Le ministre du Logement, Mays Mouissi, participe à la treizième session du Forum urbain mondial (WUF13), ouverte à Bakou jusqu’au 22 mai sous le thème «Loger le monde : des villes et communautés sûres et résilientes». Devant la session interministérielle, il a présenté la stratégie gabonaise de l’habitat avant d’accorder une interview à l’agence azerbaïdjanaise Azertac.

Mays Mouissi, retransmis sur écran géant, lors de son allocution devant la session interministérielle de la 13e session du Forum urbain mondial, à Bakou, le 17 mai 2026. © D.R.

 

Organisé par ONU-Habitat, le WUF13 demeure la principale plateforme internationale dédiée aux politiques urbaines et au développement durable des villes. Cette édition place au cœur des débats la croissance démographique, le dérèglement climatique, l’accès au logement et la sécurité des populations, en droite ligne de l’Objectif de développement durable n°11. Pour Libreville, le rendez-vous offre une tribune pour valoriser ses réformes et amorcer des rencontres bilatérales avec partenaires techniques, financiers et investisseurs internationaux.

Une crise mondiale, un déficit gabonais de 300 000 unités

Le ministre du Logement s’exprimant au micro de l’agence de presse azerbaïdjanaise Azertac, en marge des travaux du WUF13, à Bakou. © azertag.az

Y prononçant un discours, Mays Mouissi a rappelé l’ampleur du fléau : plus de trois milliards d’êtres humains logés dans des conditions indignes et 300 millions dépourvus de toit. En Afrique, le défi se double d’un déficit énergétique, près de 600 millions de personnes vivant encore sans électricité selon l’AIE, la Banque mondiale et la BAD.

Le Gabon n’échappe pas à la tempête : avec un taux d’urbanisation supérieur à 80 %, le pays affiche un déficit structurel estimé à 300 000 logements, aggravé par les inondations, l’érosion et les éboulements qui fragilisent les quartiers précaires.

Un peu avant Mays Mouissi, interviewé par l’agence azerbaïdjanaise Azertac, a laissé entendre : «ce forum est important parce qu’il permet d’interroger la problématique de l’urbanisation dans nos pays. Je viens d’un pays particulier qui s’appelle le Gabon où la question de l’urbanisation est une question au cœur des préoccupations des populations». Le ministre gabonais du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre a précisé : «En venant ici nous recherchons des solutions et nous venons également exposer ce que nous faisons dans notre propre pays pour une urbanisation maîtrisée et une meilleure prise en compte des préoccupations en termes d’habitat des populations».

Une réforme de rupture pilotée par la donnée

Sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema, le gouvernement a engagé une réforme visant à garantir, pour tous, l’accès à la propriété foncière, à un logement décent et aux services sociaux essentiels. Le ministre a égrené ses leviers : création du Fonds gabonais de l’habitat et du logement, accélération des partenariats public-privé, milliers de parcelles déjà disponibles à l’échelle nationale et élaboration, avec la Banque mondiale, de schémas directeurs d’aménagement et d’urbanisme pour plusieurs chefs-lieux de province.

Convaincu qu’«on ne gère bien que ce que l’on mesure», le Gabon a lancé le SCADDHA, un système de collecte et d’analyse fort de plus de 250 indicateurs couvrant l’accessibilité, le foncier, la qualité et la résilience du marché immobilier. Ce tableau de bord décisionnel doit rationaliser les investissements et renforcer l’attractivité du secteur pour les financements internationaux. Signataire du Nouvel Agenda urbain de Quito, le Gabon collabore enfin avec ONU-Habitat à l’élaboration de son futur code de l’urbanisme et de la construction.

 
GR
 

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