Transport suburbain à Owendo : La dictature des 200 francs ou le racket silencieux des clandomans
Au marché d’Akournam 2, dans le deuxième arrondissement de la commune d’Owendo, emprunter un clando relève de plus en plus de la contrainte. Faute de petite monnaie, de nombreux passagers sont contraints de payer jusqu’au double du tarif habituel pour rallier la SEEG d’Akournam, Rougier ou encore le lycée technique. Une pratique décriée par les usagers, mais qui semble s’installer durablement dans une indifférence quasi générale.

Vue des clandos en partance pour le Lycée technique et le quartier Awoungou, le 25 avril 2026 à Akournam 2 (Owendo) : sur ces lignes, faute de monnaie, le tarif passe souvent du simple au double. © GabonReview
Ce samedi 25 avril 2026, au niveau du marché d’Akournam 2, la scène est presque devenue banale. Pour un trajet officiellement fixé à 100 francs CFA, certains passagers déboursent jusqu’à 200 francs, simplement parce qu’ils ne disposent pas de monnaie. Une situation qui suscite incompréhension et frustration. Sur les lignes desservant la SEEG, Rougier, la pharmacie du lycée technique ou encore Awoungou, le constat est le même : sans pièce de 100 francs, difficile d’échapper à ce supplément imposé. «Ici à Akournam, les chauffeurs sont des rois. Tu n’as pas la monnaie, tu entends seulement : “je prends 200”. Et comme tous disent la même chose, tu es obligé de payer si tu es pressé », confie une cliente rencontrée sur place.
À ses côtés, un autre usager s’interroge sur cette pénurie persistante de monnaie : « Ils travaillent de 7 heures à 20 heures, voire 21 heures, mais ils n’ont jamais de pièces. Même quand vous êtes deux avec 500 francs, ils rechignent. On dirait qu’ils se sont passé le mot».
Face à cette situation, certains usagers tentent de s’adapter. Une élève du lycée technique explique qu’elle prend désormais ses précautions : « Je m’arrange à chercher les pièces la veille. Sinon, mon budget transport de la semaine est complètement déséquilibré, alors que j’ai aussi des dépenses à l’école», explique-t-elle. Interrogés, les clandomans n’ont pas souhaité s’exprimer en détail. L’un d’eux, opérant sur la ligne pharmacie du lycée technique–marché d’Akournam 2, s’est contenté de répondre : «C’est pour faciliter la monnaie. Si les clients ne veulent pas payer 200 sur 500, ils n’ont qu’à avoir 100 francs. Ce n’est pas un débat», a-t-il asséné avant de démarrer son véhicule et de partir.
Ainsi, derrière cette apparente banalité, les usagers dénoncent une pratique qui, cumulée sur la durée, représenterait un manque à gagner considérable pour les populations. Certains appellent même à une intervention des autorités municipales afin de réguler ce qu’ils considèrent comme un abus.
Si rien n’est fait, cette “taxe informelle” risque de s’ancrer dans les habitudes au fil du temps, au détriment des passagers déjà confrontés aux difficultés du quotidien. À Akournam 2, la question de la monnaie pourrait bien devenir celle de trop.
Thécia Nyomba












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