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Consty Ondo et Gérald Agaya, deux activistes pris la semaine dernière par des agents puis gardés au secret à la Direction générale de recherches (DGR), ont été placés en détention préventive mercredi. Mobiles, “entente établie dans le but de commettre des infractions ; actes ou manœuvres de nature à compromettre la sécurité publique”, “destruction de biens”, entre autres.

© Gabonreview/Shutterstock

 

Consty Ondo et Gérald Agaya, deux jeunes “résistants” anti-pouvoir ayant participé à plusieurs manifestations de l’opposition par le passé, ont été placés en détention préventive à la prison centrale de Libreville pour «entente établie dans le but de commettre des infractions, actes ou manœuvres de nature à compromettre la sécurité publique, à provoquer des troubles ou manifestations contre l’autorité de l’Etat, propagande tendant à troubler l’ordre public, incitation à la révolte, destruction de biens», rapporte le défenseur des droits de l’Homme Marc Ona.

Au nom de l’ONG Tournons la Page (TLP), dont il est le représentant au Gabon, Marc Ona a aidé à constituer la défense des deux jeunes hommes, avec les avocats Me Charles-Henri Gey et Me Anges Kevin Nzigou.

Soupçonnés de l’incendie du stade d’Oyem : impossible, preuves à l’appui, selon des proches

Longtemps, les proches ont pensé que les arrestations de Consty Ondo et Gérald Agaya étaient liés à leur activisme depuis 2016 et leurs participations aux manifestations pro-Ping. Une source judiciaire a évoqué, mardi à Gabonreview, qu’ils sont aussi soupçonnés de l’incendie du stade d’Oyem mi-avril 2020, au même titre que Merlain Ella, un autre “résistant” actuellement en garde à vue à Oyem. Ce dernier s’est rendu aux gendarmes de lui-même mardi soir, après des jours de traque.

Les faits qui leur sont reprochés sont totalement impossibles, selon les proches de ces trois jeunes hommes, contactés par Gabonreview. Ils disent pouvoir prouver que Consty, Gérald et Merlain ne pouvaient pas être au stade d’Oyem en avril.

Consty et Gérald étaient à Libreville, où le couvre-feu et l’interdiction de se déplacer en province étaient déjà en vigueur, selon leurs proches. A titre de première preuve, Gabonreview a reçu un papier de rendez-vous médical à Libreville de Gérald, daté du 17 avril. Ce dernier, juriste, était en télétravail pour un cabinet de conseil et vivait seul avec sa grand-mère à la cité Likouala. Consty Ondo, 24 ans et chômeur, s’est rendu en avril à plusieurs fêtes entre amis sur Libreville, témoigne un proche. Quant à Merlain Ella, il était malade d’une hernie, dont il a été opéré récemment, selon une personne de son entourage qui ajoute qu’elle aurait remarqué son absence.

Entraves aux procédures, la société civile parle de “kidnappings”

La manière dont les deux hommes ont été arrêtés puis entendus à la Direction générale des recherches (DGR) de Libreville ont été qualifiées de «kidnappings» par la société civile dont fait partie Marc Ona.

Consty Ondo s’est fait prendre le mardi 12 août lors d’un contrôle sur la route par des hommes encagoulés, alors qu’il rentrait chez lui le soir en taxi-clando, avec sa mère. Les forces de l’ordre auraient dû se présenter, et être ainsi reconnaissables. L’heure de l’interpellation, après 19 heures, ainsi que le lieu, dans un taxi, sont aussi à questionner. La loi prévoit l’arrestation à domicile entre 6 heures et 19 heures, sauf en cas de flagrant délit. Gérald a quant à lui été pris à domicile, le 13 avril, et les agents n’étaient pas encagoulés, relate un proche.

Lors de la garde à vue, les noms de Consty Ondo et Gérald Agaya ne figuraient pas sur le registre de la DGR de Libreville, où ils étaient pourtant gardés, se souviennent leurs proches. Une autre entrave à la procédure, estime les membres de la société civile. De même, les motifs de leurs arrestations sont restés flous.

Consty Ondo et Gérald Agaya ont bien pu, cependant, avoir accès à un avocat à la DGR, comme le prévoit la loi.

 
GR
 

2 Commentaires

  1. Kiliane dit :

    Dans ce pays, les criminels et voleurs sont libres et les honnêtes gens en prison.

  2. ikafi dit :

    faisons la rue , un point un trait, selon Omar Bongo

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