Élections professionnelles au Gabon : Fridolin Mve Messa réclame l’annulation d’un scrutin «entaché d’irrégularités»
Au lendemain des premières élections professionnelles organisées au Gabon, le 28 avril 2026, les critiques se multiplient. L’ancien leader du Syndicat de l’éducation nationale (SENA), Fridolin Mve Messa, dénonce un « fiasco » et appelle à l’annulation pure et simple du scrutin, pointant de graves dysfonctionnements organisationnels et un déficit de crédibilité.

L’ancien leader du Syndicat de l’éducation nationale (SENA), Fridolin Mve Messa. © D.R.
Les premières élections professionnelles tenues au Gabon le 28 avril 2026 sont déjà fortement contestées. Dans une publication Facebook datée du 4 mai, Fridolin Mve Messa, figure historique du syndicalisme dans le secteur éducatif, qualifie le scrutin de « véritable échec » et en demande explicitement l’annulation, suivie d’une reprise « pour la renommée des parties prenantes ».
Au cœur de ses griefs : des dysfonctionnements logistiques majeurs. L’ancien leader du SENA évoque notamment l’absence de matériel électoral et le défaut de bulletins de vote pour certains candidats. Selon lui, plus d’une centaine de centres de vote n’ont pas été opérationnels, empêchant une large partie des électeurs de s’exprimer.
À ces difficultés s’ajoutent des retards significatifs dans le déroulement des opérations. « Le vote a débuté, dans l’ensemble, au-delà de 13 heures pour prendre fin à plus de 20h30 », relève-t-il, citant le cas de Bitam. Des conditions qui, selon lui, ont compromis la participation et la transparence du scrutin.
Les chiffres avancés renforcent ce constat critique. Sur une population électorale de plus de 26 000 agents dans le secteur concerné, seuls 12 000 auraient effectivement voté dans les bureaux ayant fonctionné, laissant près de 14 000 électeurs sans possibilité de participation. Une situation que Fridolin Mve Messa considère comme de nature à « remettre en cause la crédibilité du vote et celle des représentants syndicaux ».
Des autorités qui reconnaissent des manquements
Face à ces critiques, le gouvernement admet des insuffisances. La ministre du Travail, Jacqueline Ilogue-Bignoumba, a reconnu des manquements, notamment à Libreville. Elle a toutefois mis en avant un taux de participation national estimé à 64 %, soit 36 500 votants sur environ 57 000 inscrits, pour 109 syndicats en lice.
Dans une tentative d’apaisement, la ministre a annoncé l’ouverture d’une période de réclamations du 5 au 7 mai au gouvernorat de l’Estuaire, siège de la Commission nationale des élections professionnelles (CNEP). Le traitement de ces recours est prévu en fin de semaine, en prélude à un second tour programmé pour le 13 mai.
Une légitimité déjà fragilisée
Malgré ces mesures correctives, les critiques de Fridolin Mve Messa soulèvent une question centrale : celle de la légitimité des représentants issus de ce scrutin. Pour le syndicaliste, les irrégularités constatées sont suffisamment graves pour invalider l’ensemble du processus.
Son appel à une reprise totale des élections place désormais les autorités face à un enjeu de crédibilité, alors que ces premières élections professionnelles étaient présentées comme une avancée majeure dans l’organisation du dialogue social au Gabon.













0 commentaire
Soyez le premier à commenter.