Plus de six mois de détention, un Conseil supérieur de la magistrature dont il dénonce le silence, une promesse de rupture mise à l’épreuve : Francis Hubert Aubame, président du PSE-PP, hausse le ton. Dans une tribune publiée le 24 octobre, il exige « la remise en liberté pure et simple, immédiate et sans condition » de l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze, détenu depuis le 17 avril, et somme les autorités de traduire leurs engagements de réforme en actes.

Francis Hubert Aubame réclame la libération de Bilie-By-Nzé et interpelle le CSM : «La liberté d’un homme ne peut attendre la fin des discours.» © Photomontage GabonReview

 

Réuni à Port-Gentil le 16 septembre sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a affiché sa volonté de promouvoir une justice diligente, impartiale et crédible. La situation judiciaire de l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze reste pourtant, selon son défenseur politique Francis Hubert Aubame, président du Parti souverainistes-écologistes, Parti panafricaniste (PSE-PP), marquée par de nombreuses zones d’ombre.

Dans sa tribune, Francis Hubert Aubame évoque les difficultés d’accès au dossier rapportées par les avocats, les retards dans l’instruction et la prolongation de la détention préventive, dont la motivation est contestée par la défense. Il s’interroge sur l’absence de clarification publique de ces questions par l’instance chargée de veiller au bon fonctionnement de la magistrature. « Une institution qui se félicite d’avoir sanctionné des manquements professionnels […] doit pouvoir dire si elle a examiné la manière dont a été conduite la procédure la plus scrutée du pays », écrit-il. Il vise directement la cohérence entre les engagements institutionnels et le traitement des dossiers judiciaires sensibles.

Les exigences du PSE-PP

Il rappelle également les dispositions de l’article 16 de la Constitution et des articles 132 et 134 du Code de procédure pénale, qui encadrent respectivement les garanties liées à la liberté individuelle et les conditions de la détention préventive. La défense conteste la régularité de la prolongation de la détention et soulève la prescription des faits présumés, remontant à 2008. Des questions qui restent à trancher par les juridictions compétentes. Face à ces griefs, le président du PSE-PP formule des exigences précises : l’examen rapide des recours, une décision sur la prescription et une enquête de l’Inspection générale des services judiciaires. Mais sa principale revendication concerne le sort de l’ancien candidat à la présidentielle.

« Nous exigeons la remise en liberté pure et simple, immédiate et sans condition », affirme-t-il. Dans sa démarche, il relance le débat sur la crédibilité de la réforme judiciaire engagée par les autorités. Si le CSM entend restaurer la confiance des citoyens, sa capacité à faire examiner les irrégularités alléguées dans une affaire aussi sensible constitue désormais un enjeu central. Le silence institutionnel dénoncé par Francis Hubert Aubame appelle des éclaircissements, sans préjuger des décisions que rendront les juridictions saisies. Au 25 octobre 2026, Alain-Claude Bilie-By-Nze est, selon le terme de ses soutiens, « kidnappé » depuis six mois et huit jours.

 
GR
 

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