Invité à Paris dans le cadre du Sommet sur la paix, le Vice-président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Nicaise Moulombi, est intervenu sur des questions de pollution et d’exploitation des ressources naturelles par les multinationales dans les pays du sud.

Le vice-président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Nicaise Moulombi à Paris pour le Sommet sur la paix. © D.R.

 

A l’initiative du président français, Emmanuel Macron, des dirigeants du monde se sont retrouvés à Paris, le 11 novembre 2018 pour un sommet international sur la paix. En marge de cette réunion de haut niveau, le Vice-président du Conseil économique, social et environnemental du Gabon, Nicaise Moulombi, a participé à des «meet up» axées sur des thématiques précises.

A cette occasion, il s’est exprimé sur le thème de «la pollution et l’exploitation des ressources naturelles par les multinationales du Nord dans les pays du Sud qui est parfois source de paix ou de Conflits». Dans son propos, il rappelle que «l’engagement pour un modèle productif respectueux de la planète s’inscrit aujourd’hui dans le débat international sur le développement durable, porté notamment par les Nations unies à travers l’Agenda 2030 qui rassemble 17 Objectifs de développement durable (ODD)».

Cet agenda collectivement accepté par la communauté internationale en 2015, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, a un caractère inclusif et transversal car l’ensemble des acteurs à savoir les gouvernements, le secteur privé, la société civile, les communautés locales sont sollicités pour sa mise en œuvre.

Dans ce contexte, Nicaise Moulombi relève que «l’exploitation des ressources naturelles est vitale pour le développement des pays du Sud et essentielle pour les économies des pays développés». Il rappelle que les forêts africaines et particulièrement celles du Bassin du Congo sont reconnues pour leur diversité biologique exceptionnelle, leurs bois précieux, leur capacité de stockage du carbone. Ce qui contribue à la lutte contre le réchauffement climatique.

Ces forêts hébergent également des ressources pétrolières et minérales (diamant, or, uranium, cuivre, manganèse, coltan, terres rares) abondantes qui justifie la présence des grandes sociétés multinationales, disposant de la technologie pour l’exploration, l’exploitation, la transformation et la commercialisation.

«Il est clairement établi, en dépit des perspectives de diversification économique amorcées par de nombreux pays africains, l’exploitation et le commerce des matières premières représentent la principale source de devises étrangères et de recettes fiscales pour de nombreux pays en développement. Ces devises devraient permettre de financer la mise en œuvre de l’Agenda 2030 et sortir ainsi plusieurs pays du sous-développement. Ce d’autant plus que certaines de ces matières premières, notamment le pétrole ou certains minerais ont des prix en hausse dans les marchés internationaux», a-t-il déclaré.

Malheureusement, relève-t-il, «la réalité est toute autre car, de nombreux rapports et certaines études tendent à montrer que l’exploitation des ressources naturelles dans ces pays en développement est responsable de la fracture sociale, des conflits meurtriers, de la destruction des écosystèmes et des pollutions multiformes sur l’environnement et les communautés locales».

Le Vice-président du CESE souligne que «les profits générés par l’industrie de l’extraction des matières premières sont principalement transférés à l’étranger par les multinationales et accessoirement aux pays et aux responsables politiques». Une situation qui «fragilise le développement économique et social des pays africains».

Pour permettre aux pays africains de se développer grâce à leurs ressources, ce dernier suggère que «les multinationales deviennent des partenaires de la paix, de la stabilité et de la mise en œuvre de l’Agenda 2030 de développement durable». Cette voie passe par un dialogue constructif basé sur la transparence des flux financiers des entreprises multinationales des secteurs de l’industrie extractive, la promotion d’une gouvernance transparente au profit d’investissements sociaux profitables aux populations dans la lutte contre la pauvreté.

 
 

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