Soupçons de détournement de postes budgétaires : plus de 800 enseignants confessionnels en grève au Gabon
En sit-in devant le ministère de la Fonction publique depuis le 27 avril 2026, les enseignants issus des ordres confessionnels ont franchi un nouveau cap lundi en suspendant les cours. En cause : la non-régularisation de leur situation administrative, qu’ils dénoncent comme une profonde injustice. Face à cette impasse, ils en appellent à l’intervention du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, pour dénouer la crise.

Une vue des enseignants en sit-in devant le ministère de la Fonction publique. © D.R.
Réunis en collectif, les enseignants de l’Éducation nationale issus des ordres confessionnels ont annoncé, lundi 4 mai 2026, la suspension des cours, à l’issue d’un point de presse tenu sur leur lieu de mobilisation à Libreville. Une décision radicale qui traduit leur exaspération face à l’absence de régularisation de leur situation administrative.
Mobilisés depuis le 27 avril devant le ministère de la Fonction publique, ces enseignants disent ne plus pouvoir attendre. Ils dénoncent une situation qu’ils jugent inéquitable, appelant à une prise en compte urgente de leur statut. Pour eux, cette suspension des cours vise à interpeller les plus hautes autorités sur une crise qui, au-delà de leur cas, relance le débat sur l’équité au sein du système éducatif gabonais.
Reçus le même jour par la ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong, les représentants du collectif affirment avoir trouvé une oreille attentive, sans pour autant obtenir de garanties concrètes. «Oui, à son niveau, elle a dit être prête à nous défendre (…), toutefois, elle ne promet rien», a rapporté le porte-parole du mouvement, Duphy Minto’o Ella.
Au cœur des préoccupations : des soupçons de détournement de postes budgétaires. Une accusation grave qui renforce la détermination du collectif à obtenir des réponses claires. Les enseignants demandent l’ouverture d’une enquête administrative, voire judiciaire, afin de situer les responsabilités. «Si des postes budgétaires ont été détournés, les Gabonais doivent savoir», ont-ils martelé, refusant de croire que de telles pratiques puissent perdurer sans réaction au sommet de l’État.
Un appel direct à Oligui Nguema
S’adressant directement au président de la République, qu’ils qualifient de «garant des institutions», les enseignants sollicitent son arbitrage pour faire toute la lumière sur cette affaire et obtenir la régularisation de leur situation, ainsi que le paiement de leurs salaires.
Déterminés, ils annoncent le maintien de leur mouvement. Le piquet de grève restera en place jusqu’à satisfaction de leurs revendications. Le collectif prévoit même d’étendre sa mobilisation, avec l’installation d’un nouveau piquet devant l’Assemblée nationale.
Selon leurs chiffres, plus de 800 enseignants issus des réseaux catholique, protestant, de l’Alliance chrétienne et islamique sont concernés par cette crise, qui pourrait avoir des répercussions durables sur le fonctionnement des établissements scolaires.
Thécia Nyomba













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