Après la rencontre entre le médiateur de la République, Alexis Boutamba Mbina, et les syndicalistes de la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), la ministre du Travail, Jacqueline Bignoumba, entend désormais reprendre la main sur le dossier. Une démarche qui vise à préserver le dialogue social et à éviter le déclenchement d’une grève au sein de cette entreprise minière importante.

La ministre du Travail et du Plein Emploi, Jacqueline Bignoumba recevant le dossier de Comilog des mains du médaiteur de la République Alexis Boutamba Mbina, le 6 août 2026. © GabonReview

 

La menace de grève qui planait sur la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog) semble désormais suspendue grâce à l’intervention de la médiature. En effet, trois jours après avoir échangé avec les représentants syndicaux de l’entreprise, le médiateur de la République, Alexis Boutamba Mbina, a reçu le 6 août 2026, l’administrateur-directeur général de la Comilog, avant de transmettre le dossier à la ministre du Travail, Jacqueline Bignoumba.

«Mes services provinciaux du Travail ont pris en main ce dossier. Donc, la séance de travail de cet après-midi avec Monsieur le Médiateur de la République consistait à me remettre le dossier parce qu’effectivement, c’est un dossier qui relève du ministère du Travail et pour que nous puissions prendre le relais dans la résolution de ce problème», a expliqué la ministre.

Quelques étapes des rencontres à la médiature. © GabonReview

Selon Jacqueline Bignoumba, les services du ministère sont déjà à pied d’œuvre depuis le début de la semaine afin de rapprocher les deux parties et de trouver une issue négociée au différend qui oppose les travailleurs à la direction générale de la Comilog. Les discussions se poursuivent notamment à Moanda entre les services provinciaux du Travail, les délégués du personnel et les représentants de la direction de l’entreprise.

Préserver le dialogue social

Si l’intervention du médiateur de la République a contribué à désamorcer la situation, la ministre du Travail insiste sur la nécessité de maintenir les négociations. «L’intervention du médiateur de la République a permis de suspendre du moins cette grève et l’entrée en négociation, qui avait déjà été demandée d’ailleurs par mes services au niveau de Moanda», a-t-elle précisé.

Pour le membre du gouvernement, l’heure n’est donc pas à la confrontation, mais à la recherche d’un compromis. «Nous ne voulons pas de grève. S’il y a un problème, il faut qu’on reste dans le dialogue social. Il doit être résolu dans le dialogue social», a martelé Jacqueline Bignoumba. Cette volonté s’inscrit, selon elle, dans une démarche plus large visant à consolider le dialogue social dans l’ensemble du monde du travail, aussi bien dans le secteur privé que dans le parapublic et le public.

La Comilog, un acteur important

La situation à Comilog revêt une importance particulière dans le contexte actuel marqué par la volonté des autorités de renforcer la transformation locale des ressources minières. La ministre rappelle ainsi le rôle important de l’entreprise dans la filière manganèse et, plus largement, dans l’ambition de transformation des ressources minières portée par les autorités gabonaises. «Aujourd’hui, le chef de l’État se bat pour la transformation du manganèse. Pas seulement le manganèse, aujourd’hui on parle du manganèse, mais c’est toutes les mines qui sont exploitées au Gabon», a-t-elle souligné.

Dans ce contexte, Jacqueline Bignoumba estime qu’une crise sociale durable au sein de la Comilog serait préjudiciable aux objectifs poursuivis. «Les bruits de bottes ne sont pas appréciés actuellement», a-t-elle lancé, appelant les parties à privilégier la concertation et l’apaisement, comme l’a conseillé Alexis Boutamba Mbina aux deux parties.

Désormais en possession du dossier, la ministre entend suivre personnellement l’évolution des négociations. «Je suis avec beaucoup d’intérêt ces travaux», a-t-elle assuré, avant de se dire prête à intervenir directement sur le terrain si la situation l’exige. «S’il y a besoin, s’il y a le moindre besoin, je suis prête à prendre l’avion à n’importe quel moment pour aller sur Moanda et trouver des solutions idoines dans le dialogue avec les deux parties», a conclu Jacqueline Bignoumba.

Une implication qui traduit la volonté du ministère du Travail de prévenir toute escalade du conflit et de parvenir à une solution négociée entre les travailleurs et la direction générale de la Comilog.

 

 
GR
 

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