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Actuel ambassadeur du Gabon en Italie, Flavien Enongoué a présenté au président de la République italienne, Sergio Mattarella, ses lettres de créance le 26 novembre dernier au Palais du Quirinal (Rome). L’évènement l’a amené à s’interroger sur la signification et les enjeux du rituel diplomatique qu’est la présentation des lettres de créance : son intérêt, sa singularité malgré la diversité des décorums à travers les pays. «Que nous dit finalement ce rituel au sujet de l’identité du diplomate en représentation et des motivations qui président à son choix ?», interroge le diplomate, également professeur de philosophie à l’Université Omar-Bongo.

Une phase de l’audience accordée au diplomate gabonais par le président Sergio Mattarella d’Italie, le 26 novembre 2021, à Rome. © D.R.

 

Thanksgiving Days 2021 ! Plus par l’effet du soft power que du hard power, ce qui se rapporte aux Etats-Unis d’Amérique est généralement connu à travers le monde. Je suppose donc que nombre de lecteurs de cette tribune savent que le dernier jeudi de novembre y est jour de fête nationale, depuis Abraham Lincoln, en 1863. Réunis souvent autour d’un repas familial, les Américains témoignent collectivement de leur gratitude à la providence divine d’avoir contribué à la fondation héroïque de leur nation et de l’avoir préservée du plus grand malheur qui guette la vie de toute communauté nationale : la dislocation politique. Mes voisins diplomates de Via Vittorio Veneto, à Rome, y étaient tout naturellement de la fête, le jeudi 25 novembre 2021.

Peut-être faudrait-il considérer, en empruntant le mot à Francis Cabrel, que « c’est le hasard qui l’a voulu », même si ce n’est pas par des chemins de traverse qu’on accède au majestueux Palais du Quirinal pour être reçu par le maître des lieux. C’est, en effet, le lendemain de la Thanksgiving Days 2021, c’est-à-dire le vendredi 26 novembre, en fin d’après-midi, que j’ai eu l’honneur d’être reçu par le président Sergio Mattarella, à l’occasion de la présentation des lettres par lesquelles le Président Ali Bongo Ondimba m’accrédite auprès de lui et du gouvernement italien, en qualité d’Ambassadeur de la République gabonaise.

Ce que j’ai vécu à cette occasion, en l’espace seulement d’une heure, c’est-à-dire le moment où le protocole diplomatique de la République italienne était venu me chercher et m’avait ramené à mon lieu provisoire de résidence à Rome, déployant à cet effet une logistique exceptionnelle, a provoqué en moi, à la lumière également des expériences antérieures (Paris, Lisbonne, Monaco et Andorre) et des lectures récentes sur la question, le besoin de m’interroger, à haute voix, sur les strates de signification et les enjeux de ce rituel diplomatique qu’est la présentation des lettres de créance. Quel intérêt diplomatique y accordent les principaux acteurs ? Pourquoi la cérémonie y relative est-elle, ici et là, malgré la diversité des pratiques, tenue pour un moment singulier, une heure de gloire qui marque durablement l’esprit des ambassadeurs ? Que nous dit finalement ce rituel au sujet de l’identité du diplomate en représentation et des motivations qui président à son choix ?

