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Si à son lancement jusqu’à ce moment où les indemnisations et autres déguerpissements ont débuté, le projet de construction de la voie de contournement de l’aéroport de Libreville polarise l’attention et cristallise quelques crispations, les responsables de GSEZ (Gabon special economic zone) Airport rassurent davantage les personnes impactées. Personne ne sera laissé pour compte, ont-ils fait savoir lors d’une descente de terrain, le 18 novembre dernier. Une visite de sites au cours de laquelle les hommes et femmes de médias ont pu échanger avec la population et s’enquérir de l’évolution du projet. 

Les hommes et femmes de médias sur le terrain, le 18 novembre 2022, pour s’enquérir de l’évolution du projet. © Gabonreview

 

Plusieurs journalistes ont été en immersion, le 18 novembre dernier, sur le tracé de la voie de contournement de l’aéroport de Libreville, en construction. Ces femmes et hommes de médias ont visité le chantier, discuter avec les personnes impactées afin de s’enquérir de l’avancement de ce vaste projet de développement donc l’ambition est de décongestionner les principales voies d’accès au nord de Libreville et pour donner un coup de fouet aux activités économiques locales. 

Des méprises, des surévaluations, sous-évaluations …

Alors que les phases de sensibilisation, de recensement, de publication des listes et de réclamations ont désormais fait place aux paiements des indemnisations, les voies s’élèvent encore au sein des collectifs des personnes impactées pour dénoncer des imperfections  voire des traitements disproportionnés des situations. En compagnie des agents de la Communication de GSEZ Airport, les journalistes ont pu particulièrement échanger avec les concernés. Constat fait : des méprises, des surévaluations, sous-évaluations des biens des impactés, mais aussi des volontés de freiner et de nuire au déroulement et à l’aboutissement du projet.

Au 17 novembre, on retient, selon les chiffres de GSEZ que, sur 249 parcelles concernées, 188 sont déjà compensées et 61 en cours à cause des litiges familiaux et des plaintes. Dans le même temps, 583 Personnes affectées par le projet (PAPs) ont été compensées alors que 105 autres sont en cours. Le même compte fait état d’un total de 215 propriétaires de bâtiment d’habitation situé sur l’emprise du projet. 157 ont été aussi compensés alors que 51 ont fait le choix de relogement. Ces derniers recevront également une allocation de relogement temporaire jusqu’à la remise définitive des clefs. Une indemnité allant de 150 à 400 000 francs CFA.

«II y a pas mal de plaintes que j’ai transférées à GSEZ. Les plaintes portent sur les montants que GSEZ a fixés pour ces gens. Ici, vous êtes chez moi. Je peux, par exemple, dire que ça vaut 10 millions, mais GSEZ ne donne que 3 millions. Il faut savoir qu’il y a pas mal de gens qui ont accepté de partir», a laissé entendre Jean-Baptiste Lébamba, chef de quartier Okala-Carrière Mikolongo. 

Reconnaissant que les efforts ont été faits, d’autant plus que toutes les personnes impactées (propriétaire, locataire, etc.) sont prises en compte dans le dédommagement, le chef de quartier Okala-Carrière Mikolongo, au regard des mécontents, indique que c’est à l’État et ses partenaires de «repartir vers ces gens et négocier».

«Personne ne peut freiner le développement»

Sur le chantier, l’heure est au déménagement. Les uns et les autres, pincement au cœur, récupèrent et sauvent qui peut encore l’être. Des ouvriers désossent les maisons situées sur les emprises, enlèvent tôles, planches, contreplaqué, ainsi que des fils électriques qui pourraient servir sur leur prochain chantier. «La route est un avantage, tout le monde le sait. Elle est facteur de développement. Là où la route passe, tous les services suivent. Elle va aussi permettre de décongestionner la voie», a fait savoir M. Tchikaya, chauffeur de clando à Okala. Il renchérit : «vous arrivez ici à un moment, et c’est bloqué sur plus d’un kilomètre. Les gens n’arrivent pas à circuler. Or, si la route était large, elle permettrait aux gens de circuler et de travailler librement».

D’Okala-Carrière Première pompe à Alibandeng et Kiliba, certaines personnes impactées ruminent encore leur colère. Mais, ils se résolvent à «accepter le développement». «Nous avons été dédommagés par GSEZ. Mais ce quelque chose ne nous a pas satisfaits parce que vous savez qu’il y a l’impact physiologique. Personne ne peut freiner le développement. Il est primordial. Mais il y a un manque de savoir-faire. L’État nous a donné ce qui ne nous satisfait pas», a regretté Bonaventure Nzembi, tandis que maman Germaine, faisant ses bagages, a indiqué que l’État et ses partenaires n’ont pas tenu compte du coût actuel des matériaux. «Quand je construisais ma maison, le matériel n’était pas cher comme maintenant. L’État n’a pas tenu compte de ça. Les prix ont grimpé et tout le monde le sait», a-t-elle déclaré.

Selon les sources de la GSEZ, certaines réclament plus que ce que représentaient leurs biens ou investissements. D’autres sont quasiment installés sur les lits des rivières et dans les marécages ou encore sur le titre foncier de l’aéroport. «Cette nouvelle infrastructure améliorera significativement le quotidien des milliers d’usagers passant par l’unique route reliant le sud de Libreville à Akanda et ses autres lieux se trouvant au nord de la province de l’Estuaire», font savoir ces sources de la GSEZ.  

 

 
GR
 

1 Commentaire

  1. udfr dit :

    23 Novmebre 2032….la nouvelle voie de contournement de l’aéroport va être inaugurée par le président Ali Bongo Odimba .

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