Le gouvernement veut revoir en profondeur l’organisation de l’administration gabonaise pour l’adapter aux exigences de la Ve République. Ouvert lundi 5 octobre à Libreville par le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, un séminaire consacré à la simplification de l’architecture institutionnelle doit notamment s’attaquer aux chevauchements de compétences, à la dispersion des responsabilités et à la longueur des circuits de décision.

Le vice-président du gouvernement Hermann Immongault, ouvrant les travaux, le 5 octobre 2026. © D.R.

 

La réforme de l’État passe désormais par un grand ménage institutionnel. En application de la circulaire présidentielle du 8 mai 2025, le ministère de la Réforme et des Relations avec les Institutions a réuni les principaux acteurs concernés autour d’un objectif : poser les bases d’une administration plus lisible, plus cohérente et surtout plus efficace.

Pour le ministre de la Réforme, François Ndong Obiang, cette démarche répond à une exigence de modernisation de l’État. «Pour répondre aux aspirations des populations, l’État doit être lisible, prévisible et efficace», a-t-il souligné, appelant les participants à faire de ce séminaire un espace de propositions concrètes. «Chaque échange, chaque voix, chaque proposition doit nourrir une administration qui parle le langage des citoyens, qui agit avec promptitude et qui demeure fidèle à l’éthique républicaine», a-t-il ajouté.

Au-delà du diagnostic, le gouvernement entend revoir les mécanismes qui ralentissent aujourd’hui l’action publique. Doublons institutionnels, compétences mal délimitées, responsabilités diluées et procédures trop lourdes figurent parmi les principaux écueils identifiés. L’ambition est de raccourcir les circuits de décision et de renforcer la sécurité juridique de l’action administrative.

Trois piliers pour un État plus efficace

Les membres du gouvernement lors du lancement du séminaire. © D.R.

Présidant l’ouverture des travaux, Hermann Immongault a fixé le cap. «L’objectif de notre séminaire est de rendre l’administration non seulement lisible, mais également intelligible, efficace, mais aussi digne de la confiance que les Gabonais placent en leurs institutions», a-t-il déclaré.

La future architecture de l’exécutif devrait ainsi s’articuler autour de trois piliers : un centre de décision stratégique, une coordination gouvernementale effective et une administration structurée autour de l’exécution et de la redevabilité.

Pour le vice-président du gouvernement, cette réorganisation doit permettre d’éviter que les décisions ne se perdent dans les méandres administratifs. «Que la décision publique ne se perde plus dans les circuits administratifs, que la responsabilité ne se dilue plus dans les structures organisationnelles et que l’action de l’État soit évaluée à l’aune de ses résultats », a-t-il insisté. Il ne s’agit donc pas, selon lui, de créer une administration supplémentaire, mais de construire un appareil d’État «à la hauteur des ambitions de la Ve République» et des attentes des citoyens.

Les travaux, qui s’achèvent ce mardi 6 octobre 2026, doivent déboucher sur un document de référence assorti de feuilles de route opérationnelles, de priorités clairement définies et d’un calendrier d’exécution réaliste. À terme, l’enjeu sera de transformer cette nouvelle architecture institutionnelle en gains concrets pour l’administration comme pour les usagers.

 
GR
 

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