Une vidéo virale a ravivé les braises d’un vieux ressentiment régional : des internautes béninois y insultent le président gabonais, son épouse et tout un peuple, provoquant une onde d’indignation à Libreville. Derrière ce tumulte, Barack Nyare Mba, blogueur et président du Mouvement Citoyen Ndjolé Debout, signe une tribune qui dénonce l’atteinte à la dignité nationale et réaffirme la nécessité, selon lui, de protéger l’économie gabonaise avant tout.

Pour Barack Nyare Mba, l’économie gabonaise est une affaire trop sérieuse pour être abandonnée à d’autres. © GabonReview

 

Diplômé d’un Master II en Audit et contrôle de gestion, Barack Nyare Mba est blogueur, Digital Manage et président du mouvement Citoyen Ndjolé Debout. © D.R.

Une capture vidéo d’un live sur TikTok suscite depuis hier mercredi une vague de consternation sur les réseaux sociaux. Car, durant celle-ci on y entend des utilisateurs béninois proférer des injures à l’endroit du Président de la République gabonaise, à son épouse et au peuple gabonais dans son ensemble. Ma réaction.

Qu’a-t-on fait de mal pour mériter autant de haine ? Je ne savais pas que préférer d’abord ses enfants créerait ce sentiment ingrat chez ceux-là même à qui nous avons offert paix, toit, opportunités économiques et une chance de subvenir aux besoins de leurs familles.

Le flux d’injures et de moqueries proférés par une catégorie de citoyens Béninois à l’endroit du Président de la République et des gabonais est inacceptable, intolérable et incompréhensible.

Face à cette indignité, le silence n’est pas une option en tant que patriote.

Qu’on se le dise une fois pour toutes : la générosité gabonaise n’est pas synonyme de naïveté éternelle. La mesure de préférence nationale n’est ni xénophobe ni hostile. Elle est VITALE. Vitale pour notre jeunesse qui peine à trouver sa place sur son propre sol. Vitale pour notre économie qui doit prioritairement profiter aux enfants de cette terre. Les Béninois qui y voient une agression sont soit de mauvaise foi, soit incapables de comprendre les premiers devoirs d’une nation : protéger les siens.

On nous prête une intention bien sombre, nous qui avons simplement décidé de suivre le sage conseil de l’écrivain français Jean de La Fontaine : «Charité bien ordonnée commence par soi-même.» Quelle étrange idée, n’est-ce pas, que de vouloir d’abord nourrir ses propres enfants avant de remplir l’assiette du voisin ?

N’est-il pas surprenant, pour ne pas dire éminemment curieux, que la mesure de préférence nationale soulève une telle tempête d’indignation sélective ? On pourrait presque croire, à entendre le concert des critiques et injures, que cette décision de l’Etat se traduit uniquement par : «Défense de travailler aux Béninois». Comme si, par un mystérieux sortilège vodou, tous les métiers concernés étaient exclusivement accaparés par leurs seuls ressortissants.

Cela nous rappelle cette maxime ironique de Georges Clemenceau que l’on pourrait détourner ainsi : «La guerre est une affaire trop sérieuse pour être confiée à des militaires ; et l’économie gabonaise, une affaire trop sérieuse pour être laissée aux seuls Gabonais ?»

Selon moi, la véhémence des réactions injurieuses des Béninois en dit long sur leur crainte de perdre un privilège ou monopole économique sur certains secteurs d’activités au Gabon. Pourtant pour mettre fin à cette crainte, il leur suffit de se conformer aux nouvelles normes pour exercer librement leurs activités.

En ces moments où notre nation est insultée, il est crucial que les Gabonais s’unissent pour défendre l’honneur du pays. Cette unité n’est pas un soutien aveugle à un gouvernement ou à une politique, mais une défense de notre dignité collective en tant que Gabonais.

Ainsi, cette vague d’injures, aussi blessante soit-elle, aura eu un mérite : celui de nous réveiller face à la nécessité de reprendre en main notre économie. J’invite pour cela tous les Gabonais et toutes les gabonaises à s’engager sur cette voie qui nous mènera inexorablement vers la prospérité.

Pour finir, je lance un appel solennel à ceux qui nous insultent : souvenez-vous. Souvenez-vous de l’accueil qui vous a été réservé. Souvenez-vous de la main tendue. Comprenez que cette mesure n’est pas une agression, mais un acte de protection et de justice pour nos enfants.

La paix sur vous.

Barack Nyare Mba

Blogueur et Président du Mouvement Citoyen Ndjolé Debout

 
GR
 

3 Commentaires

  1. MOUNDOUNGA dit :

    Bjr. Félicitation à vous pour cet appel disons citoyen. Qui peut en étant normal rester insensible à cette vague déferlantes d’injures avec des relents de déstabilisation. Comment des personnes qui ne sont pas chez elles(disons le clairement) peuvent s’arroger le droit d’insulter notre PR comme ils veulent.

    La colère ne s’arrête même plus à la possibilité pour eux de perdre définitivement leur emprise sur notre économie mais jusqu’à insulté notre souveraineté à travers le PR. Non, non et non qu’à cela ne tienne wait and see.

    ça veut dire quoi ça ?!! Amen.

  2. messowomekewo dit :

    On a trop péroré sur cette affaire, il est temps de passer aux actes.
    contrôle systématique des identités pour mettre hors d’état de nuire tous ces popos sans papiers. Boycotte de toutes les activités de ces gens arrivés ici en caleçon et qui se permettent de nous manquer de respect. Les béninois sont des gens sans éducation, même leur président se permet de dire que le Gabon a toutes les richesses mais ne se développe pas; il faut fermer le bec à tous ces misérables jaloux en les renvoyant illico chez eux.

  3. DesireNGUEMANZONG dit :

    La réflexion mérite son pesant d’or!

    Lorsqu’il y a un problème, alors il faut se poser les bonnes questions.

    Notre Constitution rappelle que Le Président de la République est Chef de l’Exécutif, assistés d’un Vice-président et d’un Co-responsable du gouvernement. Toutefois pour des questions d’intérêt supérieur de la nation gabonaise, il revient à notre représentation nationale de décider par un vote majoritaire. La question de l’immigration, du respect de nos institutions et nos valeurs sont aussi des sujets de préoccupation
    nationale qu’il faut traiter avec la grande fermeté. Quitte à déplaire ou pas. La souveraineté de notre pays n’est pas négociable.

    Certains sujets d’importance ne se règlent (sur) dans les réseaux sociaux. Mais sur une table. Les yeux dans les yeux. Sans langue de bois!

    Monsieur Le Président de la République, S.E. Brice Clotaire Oligui Nguema, a fixé des objectifs mesurables. La coopération de tous est indispensable. Certaines communautés vont voir (peut-être) leurs intérêts « menacés ». Le message est clair: GABON D’ABORD. Je vais dire ceci: un pays qui veut se développer (du moins se moderniser) doit lutter contre la corruption des élites. Il n’y a pas pire que des élites corrompu.es dont le train de vie est financé par la corruption.

    Ce qui fait la force d’un État est sa fiscalité. Comment voulez-vous que la politique publique soit mise en œuvre avec des caisses vides ou à moitié remplie. Notre Chef de l’État a raison de prôner la souveraineté économique. Plus d’argent au Trésor public, c’est plus de possibilités au développement et au desendettement.

    Tout mon soutien à notre Président de la République (et à la Première dame) et à notre future représentation nationale.

    Bien à vous!

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