Il y a de bonnes raisons pour que ma récente expérience habite longtemps, peut-être pour toujours, la région la plus précieuse de ma mémoire.  Elle est en bien des points conforme, pour l’essentiel, à la description archétypale du rituel par l’ambassadeur Albert Chambon dans son livre au titre provocateur : Mais que font ces diplomates entre deux cocktails ? (Paris, Editions A. Pedone, 1983, p.95), cité par Thierry Balzacq (« Rituels et diplomaties », dans Thierry Balzacq, Frédérique Charillon, Frédéric Ramel (dir.), Manuel de diplomatie, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, coll. « Relations internationales », 2018, [p.129-141], p.135.) : « Ce jour-là, le chef du protocole, en jacket ou en uniforme, viendra avec solennité le chercher, lui et ses principaux collaborateurs, à son ambassade, pour les emmener dans les grandes voitures noires, propres à ces cérémonies, et précédés de motards à sirènes, jusqu’au palais du chef de l’Etat […] L’hymne national entendu, l’ambassadeur s’avance et remet ses lettres de créance au chef de l’Etat et prononce le discours de circonstance où sont rappelés « les liens traditionnels d’amitié » unissant les deux pays, et où est souligné le désir du diplomate, durant le temps de sa mission, « de les voir se resserrer et se développer ». Le chef de l’Etat répond de manière courtoise […] Après la coupe de champagne traditionnelle, le chef de l’Etat et l’ambassadeur échangent des propos à bâtons rompus, mais où chacun s’efforce de percer les véritables intentions de l’autre […] »

Pour ma part, accompagné par une escorte de Cuirassiers à moto et d’un relais de la police routière, mon cortège de trois véhicules était arrivé à 16h45 au Palais trônant sur le Quirinal – la plus élevée des sept collines de Rome. Invité d’emblée à saluer le drapeau italien, je reçus les honneurs militaires et, après une bonne demi-dizaine de minutes de marche dans des vastes couloirs aux allures labyrinthiques, et une brève attente, avec mes deux collaboratrices, dans le Salottino Napoleonico, c’est à 17h00 que je remis les lettres de créance au chef de l’Etat, dans la Salle des tapisseries de Lille. S’en suivirent la présentation de nos collaborateurs respectifs, puis l’audience au Studio alla Vetrata, en présence du Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Luigi Di Maio, et du Conseiller diplomatique. Audience au cours  de laquelle plusieurs points furent abordés, relatifs notamment à la consolidation des relations diplomatiques, à l’approfondissement de la coopération économique, aux perspectives de coopération culturelle, ainsi qu’aux contributions respectives de nos deux pays au renforcement de la coopération entre l’Afrique et l’Europe afin, notamment, de répondre efficacement aux défis sécuritaires et environnementaux communs, dans le sillage des conclusions de la 3e édition de la Conférence ministérielle Italie-Afrique qui s’était tenue à Rome les 7 et 8 octobre dernier. Enfin, le Président Sergio Mattarella m’assura de l’accompagnement des autorités compétentes italiennes pour la réussite de ma mission de représentation, avant que nous nous quittâmes à l’issue d’une séance photos devant les drapeaux du Gabon, de l’Italie et de l’Union Européenne. Au moment de partir du Palais du Quirinal, autour de 17h30, je reçus les honneurs du Département Corazzieri, puis, à nouveau, les honneurs militaires et resaluai le drapeau italien.

On peut imaginer ce qu’aurait été la cérémonie sans les restrictions protocolaires liées au contexte de crise sanitaire du Covid-19. A s’interroger sur les raisons, il me semble que les fondamentaux du cérémonial sont ici tributaires d’un double héritage. D’abord, le fait de la mise en scène spectaculaire, devenue une tradition, de l’entrée à Rome des ambassadeurs étrangers, au temps où ils étaient des envoyés temporaires. Ensuite, la réalité historique qui fait de l’Italie, dès la fin du Moyen Âge, le berceau de la forme permanente de la représentation diplomatique, aujourd’hui en vigueur partout dans le monde : « C’est en Italie qu’elle apparaît d’abord – Venise, Florence et la papauté servant de modèles – avant que ce système soit adopté par le reste de l’Europe et institutionnalisé par la pratique et en marge de grands congrès comme celui de Wesphalie (1648). Dès lors, la fonction diplomatique se professionnalise progressivement. Ses membres ont pour mission de représenter de manière durable un souverain hors de ses frontières, près d’une cour étrangère ou lors de la ratification d’un traité. » (Amélie Balayre, Claire Le Bras, Marie-Cécile Pineau et Nathan Rousselot (dir.), Le diplomate en représentation (XVIe – XXe siècle), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, septembre 2021, p.11).  Il en résulte que, parmi les quatre principales fonctions du métier de diplomate, la représentation de la souveraineté se révèle d’autant plus essentielle qu’elle « détermine la structuration » des trois autres fonctions (négocier, s’informer et informer, et organiser) et constitue donc « la fonction première de la diplomatie ».

