Accident de travail à la Sigalli : Rose Epongoye réclame justice après six années de souffrance
Victime d’un accident de travail survenu en juillet 2020 au sein de la Société industrielle gabonaise de laiterie et de liquides (SIGALLI), Rose Epongoye épouse NGombi affirme vivre depuis dans la souffrance et l’abandon. Entre problèmes de santé, procédures judiciaires et accusations de manquements sociaux, elle appelle aujourd’hui le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, à intervenir afin qu’elle obtienne réparation et une prise en charge médicale adaptée.

Une employée de la SIGALLI victime d’un accident de travail appelle à l’intervention du chef de l’État. © D.R.
À Libreville, madame Rose Epongoye épouse NGombi dit traverser l’une des périodes les plus difficiles de sa vie. Ancienne employée de la Société Industrielle gabonaise de Laiterie et de Liquides (SIGALLI), cette mère de famille, selon La plume de l’Info, affirme être abandonnée par son employeur depuis l’accident de travail dont elle a été victime en juillet 2020 au sein de l’entreprise.
Employée depuis 2012 dans le service de production de lait dans le cadre d’un contrat à durée indéterminée, elle explique que tout a basculé après une chute provoquée, selon elle, par un siège métallique défectueux. Depuis cet incident, son état de santé se serait progressivement détérioré, au point de l’empêcher aujourd’hui d’exercer toute activité professionnelle.
Les différents examens médicaux réalisés depuis plusieurs années feraient état de douleurs lombaires et articulaires persistantes, d’un pincement des vertèbres lombaires ainsi que d’atteintes aux genoux. Les médecins évoqueraient également une spondylarthrose et une lombarthrose discale débutante nécessitant des soins spécialisés et un suivi médical régulier.
Rose Epongoye affirme pourtant n’avoir bénéficié d’aucune véritable prise en charge de la part de son employeur. Avec l’aide de son époux, Jean Dedieu Ogoms NGombi, journaliste reporter à Gabon Télévision, elle aurait dû financer elle-même ses consultations médicales et ses traitements depuis 2021.
Des démarches administratives et judiciaires restées sans suite
Face à cette situation, la victime dit avoir multiplié les démarches administratives et judiciaires afin d’obtenir réparation. Une procédure aurait notamment été engagée devant le tribunal du travail dès novembre 2021. Mais, selon elle, aucune avancée significative n’a été enregistrée jusqu’à ce jour.
Elle dénonce également des pressions et des blocages qui auraient empêché l’aboutissement normal de son dossier. Selon des sources proches de l’affaire, des responsables de la SIGALLI auraient déclaré, lors d’une rencontre à l’inspection du travail en septembre 2021, avoir simplement « prêté » la somme de 600 000 FCFA pour ses soins médicaux. La victime, apprend-on, affirme par ailleurs avoir été invitée à signer un document de renonciation à son suivi médical auprès de la CNSS ainsi qu’à toute procédure de prise en charge. Une situation qu’elle considère comme une atteinte à ses droits les plus élémentaires.
Aujourd’hui contrainte de se déplacer à l’aide d’une béquille, Rose Epongoye assure vivre dans des conditions particulièrement difficiles. Elle indique également ne plus avoir perçu de salaire depuis le 31 juillet 2021. Dans son appel adressé au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, elle sollicite une intervention urgente afin que justice lui soit rendue et qu’elle puisse bénéficier d’une indemnisation complète pour poursuivre ses soins médicaux.
Cette affaire remet une nouvelle fois au centre du débat la question de la protection des travailleurs victimes d’accidents professionnels au Gabon, mais aussi celle du respect des obligations sociales des entreprises envers leurs employés.













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