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Si le Gabon cherche à normaliser les masques fabriqués dans le pays en ce moment où la propagation du Covid-19 continue sa progression, la vente tous azimuts de ce produit n’offre aucune garantie de sécurité. La population doit se méfier des produits proposés par des commerçants ambulants.

L’attention mérite d’être attirée sur l’achat des masques devenu produit de première nécessité. © Gabonreview/Shutterstock

 

Le Gabon a diagnostiqué et annoncé son premier cas de personne testée positive au Coronavirus, le 12 mars dernier. Depuis lors, de nouveaux cas augmentent de façon croissante. Face à cette courbe qui croit inexorablement, des mesures barrières ont été édictées par le gouvernement. La population elle-même s’efforce de se protéger autant que faire se peut. D’où la ruée vers les masques et autres protections. Mais, force est de constater que ces «objets barrières», notamment les masques vendus dans la rue ne respectent parfois aucune condition d’hygiène.

Que ce soit dans les marchés de Libreville ou dans les grands carrefours de la cité, il est désormais coutumier de voir des commerçants ambulants vendre des gants, des masques et parfois des gels hydroalcooliques dont on ignore l’origine. Ces produits sont exposés l’air libre, au soleil et certains clients s’autorisent même à les essayer.

«Attention à ces masques que vous achetez au coin de la rue. Il peut vous transmettre la maladie si plusieurs personnes l’ont manipulé et ne l’ont pas acheté avant vous», met en garde un médecin.

Certains vendeurs demandent en effet à leur potentiel client de les essayer pour voir si elles ont de l’allure. Or, ce qui apparait comme une approche commerciale met en danger d’autres potentiels clients. «Imaginez-vous ce à quoi les gens sont exposés si de potentiels clients testent les masques et ne les achètent», fait remarquer un chauffeur de taxi au feu tricolore des Affaires étrangères. «Faire essayer ces masques chirurgicaux industriels, les laisser toucher sans protection, fait peser un gros risque aux autres. Ce n’est même pas seulement le Coronavirus. Il y a bien d’autres maladies puisqu’en essayant on y laisse la sœur, peut-être de la salive, la saleté, etc.», tranche un délégué médical qui appelle à une rigoureuse réglementation de ce commerce.

Si les masques en tissu sont lavables et réutilisables, ceux chirurgicaux ne le sont pas. D’où la mise en garde de ce délégué médical. «La situation est grave. Si on dit de laver les mains, c’est parce que le Coronavirus passe par les mains. Maintenant, si au bord de la route on se met tous à toucher et à essayer les masques, etc. imaginez la suite».

Aux autorités de voir comment réguler cette activité qui s’est créée sur les pas morbides du Covid-19, et facilitée par la pénurie de ces produits désormais très recherchés.

 
GR
 

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