Puisant ses racines lointaines dans les rites catholiques, qui faisaient dépendre la parfaite identification de l’envoyé de l’Evêque dans sa juridiction ecclésiale de l’authenticité de la lettre dont il était porteur, le rituel revêtira une double signification dans le protocole diplomatique, que traduit la formule canonique de toutes les lettres de créance, sollicitant, d’une part, un accueil bienveillant de l’ambassadeur et, d’autre part, foi et créance en sa parole. Ainsi que le souligne, avec une pertinence remarquable, le philosophe et diplomate Jean-François de Raymond : « La personne de l’ambassadeur, image et incarnation du pouvoir dont il transmet et traduit les paroles, assure le lien de celui qui l’envoie à celui qui le reçoit, protégé par son statut, comme le présente le livre biblique des Proverbes (25,13). » (L’esprit de la diplomatie. Du particulier à l’universel, Paris, Manitoba/Les Belles lettres, 2015, p.162). En cela, le rituel diplomatique de la présentation des lettres de créance figure à la perfection une certaine « homologie du Prince et de son envoyé » ; le dernier assurant l’ubiquité au premier sur le territoire de la juridiction diplomatique dont il a la charge, en l’occurrence l’Italie, la Grèce, Israël et Chypre, en ce qui me concerne.

Il reste que – et les théoriciens et praticiens avisés le savent – cette homologie porte en elle un formidable paradoxe, résumé parfaitement par Lucien Bely – cité par Jean-François de Raymond –, à travers cette double interrogation : « Comment un homme pouvait-il représenter un prince sans l’être ? Comment parler en son nom et en son absence ? » (Lucien Bely (dir.), L’Invention de la diplomatie- Moyen Âge, Temps modernes, Paris, PUF, 1998, p.373.). Parfaitement conscient de ce que cette homologie ne saurait faire ignorer l’écart différentiel entre le Prince et son envoyé, « gommer la distance ontologique » qui les sépare, le paradoxe est censé être surmonté par la réalisation d’un choix convenable de l’envoyé. Et pendant très longtemps, du Moyen Âge aux Temps modernes, « l’appartenance familiale ou la proximité amicale » avaient servi de qualité essentielle, sinon suffisante pour répondre à l’exigence primordiale de loyauté, résoudre l’équation complexe de la confiance, à une époque où la diplomatie avait exclusivement partie liée avec le jeu d’influence des puissances. Les batailles sourdes ou ouvertes autour de la préséance dans l’ordre protocolaire, lors des cérémonies de présentation des lettres de créance, traduisaient les véritables enjeux de puissance auxquels la personne de l’ambassadeur était en réalité étrangère. Est entrée dans les annales de l’histoire diplomatique, la rixe de Londres en 1661, que rapporte Thierry Balzacq : « À l’occasion de la présentation des lettres de créance de l’ambassadeur de Suède à la cour du roi Charles II, les attelages des ambassadeurs d’Espagne et de France entrèrent en collision. La cause du carambolage vient de ce que chaque délégation voulait passer devant l’autre, autrement dit, avoir la préséance. Furieux, Louis XIV exigea des excuses de la cour d’Espagne et promit de contraindre Philippe IV à céder à ses ambassadeurs la préséance dans toutes les cours d’Europe […] Selon Peter Burke, cet incident avait été ritualisé par la France pour préparer un changement d’équilibre diplomatique au sein de l’Europe. De fait, la guerre de dévolution entre la France et l’Espagne éclata en 1667. » (« Rituels et diplomatie », op. cit., p.134).

