Africa Forward 2026 : Nairobi au cœur du renouveau des relations France-Afrique, du 11 au 12 mai
Les 11 et 12 mai 2026, Nairobi deviendra l’épicentre d’un dialogue renouvelé entre la France et le continent africain à l’occasion du sommet «Africa Forward : Partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance». Cet événement se tiendra pour la première fois dans un pays anglophone. Il affirme une volonté assumée de dépasser les cadres traditionnels. Plus qu’un simple sommet diplomatique, il incarne une plateforme d’échanges orientée vers l’action, où les enjeux économiques, technologiques, sportifs et culturels seront abordés dans une logique de co-construction.

Cet événement se tiendra pour la première fois dans un pays anglophone pour dépasser les cadres traditionnels des relations entre la France et l’Afrique. © D.R.
La capitale kényane, Nairobi, abritera, le 11 et 12 mai 2026, le sommet «Africa Forward». Un événement organisé par la France et le Kenya qui va marquer un nouveau chapitre dans les relations entre la France et l’Afrique. Organisé pour la première fois dans un pays anglophone, l’événement qui enregistrera la participation d’une trentaine de chefs d’État et de gouvernements, de chefs d’entreprise, de sportifs, d’acteurs culturels et de la société civile vise à dépasser les approches traditionnelles. Il se présente comme une plateforme concrète et collaborative, centrée sur l’innovation et la croissance, où divers domaines, économie, technologie, sport, culture sont abordés dans une dynamique de co-construction. Pour les Français établis en Afrique, il s’agit d’un moment charnière pour appréhender les mutations profondes des relations bilatérales.
«C’est un sommet du futur»
Historiquement, les sommets Afrique-France étaient associés à une logique d’influence héritée des indépendances, souvent résumée sous le terme de «Françafrique». Initiés en 1973, ces rassemblements traduisaient une relation verticale, centrée sur les États et les réseaux politiques. Toutefois, une évolution progressive s’est amorcée à partir des années 1990, avec une ouverture vers des préoccupations démocratiques et une diversification des interlocuteurs. Le tournant est intervenu en 2021 avec le sommet de Montpellier, qui a rompu avec les codes établis en donnant la parole à la société civile africaine. L’ambition était de «réinventer la relation» en favorisant un dialogue direct, affranchi des circuits institutionnels classiques.
Dans ce contexte, Africa Forward 2026 s’inscrit dans une dynamique où la France cherche à redéfinir sa place sur un continent devenu hautement concurrentiel. «Les pays africains diversifient leurs partenaires, aujourd’hui, la France le fait aussi», indiquent des sources proches du dossier. Malgré un stock d’investissements directs étrangers dépassant 50 milliards d’euros, la part de marché français a significativement reculé, confrontée à l’expansion de nouveaux acteurs internationaux. La Chine domine désormais les infrastructures, la Russie s’impose dans certains domaines sécuritaires, tandis que les États-Unis renforcent leur partenariat économique via de nombreuses initiatives. Face à cette recomposition, la stratégie française repose sur une diversification sectorielle et sur sa diaspora. Cette présence humaine, ancrée localement, constitue un avantage comparatif durable dans un environnement où la compréhension fine des réalités locales est déterminante. «C’est un sommet du futur», ont indiqué ces sources, précisant qu’«une partie de notre futur se joue avec l’Afrique».
Africa Forward 2026 va tracer les contours d’un futur où la coopération se construit dans la diversité, la durabilité et l’ambition partagée
Le choix de Nairobi illustre parfaitement cette volonté de projection vers de nouveaux horizons. Le Kenya, véritable hub économique et technologique de l’Afrique de l’Est, offre un terrain propice à des partenariats innovants. Surnommée la «Silicon Savannah», sa capitale concentre un écosystème numérique en pleine expansion, aligné avec les priorités françaises en matière d’innovation. Les discussions porteront notamment sur des secteurs stratégiques, tels que la transition écologique, la souveraineté alimentaire, la santé, ou encore les infrastructures numériques. Des initiatives concrètes sont attendues, qu’il s’agisse du développement de solutions énergétiques durables, de projets de télémédecine ou encore de collaborations en intelligence artificielle. «L’offre française est très bonne. Elle est parmi la meilleure au monde. On a une offre de qualité», précisent encore ces sources.
Au-delà des annonces, ce sommet symbolise une transformation plus profonde, à savoir celle d’un partenariat désormais fondé sur l’équilibre et la réciprocité. Ce qui fait dire à une source française participant à cette organisation que «nous voulons accentuer cette croissance des liens avec l’Afrique». Dans un contexte où l’Afrique s’impose comme un moteur de croissance mondiale, la France ne peut plus se contenter d’un rôle historique. Elle doit donc s’inscrire dans une logique d’innovation et d’adaptation. Au cœur d’une relation en mutation, entre héritage et renouveau, Africa Forward 2026 va de ce fait tracer les contours d’un futur où la coopération se construit dans la diversité, la durabilité et l’ambition partagée.













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