L’arrestation, mercredi soir à Libreville, d’Alain-Claude Bilie-By-Nze par des agents de la Direction générale de la recherche (DGR) a immédiatement provoqué une onde de choc dans les milieux politiques gabonais. Michel Ongoundou Loundah, président du parti d’opposition REAGIR, n’a pas tardé à réagir avec une déclaration aussi tranchante que solennelle, dans laquelle il voit, derrière un prétendu litige de droit commun, le visage nu d’un pouvoir aux abois.

L’arrestation de Bilie-By-Nze offre au président de REAGIR, Michel Ongoundou Loundah, le prétexte d’une charge totale contre un pouvoir qu’il accuse d’avoir «abandonné le contrat social». © GabonReview (montage)

 

C’est par une déclaration au titre-programme que Michel Ongoundou Loundah a choisi d’ouvrir le feu : «La peur ne gouvernera pas le Gabon !» Cinq mots qui claquent comme un avertissement et fixent, dès l’entame, la tonalité d’un texte sans concession. Une phrase courte, volontairement martelée, qui emprunte à la rhétorique du discours fondateur autant qu’à celle du communiqué de résistance, et qui situe la riposte de REAGIR non pas sur le terrain des arguties juridiques, mais sur celui, bien plus vaste, des libertés publiques et de la dignité politique.

L’interpellation de l’ancien Premier ministre, survenue sans convocation ni mandat selon son entourage, a ainsi fourni à REAGIR l’occasion d’une charge politique frontale. Pour Ongoundou Loundah, la forme même de l’opération est accablante : «quels qu’en soient les motifs», écrit-il, une arrestation exécutée dans ces conditions «s’apparente à un enlèvement». Une formule qui situe d’emblée le débat bien au-delà de la sphère judiciaire.

Un pouvoir qui détourne le regard

Loin de se limiter au cas Bilie-By-Nze, le président de REAGIR convoque la réalité quotidienne des Gabonais pour étayer son réquisitoire. «Pendant que les Gabonais subissent d’interminables coupures d’eau et d’électricité, une explosion du coût de la vie, une paupérisation et une insécurité endémiques», martèle-t-il, «le régime détourne le regard des urgences sociales pour s’acharner contre les voix libres.» Le tableau est sombre, et volontairement sans nuance : celui d’un État qui aurait substitué la peur au projet.

Le diagnostic posé par Ongoundou Loundah est celui d’un «abandon du contrat social au profit d’une logique de contrôle». Un glissement qu’il interprète comme l’aveu d’une impuissance politique : «lorsqu’un pouvoir n’a plus de réponses à offrir à son peuple, il tente de faire taire ses critiques

L’histoire comme tribunal

Le leader de REAGIR convoque l’histoire en guise de verdict. «Aucune nation ne se construit dans le silence imposé», tranche-t-il, avant d’égrener ce que le Gabon mérite à ses yeux : «mieux que la peur, mieux que la censure d’Internet, mieux que la répression», une allusion directe aux suspensions des réseaux sociaux ordonnées à la mi‑février 2026. Il conclut sur une mise en garde tenant de la prophétie politique : «tôt ou tard, les aspirations légitimes de notre peuple finiront par trouver leur voix.»

Une déclaration qui, par sa densité et son registre délibérément solennel, entend peser dans le débat public bien au-delà du sort judiciaire d’un ancien chef de gouvernement.

 
GR
 

1 Commentaire

  1. akoma mba dit :

    On aide Ali Bongo à fuir avec tout ce qu’il a pillé et on arrête son Premier Ministre pour de l’argent de poche et pendant ce temps les détourneurs du Copil se la coulent douce et d’autres continuent à détourner
    Pauvre Gabon. De la poudre aux yeux alors qu on est incapable de payer des rappels de soldes aux moribonds qui meurent au jour le jour sans toucher leur dû

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