Et si l’intelligence artificielle devenait la meilleure alliée de la biodiversité gabonaise ? C’est le pari qu’ont relevé Mozaic Earth et Gentian, lauréates du Challenge Open Innovation 2025 d’Eramet, qui déploient sur les sites d’Eramet-Comilog une solution innovante de suivi écologique. En ligne de mire : mesurer précisément l’état des écosystèmes après réhabilitation et objectiver l’impact environnemental des activités industrielles.

Quelques images des études produites par Mozaic Earth et Gentian. © D.R.

 

Longtemps cantonnée à la sphère technologique, l’intelligence artificielle s’invite désormais au cœur de la préservation de la biodiversité. Au Gabon, une expérimentation inédite vient l’illustrer : les start-ups Mozaic Earth et Gentian, lauréates du Challenge Open Innovation 2025 d’Eramet, y testent en conditions réelles une solution innovante de suivi écologique, destinée à produire des indicateurs fiables sur l’état des écosystèmes, notamment sur les sites réhabilités après exploitation minière.

Complémentarité technologique des deux entreprises

Le projet repose sur la complémentarité technologique des deux entreprises. Gentian a mobilisé son expertise en analyse des données satellitaires haute résolution et en imagerie drone pour entraîner un modèle d’intelligence artificielle capable d’évaluer les habitats à grande échelle. Mozaic Earth, de son côté, a conçu une plateforme numérique permettant de centraliser, visualiser et analyser les données issues du terrain, qu’elles proviennent de drones, de satellites ou de photographies in situ. La robustesse scientifique du dispositif a été renforcée par la certification d’un échantillon de données par des écologues, avec l’appui de l’Herbier national du Gabon. Ce qui a ainsi garantit la qualité de l’identification des espèces et l’apprentissage du modèle.

L’étude, menée entre septembre et décembre 2025 en collaboration avec Eramet-Comilog et la Fondation Lékédi Biodiversité, s’est déployée sur cinq parcelles représentatives de différents états écologiques. Deux zones situées à Bakoumba, une savane naturelle et une savane en régénération, ont été comparées à trois sites de Moanda, marqués par divers stades de réhabilitation post-minière. Les données collectées par satellite et drone ont été complétées par des campagnes photographiques au sol, réalisées par des équipes locales formées. L’ensemble a été intégré dans une plateforme décrite comme le “Google Earth” de la biodiversité, offrant une vision multi-échelle et dynamique des écosystèmes étudiés.

«Ce projet permet une démonstration scientifique et transparente de la qualité de nos actions de restauration»

Pour évaluer la qualité écologique des parcelles, les équipes se sont appuyées sur des standards reconnus, notamment la méthodologie du Wallacea Trust. Cette méthodologie permet non seulement de comparer les niveaux de biodiversité entre sites, mais aussi d’identifier leurs fragilités et de suivre leur évolution dans le temps. L’un des apports majeurs de cette solution réside dans la combinaison de données aériennes et d’observations de terrain, pour dépasser les approches précédentes, souvent restreintes à une seule source d’information et donc moins fiables ou moins exhaustives.

Au terme des travaux, les résultats obtenus se révèlent particulièrement prometteurs. L’outil développé permet d’envisager un suivi à long terme de la restauration écologique, en mesurant la santé des espèces plantées et en détectant la recolonisation naturelle, y compris par des espèces non introduites ou invasives. Cette capacité d’analyse ouvre la voie à une gestion adaptative des sites réhabilités. Comme l’a indiqué Bellolia Nzagou Migueli, Ingénieure Biodiversité à Eramet-Comilog, «il y a un gain très significatif en temps et en ressource. Ce projet permet une démonstration scientifique et transparente de la qualité de nos actions de restauration».

 
GR
 

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