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Dernier né des partis politiques au Gabon, le Parti du réveil citoyen (PRC) a fait sa sortie officielle le 26 juin, à l’occasion d’une déclaration de son président, Thérence Gnembou Moutsona. Il assure que le PRC a «quelque chose de nouveau à apporter, quelque chose de plus, quelque chose qui fait aujourd’hui défaut aux Gabonais : l’espérance».

Le président du Parti du réveil citoyen, Thérence Gnembou Moutsona, lors de sa déclaration, le 26 juin 2021, à Libreville. © Gabonreview

 

Le paysage politique gabonais s’est enrichi  le 26 juin 2021 d’un nouvel parti politique. Il s’agit du Parti du réveil citoyen (PRC), crée le 23 novembre 2020, présidé par l’homme d’affaires, Thérence Gnembou Moutsona, et reconnu en mars 2021 par le ministère de l’Intérieur. Cette formation politique entend «porter sur la scène politique nationale une voix neuve, une voix alternative, être une force de proposition sur les grands sujets sociétaux». Elle se loge dans la catégorie de «l’opposition constructive» et entend l’incarner.

Face à la presse, mais surtout devant les membres du Conseil national et du Bureau national de cette écurie politique, Thérence Gnembou a fait savoir que «le projet de création du PRC est né en réaction de la crise sans précédent que traverse le Gabon». Il laisse, en effet, entendre que «la crise politique et les violences postélectorales nées de l’élection présidentielle de 2016 ont profondément dégradé notre vivre-ensemble et cassé notre unité nationale».

Le leader du PRC relève, par ailleurs, la situation dramatique dans laquelle est plongé «notre beau pays». Dégradation de l’environnement, routes délabrées, insuffisance des services publics, occupation anarchique de l’espace public, accès inégal et difficile à l’eau, délestage électrique, tels sont quelques maux dénoncés par le patron de ce nouveau parti qui note que «l’ensemble des indicateurs, tant financiers, économiques que sociaux sont au rouge». Chiffres à l’appui, il signale que «l’économie est exsangue malgré un recours massif à l’endettement, qui était de l’ordre de 39% en 2015, 59% en 2019, avoisine aujourd’hui 75% du PIB». Il fustige en cela «un endettement d’autant plus dramatique qu’il n’impacte ni l’économie, ni le quotidien de nos citoyens».

Prendre en main notre destin et nous réveiller

Quelques images de la Déclaration du président du Parti du réveil citoyen. © Gabonreview

Gnembou invoque également les chiffres de l’Indice de développement humain (IDH) pour faire remarquer que le Gabon occupe la 119e place mondial sur 189. «Il est en baisse continue depuis plusieurs années», a-t-il regretté, ajoutant que «près d’une famille sur 3 vit en dessous du seuil de pauvreté» et que «sur les 2 millions d’habitants que compte le pays, 1 sur 5 n’a pas accès à l’eau et à l’électricité. Près de 350.000 Gabonais n’ayant pas d’accès à un logement décent». Le chômage, l’éducation, la scolarisation, l’impact du Covid-19 sur les ménages, l’adéquation formation-emploi, le climat des affaires, tous les secteurs ont été passés au crible par le président du PRC.

Au regard de ce constat qui «contribue à altérer le pacte social et à exacerber la fracture sociale», le PRC estime que le Gabon a tous les atouts pour se redresser et c’est de là que provient le message d’espoir qu’entend porter cette formation politique. «Il ne tient qu’à nous de prendre en main notre destin et de nous réveiller», a indiqué Thérence Gnembou Moutsona.

Dans ce sens, il affirme que son parti est «le projet de femmes et d’hommes neufs issus des différentes couches de la société gabonaise, désireux d’œuvrer au développement du pays dans le respect des droits de l’homme, des principes de l’Etat de droit et de la démocratie constitutionnelle, de la bonne gouvernance, des valeurs morales et traditionnelles». «Nous voulons porter et incarner des propositions qui engagent le pays sur la voie d’une transformation durable. Dessiner un chemin alternatif en mettant l’accent sur les besoins  exprimés par les Gabonaises et les Gabonais. Construire le Gabon que nous voulons aujourd’hui pour nous et demain pour nos enfants et les générations futures», a-t-il fait savoir.

La vision du renouveau que veut incarner le PRC s’articule autour de trois «R» : Réconcilier, Réparer et Restaurer. «Réconcilier, c’est ce que nous souhaitons pour nos concitoyens, avec eux-mêmes, leur histoire, leurs institutions, leurs gouvernants. Réparer, c’est ce que nous voulons pour notre système démocratique, économique, sociale, éducatif, culturel, infrastructurel. Restaurer, c’est ce que nous ambitionnons pour notre République et ses valeurs, nos citoyens, notre vivre-ensemble».

Ce parti espère donc donner corps à cette vision, apporter des solutions concrètes et pérennes aux problèmes du pays. Toutes choses qui font dire à un observateur de la vie politique gabonaise que «beaucoup d’autres ont tenu le même discours, sans suite». Et d’ajouter que «2023 s’annonce déjà avec la création de partis satellites et d’associations fantoches qui sauront, le moment venu, marchander leur positionnement en faveur des plus offrants».

 
GR
 

2 Commentaires

  1. […] Vie des partis : Le PRC veut «réconcilier, réparer et restaurer» le Gabon ← Création du PRC […]

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