On pourrait traverser le département d’Etimboué sans jamais soupçonner ce qui se trame à 70 kilomètres au sud de Port-Gentil. Et pourtant, c’est là, sur ce bout de terre industrielle planté au cœur de l’Ogooué-Maritime, que bat le cœur opérationnel de Perenco Oil & Gas Gabon (POGG). Batanga n’est pas un site parmi d’autres, c’est le capot ouvert sur la mécanique intime d’un groupe qui ambitionne de devenir le hub de toutes les énergies du Gabon.

À 70 km au sud de Port-Gentil, Batanga est le lieu où l’on comprend enfin ce que Perenco entend vraiment par hub des énergies. © D.R.

 

Batanga n’est pas un site monoproduction. On y extrait simultanément du pétrole classique et du GPL, ce gaz de pétrole liquéfié que les Gabonais connaissent sous la forme des bouteilles ou bombonnes  achetées dans les station-service pour alimenter la cuisinière familiale. Cette dualité n’est pas un hasard de géologie. Elle est le fruit d’une stratégie délibérée de valorisation intégrée des ressources : capter le gaz associé à l’extraction pétrolière plutôt que de le brûler, mais le transformer, le commercialiser. Transformer en ressource ce qui était longtemps une nuisance, un déchet. Transformer un déchet en valeur. C’est l’un des piliers du projet de hub que POGG construit patiemment, depuis des années, infrastructure après infrastructure.

Une usine inaugurée sous les yeux du président de la République

Depuis les airs, Batanga révèle ce que l’on ne voit pas depuis la route : la démesure tranquille d’un site qui produit, transforme, stocke et répare… simultanément. © D.R.

Mise en service fin 2023 et inaugurée officiellement le 8 décembre de la même année par le président Oligui Nguema, l’usine de GPL de Batanga représente un investissement de 30 à 32,4 milliards de francs CFA (environ 50 millions de dollars), entièrement financés par POGG. Sa capacité : 15 000 tonnes de GPL par an, soit l’équivalent de 18 000 à 20 000 bouteilles produites chaque jour. Des bouteilles. Des vraies. Celles que l’on achète, que l’on transporte, que l’on branche sous la gazinière. Le chiffre, ainsi restitué dans sa réalité quotidienne, cesse d’être une abstraction industrielle pour devenir une réponse concrète à un besoin national massif.

Cette production couvre aujourd’hui environ 35 % de la demande nationale en gaz domestique et réduit de plus de 50 % les importations de gaz butane. À terme, elle doit alimenter 100 % des besoins de Port-Gentil, près de 70 % de ceux de Libreville et quelque 80 000 ménages gabonais. Et ce n’est qu’un premier étage : combinée au futur terminal FLNG (Floating Liquefied Natural Gas – en français, unité flottante de gaz naturel liquéfié) du Cap Lopez prévu pour 2028, dont le financement est déjà bouclé pour un budget global de 2 milliards de dollars, la production couvrira les trois quarts des besoins nationaux en GPL.

Le capot ouvert sur l’avenir

Les quantités de gaz disponibles, «vont couvrir largement les besoins pour une usine de liquéfaction pour les 20 prochaines années au Gabon», affirme le directeur général de la compagnie, Christophe Blanc, avec la sérénité de celui qui a foré dans ces réservoirs, qui en connaît la géologie centimètre par centimètre et qui sait, avec la précision du géologue autant que la conviction du bâtisseur, que le sous-sol gabonais tiendra ses promesses.

Vingt ans. C’est l’horizon que Perenco s’est fixé depuis Batanga. Vingt ans de gaz, vingt ans de GPL, vingt ans de réparation des terres et de montée en compétences des hommes. Sur ce site discret, sablonneux, de l’Ogooué-Maritime, se joue silencieusement une partie de l’avenir énergétique du Gabon. Perenco a ouvert le capot. Ce qu’on a découvert laisse pantois.

 
GR
 

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