Réunis à Libreville depuis le 27 avril 2026, les représentants des États membres de l’Asecna et les partenaires sociaux ont entamé des discussions stratégiques pour refonder le dialogue social et améliorer la gestion des ressources humaines. Ces travaux, qui s’inscrivent dans un contexte de crispations syndicales récurrentes ces dernières années, visent à prévenir de nouvelles crises au sein de l’agence.

Le ministre d’Etat aux Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, ouvrant officiellement les travaux, le 27 avril 2026 (capture d’écran). © GabonReview

 

Libreville abrite depuis le 27 avril 2026 l’ouverture des travaux de l’organe communautaire de concertation et de négociation de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna). Jusqu’au 12 mai prochain, représentants des États membres et partenaires sociaux planchent sur les mécanismes destinés à renforcer le dialogue social et à moderniser la gestion des ressources humaines, dans un contexte marqué par des tensions sociales persistantes.

Des négociations sur fond de crispations sociales

Ces assises interviennent en effet après plusieurs années de revendications syndicales dénonçant notamment la dégradation des conditions de travail, l’absence de revalorisation salariale et l’insuffisance des moyens humains et techniques. À titre illustratif, l’intersyndicale des travailleurs de l’Asecna au Sénégal a récemment brandi la menace d’une grève susceptible de perturber le trafic aérien national.

Face à ces défis, l’objectif affiché est clair : bâtir un cadre de travail à la fois ambitieux et réaliste, capable de concilier performance institutionnelle, progrès social et soutenabilité financière. Cette rencontre constitue ainsi un espace privilégié de dialogue entre l’administration et les représentants du personnel autour des enjeux de gouvernance sociale et des conditions de travail.

«Cette rencontre revêt une signification particulière à plus d’un titre. Elle intervient à un moment charnière de la vie de notre agence, marquée par les transformations profondes de notre environnement industriel et opérationnel», a souligné le directeur général de l’Asecna, Prosper Zo’o Minto’o, lors de la cérémonie d’ouverture.

Appel à la responsabilité et à l’intérêt communautaire

Photo de famille à l’issue de la cérémonie d’ouverture des travaux. © Gabonactu.com

Même tonalité du côté des autorités gabonaises. En ouvrant officiellement les travaux, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi a exhorté les parties prenantes à privilégier l’intérêt supérieur de la coopération africaine. Il a notamment insisté sur la nécessité d’aboutir à un accord garantissant la viabilité financière de l’agence, condition essentielle à sa crédibilité et à son rayonnement international.

«J’invite l’ensemble des parties prenantes […] à faire de cette session un véritable moment d’intelligence collective et de responsabilité partagée», a déclaré le ministre d’Etat aux Transports, appelant à transcender les divergences au profit d’une cause commune.

Un contrat d’entreprise attendu pour 2026-2028

Durant les travaux, plusieurs thématiques structurantes seront examinées en atelier, notamment l’amélioration du dialogue social, la gestion des ressources humaines et les mécanismes de prévention et de résolution des conflits professionnels. L’enjeu est d’anticiper les tensions plutôt que de les subir.

À l’issue des discussions, les parties devraient signer un «contrat d’entreprise» couvrant la période 2026-2028. Ce document, présenté comme un instrument central de gouvernance sociale, traduira en engagements concrets la volonté de concilier exigences opérationnelles et attentes sociales.

Si certains acteurs internes tempèrent l’urgence — «il n’y a pas de crise sociale majeure actuellement», confie un délégué du personnel —, tous s’accordent néanmoins sur la nécessité d’inscrire ces négociations dans une logique préventive.

Institution stratégique regroupant 18 États africains et la France, l’Asecna joue un rôle déterminant dans la sécurisation de l’espace aérien du continent. La réussite de ces négociations apparaît dès lors comme un enjeu majeur, tant pour la stabilité sociale de l’agence que pour la continuité et la qualité des services de navigation aérienne en Afrique.

 
GR
 

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