HABANA

 

A tort ou à raison, des entreprises au Gabon comptent obliger leurs employés à se vacciner contre le Covid-19. Alors que le vaccin n’est pas obligatoire, après l’accord entre la Confédération patronale gabonaise (CPG) et le ministère de la Santé portant sur la vaccination anti-Covid, des organisations des travailleurs ont dit ce 20 juillet, non au vaccin obligatoire.

Les travailleurs dénoncent l’accord signé avec la CPG (en photo) pour la vaccination anti-covid. © D.R.

 

Le 9 juillet, la Confédération patronale gabonaise (CPG), signait avec les autorités en charge de la riposte contre le covid-19, une convention pour la vaccination contre le Covid-19 par une unité mobile, des employés d’entreprises affiliées à la CPG. Si le ministère de la Santé indiquait qu’il s’agit d’un service à la carte qui ne rend pas obligatoire la vaccination des employés, des organisations professionnelles de travailleurs des secteurs privé et parapublic du Gabon réunies en coalition, ont indiqué au cours d’une déclaration qu’il n’en est rien. «Les opérateurs économiques membres de la CPG se sont engagés auprès du gouvernement pour vacciner au covid-19 de gré ou de force tous les travailleurs du secteur privé», ont assuré ces organisations qui croient savoir que c’est ce que traduirait l’accord signé entre la CPG et le ministère de la Santé le 9 juillet.

Si l’on est en droit de se demander si les patrons n’ont pas expliqué à leurs employés les contours de la démarche avec les autorités en charge de la riposte contre le Covid-19, la coalition des organisations de professionnels du privé et parapublic du Gabon qui se fonde sur les dires de certaines «indiscrétions», signale tout aussi qu’un projet de loi du gouvernement serait en attente de transmission au Parlement en vue légiférer courant septembre sur le vaccin covid-19 obligatoire dans le secteur privé. Si officiellement rien n’a été dit à ce sujet quoique certains employés disent subir de leurs employeurs, des pressions pour se faire vacciner, la coalition des travailleurs  estime que cette démarche «semble en phase avec la récente décision de l’opérateur Total Gabon de faire du vaccin covid-19 le passeport d’accès sur ses sites pétroliers dès le 15 septembre 2021».

«Comment comprendre que des opérateurs économiques rendent obligatoire ce que le Chef de l’Etat a déclaré non-obligatoire ?», s’interrogent les travailleurs qui ont à juste titre, rappelé un passage du discours à la Nation du président Ali Bongo, du 22 mars 2021. «Gabonaises, Gabonais, je tiens à nouveau à rappeler à tous que le vaccin n’est nullement obligatoire. Toutefois, il est en revanche très fortement recommandé par les autorités sanitaires nationales et internationales», avait dit Ali Bongo. «Comment comprendre que le gouvernement soit co-responsable des dérives actuelles des opérateurs privés membres de la CPG ?», ont questionné les travailleurs pour qui, cette démarche vise à troubler davantage le climat social dans un contexte de contestation du Code du Travail. «Il y aurait-il un dessein inavoué de créer les conditions d’un cahot social ?», ont poursuivi les travailleurs qui disent «non au vaccin obligatoire pour accéder à leurs postes de travail».

Rappelant les dispositions de l’article 3 du Code du Travail qui stipule que «le travail est une source de valeur ; il exige que les libertés et la dignité de celui qui l’exerce soient respectées», ces travailleurs assurent qu’ils ne se laisseront pas faire ou se distraire. Le 20 juillet, ils ont appelé à une plus grande mobilisation des travailleurs des secteurs privé et parapublic car disent-ils, «l’heure est grave».

 
GR
 

1 Commentaire

  1. cyrtiburce moundounga dit :

    Bjr. «Comment comprendre que des opérateurs économiques rendent obligatoire ce que le Chef de l’Etat a déclaré non-obligatoire ?». Voila encore quelque chose qui va alimenter la question de qui gouverne le Gabon? Amen.

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