Il n’est pas sans intérêt de souligner que plus rien de tel n’est aujourd’hui concevable, dans la mesure où, tirant les conclusions logiques de la réaffirmation de l’égalité souveraine des Etats à la création de l’Organisation des nations Unies (ONU) en 1945, la Convention de Vienne qui régit la matière depuis 1961 fixe les normes applicables à tous. Ainsi, l’ordre protocolaire de présentation des lettres de créance (art.13) et celui de préséance dans les cérémonies (art.16) dépendent de la date et l’heure d’arrivée du chef de mission diplomatique dans le pays d’accréditation ; consacrant de la sorte la fin d’une conception pour ainsi dire nobiliaire de la mission de représentation.

   Comme on le sait, le domaine fut pendant très longtemps investi par la noblesse, avec une surreprésentation des gens d’Eglise et des militaires de haut rang – « catégorie sociale la plus digne de représenter le Roi ». D’où prospéra l’image dévalorisante du  diplomate en représentation comme avant tout un courtisan, que l’héritage de la Révolution française contribua à déconstruire au profit de l’idéal-type du « parfait ambassadeur » mu par les valeurs propres à l’honnête homme, ce avant que la professionnalisation progressive du métier ne fasse émerger la figure canonique du fonctionnaire public des Affaires étrangères, vecteur à l’étranger de l’intérêt national (cf. Virginie Martin, « Du noble ambassadeur au fonctionnaire public. L’invention du « diplomate » sous la Révolution française », dans Idriavati Félicité (dir), L’identité du diplomate (Moyen Âge – XIXème siècle). Métier ou noble loisir ?, Paris, Classiques Garnier, 2020, p.121-123.). En conséquence de quoi se développera le tracé d’une frontière, que beaucoup voudraient chez nous intangible, entre les ambassadeurs issus de la carrière diplomatique, donc des entrailles de l’administration des Affaires étrangères, et les « intrus » (Isabelle Dasque, Les diplomates de la République (1871-1914), Paris, Sorbonne Université Presses, 2020.).

J’appartiens volontiers à la seconde race, puisque doublement intrus : non seulement venu d’ailleurs, car administrativement originaire de l’Enseignement supérieur, mais également, et surtout, débutant au moment où je fus nommé à Paris, le 27 février 2017, sans faits d’armes particuliers. Dans un passé lointain, le lieu fut la capitale mondiale de la diplomatie, et demeure aujourd’hui l’une des destinations les plus prestigieuses pour un chef de mission diplomatique, dans nombre de cas le terminus de la carrière ; comme me le fit remarquer un collègue, lors du défilé du 14 juillet 2017.

En effet, à peine m’installais-je dans la tribune officielle que s’engagea un échange intéressant avec un aîné de la sous-région d’Afrique centrale, assis à ma gauche. J’apprendrai avec plaisir que, au début des années 1980, il fut enseignant des mathématiques chez moi à Makokou, dans le nord-est du Gabon, plus précisément au collège protestant Essia Nsomore. Bien plus tard, il occupa des hautes fonctions chez lui, notamment de Directeur de cabinet du président de la République, puis d’ambassadeur au Caire, avant d’atterrir à Paris, en mai 2017, juste un mois avant moi. À sa question de savoir dans quel pays j’avais été en poste avant Paris – question dont je réaliserai bien rapidement qu’elle est classique chez les diplomates en représentation –, je lui répondis promptement que c’était mon premier poste d’ambassadeur. Et survint aussitôt, en réaction, cette formidable exclamation : « Ah, vous commencez par le terminus ! »

