Zéro mort en salle d’accouchement : le Gabon engage son honneur
Trois jours de travaux, une feuille de route, et une ambition claire : inverser la courbe des décès maternels au Gabon. Le complexe hôtelier de la Sablière, à Libreville, a accueilli samedi 11 avril 2026 la cérémonie de clôture des assises consacrées à la réduction de la mortalité maternelle dans le pays. Placé sous le marrainage de la Première dame, Zita Oligui Nguema, l’événement a matérialisé la volonté des autorités et des acteurs de la santé de faire de la protection de la vie des mères une priorité nationale irréversible.

Photo de famille à l’issue de la cérémonie de clôture du lancement du plan d’urgence contre la mortalité maternelle, le 11 avril 2026 à Libreville. © D.R.
Le samedi 11 avril 2026, le plan d’urgence pour la réduction de la mortalité maternelle au Gabon a été officiellement lancé par le ministère de la Santé, avec l’appui de la Première dame, Zita Oligui Nguema. Cette étape décisive intervient à l’issue de plusieurs jours de concertation réunissant les principaux acteurs du secteur de la santé.

Remise symbolique de carnet à la ministre de la Santé par la Première dame, Zita Oligui Nguema. © D.R.
Prenant la parole à cette occasion, la ministre de la Santé, Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, a présenté les trois piliers stratégiques issus de ces travaux. Le premier axe repose sur un engagement politique fort, articulé autour de quatre actions majeures : «L’institutionnalisation de la lutte contre la mortalité maternelle comme une urgence nationale de santé publique, le renforcement de l’appropriation politique à travers un plaidoyer pour une collaboration intersectorielle continue, la mobilisation communautaire, ainsi que la sécurisation d’un financement national conséquent». À cela s’ajoute la mise en place d’un observatoire dédié au suivi et à l’évaluation du plan d’urgence.
Le deuxième pilier concerne la protection et l’autonomisation des adolescentes et des jeunes femmes, principales victimes de la mortalité maternelle. Il prévoit notamment «le renforcement de l’éducation des jeunes filles comme levier de transformation sociale, la lutte contre les pratiques sexuelles néfastes, l’amélioration de l’accès gratuit et continu aux services de santé reproductive afin de prévenir les grossesses précoces», ainsi que l’accompagnement des jeunes filles enceintes à travers un suivi médical, psychosocial et éducatif adapté.
Enfin, le troisième axe porte sur le renforcement des capacités du personnel de santé. Il s’agit notamment «d’améliorer les plateaux techniques des structures sanitaires, de recruter et fidéliser le personnel en fonction des besoins régionaux, et de promouvoir la formation continue à travers des approches innovantes telles que le mentorat entre sages-femmes expérimentées et jeunes recrues, ou encore le recours à la télémédecine», selon la ministre. Par ailleurs, le renforcement des programmes de formation dans les universités et écoles spécialisées est également prévu.
Soulignant que la majorité des décès maternels reste évitable et insistant sur l’urgence d’agir face à ce qu’il qualifie d’injustice sanitaire, le représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Dr Xavier Crespin, a rappelé avec force que «la maternité doit être un droit et non un danger». Dans la même dynamique, le représentant des Nations Unies, Sennen Hounton, a réaffirmé l’engagement du système onusien à accompagner le Gabon, afin que chaque grossesse soit désirée et que chaque accouchement se déroule sans danger.
À l’issue de ces interventions, le plan d’urgence pour la réduction de la mortalité maternelle a été officiellement adopté en République gabonaise, marquant une avancée dans la politique de santé publique du pays.
La cérémonie s’est poursuivie avec la remise officielle du document final des travaux à la Première dame. Dans un geste fort, Zita Oligui Nguema a également offert 40 000 carnets de santé mère-enfant au ministère de la Santé. Ces carnets seront distribués gratuitement aux femmes enceintes à travers le pays, pour ainsi à améliorer le suivi médical et renforcer la prévention.
Thécia Nyomba












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