation et des organes subsidiaires, notamment du Conseil économique et social.

Après l’admission de la République gabonaise à l’ONU, un partenariat fructueux Gabon / Système des Nations Unies était né et se poursuit aujourd’hui. Des représentations des Nations Unies étaient ouvertes à Libreville et des activités de coopérations techniques ont été menées dans de nombreux et divers domaines. La nature de cette coopération a évolué pendant ces 60 ans en accord avec les besoins du pays et les ressources disponibles tant nationales qu’internationales. Le Gabon a toujours contribué de façon significative au financement des programmes et projets des Nations Unies.

Un bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA) est installé à Libreville depuis le 2 mars 2011. Sa mission ? Renforcer la capacité des États et des institutions de la sous-région à consolider la paix et à prévenir les conflits.

Le Gabon, soixante ans après son admission à l’ONU, est au cœur du fonctionnement de l’Organisation des Nations unies. Il y est très présent : les délégations du Gabon proposent inlassablement à l’Assemblée générale et au Conseil de sécurité les réformes ou les améliorations du système qui leur paraissent correspondre aux priorités de l’heure. Parmi les chantiers engagés, je citerai notamment la journée internationale de veuves, une résolution (65/189) adoptée par l’Assemblée générale le 21 décembre 2010 sous l’égide de la Première Dame du Gabon Sylvia BONGO ONDIMBA et la lutte contre le braconnage et le trafic illicite d’espèce de faune et de flore sauvages, une résolution adoptée le 30 juillet 2015 sous l’impulsion du Président de la République Ali BONGO ONDIMBA.

Le Gabon (en tant que tel, ou en la personne d’experts universellement reconnus) est élu et réélu régulièrement aux principaux organes spécifiques des Nations-Unies, notamment dans les domaines qui l’intéressent le plus : Conseil économique et social, Conseil des Droits de l’homme, multiples commissions et comités, Conseil de sécurité. Depuis son admission à l’ONU, le Gabon a été élu trois fois au Conseil de sécurité : 1978-1979, 1998-1999 et 2010-2011. En 2004, le chef de la diplomatie gabonaise de l’époque, Jean PING, a présidé la 59ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies. C’est le dixième Africain à présider l’Assemblée générale et deuxième représentant d’un pays d’Afrique noire francophone (après Amara ESSY de Côte d’Ivoire) à remplir cette fonction.

Pour montrer de façon spectaculaire l’importance que le Gabon accorde à l’Organisation des Nations unies, le Président de la République gabonaise, Ali BONGO ONDIMBA, participe depuis son accession au pouvoir en 2009 à toutes les sessions de l’Assemblée générale des Nations Unies. Son illustre prédécesseur, Omar BONGO ONDIMBA, avait participé en personne à huit sessions de l’Assemblée générale : quatre sessions commémoratives (1970, 1985, 1995 et 2005), deux sessions extraordinaires sur le nouvel ordre économique mondial (1974) et sur la lutte contre le V.I.H. Sida (2001), ainsi que deux sessions ordinaires (1977 et 2004).

Le Gabon nourrit des ambitions fortes pour l’ONU : il est de sa responsabilité d’organiser la paix et la sécurité internationale, de garantir le respect des droits de l’homme et de relancer la lutte pour le développement. Le Gabon ne ménage ni ses initiatives ni son soutien à l’Organisation sur toutes ces lourdes tâches qui lui incombent.

Par Emmanuel MBA ALLO, Ancien Ambassadeur du Gabon auprès des Nations Unies à New York, puis à Genève et à Vienne.

 
GR
 

4 Commentaires

  1. Giap EFFAYONG dit :

    Et alors M.Mba Allo? Tout ça pour ça? L’onu est la chasse gardée des cinq grandes puissances pour leurs intérêts égoïstes.Dorénavant,épargnez-nous vos nègreries.

  2. Jean jacques dit :

    Effayong ta jalousie va te tuer comme le corona.ce ancien Ambassadeur n’est pas a ton niveau.

  3. Giap EFFAYONG dit :

    Jean jacques,à ce que je sache, ai-je jamais prétendu être au même niveau que M.Mba Allo?
    Je n’ai aucune envie de débattre avec un énergumène de ton acabit.Pour moi,tu n’es qu’un sous-homme,une vermine.

  4. moundounga dit :

    Bjr. Que de haine seigneur !!! Amen.

Poster un commentaire