À Libreville, plus de 800 enseignants issus des établissements confessionnels haussent le ton. Faute de régularisation de leur situation administrative, ils annoncent une suspension imminente des cours, relançant le débat sur l’équité au sein du système éducatif gabonais.

Duphy Minto’o Ella, porte-parole du collectif, le 27 avril 2026. © GabonReview

 

Ce lundi 27 avril 2026, à Libreville, des enseignants de l’éducation nationale issus des ordres confessionnels ont manifesté devant le ministère de la Fonction publique pour exiger la régularisation de leur statut administratif. Réunis en collectif, ils dénoncent une situation qu’ils jugent injuste et préviennent qu’ils suspendront les cours à compter du 4 mai prochain si aucune solution n’est trouvée.

Selon les représentants du mouvement, plus de 800 enseignants sont concernés par cette situation qui perdure depuis plusieurs années. Ces derniers, issus des réseaux catholique, protestant, de l’Alliance chrétienne et islamique, estiment que leur intégration effective dans la Fonction publique reste bloquée malgré des engagements antérieurs des autorités.

«Depuis 2023, des postes budgétaires ont été accordés, des démarches administratives ont été engagées, mais rien n’avance concrètement», a déclaré Duphy Minto’o Ella, porte-parole du collectif. Il rappelle qu’un arrêté, une commission et des fiches administratives ont été mis en place, sans déboucher sur une régularisation effective à ce jour.

Un sentiment d’iniquité dans le traitement des dossiers

Le collectif évoque également un sentiment d’iniquité dans le traitement des dossiers. «Il y a un traitement à deux vitesses. La parole donnée par le chef de l’État n’est pas respectée», a-t-il ajouté, faisant référence à des annonces faites en début d’année 2026.

Au-delà de la revendication statutaire, les enseignants soulignent les conséquences directes de cette situation sur leurs conditions de travail et, par ricochet, sur la qualité de l’encadrement des élèves. Pour eux, la régularisation constitue un préalable indispensable à un fonctionnement optimal du système éducatif.

Face à l’absence de réponse concrète, le collectif durcit le ton. Il annonce une suspension des cours dans les établissements concernés dès le 4 mai, une mesure qui pourrait perturber significativement le calendrier scolaire si aucune issue n’est trouvée d’ici là.

Ce mouvement remet ainsi au premier plan la question sensible de l’intégration et de l’égalité de traitement entre les différents corps enseignants au Gabon, dans un contexte où les attentes sociales autour de l’école demeurent particulièrement élevées.

 

 
GR
 

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