Après avoir initialement défendu le bon déroulement des élections professionnelles du 28 avril 2026, les autorités gabonaises ont finalement annoncé la reprise du vote dans plusieurs entreprises et administrations. Une décision qui intervient après de nombreuses contestations formulées par des organisations syndicales dénonçant des irrégularités, des dysfonctionnements techniques et l’absence de quorum dans plusieurs centres de vote.

La CNEP annonce un second tour des élections professionnelles ainsi que des reprises de vote le 13 mai 2026 dans plusieurs entreprises et administrations du pays. © Illustration IA / GabonReview

 

La Commission nationale des élections professionnelles (CNEP) a annoncé, dans un communiqué publié le 7 mai 2026, l’organisation d’un second tour de scrutin ainsi que des reprises de vote le 13 mai prochain dans plusieurs entreprises et administrations du pays. Une décision qui marque un revirement des autorités électorales, après les nombreuses critiques émises ces derniers jours par des organisations syndicales sur le déroulement du scrutin du 28 avril.

Le président de la CNEP, Alain Jules Monangze, précise que le second tour concernera les entreprises où le nombre de votants a été inférieur à la moitié des électeurs inscrits, entraînant une absence de quorum. Il sera également organisé dans les structures où aucune organisation syndicale n’avait présenté de liste de candidats lors du premier tour.

La CNEP indique par ailleurs que des reprises intégrales du scrutin auront lieu dans les entreprises et administrations où le vote n’a pu se tenir normalement, notamment en raison de cas de force majeure, d’incidents techniques ayant empêché l’ouverture des bureaux de vote, de défauts d’acheminement du matériel électoral ou encore d’irrégularités constatées par la Commission.

Des critiques syndicales de plus en plus fortes

Cette annonce intervient dans un contexte de forte contestation autour de ces élections destinées à mesurer la représentativité syndicale au Gabon. Plusieurs centrales syndicales avaient dénoncé des dysfonctionnements dans l’organisation du scrutin, particulièrement à Libreville, où des retards, des difficultés logistiques et des problèmes d’accès au matériel électoral avaient été signalés.

Alors que les autorités avaient, dans un premier temps, évoqué une « satisfaction globale » du déroulement des opérations électorales malgré quelques « ajustements » dans la capitale, les nouvelles mesures annoncées par la CNEP traduisent une prise en compte des critiques formulées par les syndicats.

Pour plusieurs observateurs du dialogue social gabonais, cette volte-face apparaît comme une tentative d’éviter une crise de légitimité autour de la représentativité des organisations syndicales appelées à défendre les intérêts des travailleurs dans les prochaines années.

Un enjeu de crédibilité pour le dialogue social

Dans son communiqué, la CNEP appelle les opérateurs économiques et les administrations concernés à transmettre les nouveaux procès-verbaux dès la clôture du dépouillement. La Commission insiste également sur « l’importance de la participation de tous » afin de garantir « la légitimité des futurs représentants des travailleurs ».

Le scrutin du 13 mai sera ainsi particulièrement observé par les partenaires sociaux, alors que plusieurs syndicats réclament davantage de transparence dans le processus électoral et une meilleure organisation logistique afin d’éviter la répétition des difficultés relevées lors du premier tour.

 
GR
 

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