Il ne croyait pas si bien dire, mon cher aîné. Outre que, ironie du sort – exactement trois ans, jour pour jour, après notre conversation, c’est-à-dire le 14 juillet 2020 –, il fut rappelé au pays pour en conduire la diplomatie, mais également que, sur la liste bien riche de mes treize prédécesseurs depuis 1961, Paris fut en effet, le terminus de la carrière diplomatique pour la plupart. A ma connaissance, seuls trois eurent l’heureuse opportunité d’aller vivre ailleurs, l’heure de gloire d’autres cérémonies de présentation des lettres de créance, chacune portant la marque de l’histoire du pays d’accréditation : en particulier l’Espagne, puis la Chine, pour Aristide Issembè, le Maroc, pour François Banga Eboumi, et la Belgique, pour Félicité Ongouori Ngoubili.

Il reste que, à peine arrivé à Paris, je n’étais guère préoccupé par la question évidente de la fermeture, tôt ou tard, de la parenthèse diplomatique dans ma carrière professionnelle, ce d’autant qu’il m’a toujours été donné de dire que c’est celui qui nomme qui sait pourquoi, qui, quand et pour combien de temps il le nomme. Et dans le cas de la diplomatie, explique Jean-François de Raymond (op. cit., p. 181.) : « Le choix que le Prince exerce selon son discernement s’appuie sur un postulat de continuité, suivant un double pari, car il ignore ce que sera l’avenir pour lequel il choisit son représentant, et ce dont celui-ci sera capable, surtout s’il débute. ».

Ai-je alors été un choix convenable pour cette prestigieuse destination, à une époque naguère marquée par d’intenses tumultes politiques, qui impactèrent, indirectement, une relation diplomatique devant sa particularité aux pesanteurs de l’histoire ? Je ne saurais évidemment y répondre. Toujours est-il que l’expérience, par ailleurs fort enrichissante du point de vue de la gestion des hommes et des situations politiques complexes, aura duré plus de trois ans (juin 2017 – octobre 2020). Et quand elle allait s’achever et que, deux mois auparavant, j’eus l’honneur et le privilège d’examiner quelques propositions mises sur la table pour la suite de la parenthèse diplomatique, j’ignorais, bien sûr, ce qui m’attendait à Rome, notamment comme particularités dans le cérémonial du rituel diplomatique de présentation des lettres de créance dans le majestueux Palais du Quirinal. Mais je fus néanmoins rassuré à la découverte de la liste, tout aussi riche qu’à Paris, et aux profils tout aussi variés, de nombre de figures de la diplomatie et/ou de la vie politique gabonaises qui m’y avaient précédé depuis 1969, dont Philibert Bongotha, Lubin-Martial Ntoutoume Obame, Jean Aveno Davin, Edouard Teale, Jules-Marius Ogouebandja, Jean-Robert Goulongana, Marcel Eugène Ibinga-Magwangou, etc. Signe que, au Gabon comme partout ailleurs, hier comme aujourd’hui, et sans doute demain : « Le Prince choisit ses représentants par référence à des qualités personnelles, à des aptitudes identifiées et à l’expérience d’agents du service diplomatique et de personnalité de diverses origines : clercs, officiers, écrivains, incarnant des dispositions à l’exercice de la diplomatie et dont le concours serait recommandé pour tel poste à tel moment. Leur diversité ne fait que confirmer l’unité et le sens de cette activité qui joint l’art et le savoir. » (Jean-François de Raymond, op. cit., p. 211.).

Flavien ENONGOUÉ

Ambassadeur du Gabon en Italie,

Coordonnateur d’un ouvrage collectif à paraître, courant 2022,

sur La diplomatie gabonaise : contextes, acteurs et pratiques (1960-2020).

 
GR
 

2 Commentaires

  1. Eric Joël BEKALE dit :

    Magnifique témoignage de Diplomate.

  2. Jean jacque dit :

    Celuide vrait vivre de som até de prof de Philo.mais ambassadeur la honte de notre pays on laisse les vrais diplomates qui ont la formation dans lê domaine

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