L’interpellation jugée brutale de l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze, le 15 avril 2026 à Libreville, déclenche une vive alerte politique. Son parti, Ensemble pour le Gabon (EPG), dénonce une instrumentalisation de la justice et met en garde contre un basculement inquiétant du pays, dans un climat de crispation croissante entre pouvoir et opposition.

Le président du parti Ensemble pour le Gabon (EPG) et ancien Premier ministre, Alain-Claude Bilie-By-Nze, le 1er avril 2026, à Libreville. © GabonReview

 

L’arrestation d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, survenue le 15 avril 2026 à son domicile par des agents de la Direction générale des recherches (DGR), suscite une onde de choc sur la scène politique gabonaise. Dans un communiqué publié ce jeudi 16 avril, son parti, Ensemble pour le Gabon (EPG), qualifie cette interpellation «d’atteinte grave à l’État de droit» et dénonce des conditions «arbitraires et brutales».

EPG confirme que cette arrestation serait liée à une affaire remontant à 2008, portant sur une créance que l’État gabonais n’aurait pas honorée dans le cadre de l’organisation de la Fête des cultures. Le parti affirme qu’une tierce personne réclamerait aujourd’hui ce paiement en l’imputant personnellement à Bilie-By-Nze, alors que celui-ci aurait agi dans un cadre institutionnel.

Dans son communiqué, la formation politique s’interroge notamment sur «la tentative de faire porter à un individu une responsabilité relevant du Trésor public», ainsi que sur la base juridique de la procédure engagée.

Il faut dire que l’interpellation de Bilie-By-Nze a pris de court ses proches et nombre d’observateurs politiques, renforçant le caractère jugé «surprise» de l’opération. L’ancien Premier ministre, arrivé deuxième à la dernière élection présidentielle et désormais figure centrale de l’opposition, incarne une voix critique majeure face aux autorités en place. Mais EPG insiste sur le fait que son leader «ne s’est jamais soustrait à la justice» et aurait répondu à toute convocation officielle, mettant en doute la nécessité d’une interpellation jugée musclée.

EPG dénonce une manœuvre politique et formule des exigences

Dans ce contexte, EPG considère cette arrestation comme une «manœuvre politique» visant à «faire taire une voix critique», «affaiblir l’opposition» et «instaurer un climat d’intimidation incompatible avec les exigences démocratiques».

Le parti exprime également son inquiétude face à ce qu’il décrit comme une dégradation du climat politique national, marquée par des atteintes répétées aux libertés individuelles, une restriction de la pluralité des opinions et une pression accrue sur les acteurs politiques et la société civile.

En conséquence, la formation exige la communication «immédiate et transparente» des charges retenues contre son président, le respect strict des procédures judiciaires ainsi que sa «libération immédiate et sans condition».

Au-delà du cas Bilie-By-Nze, cette affaire relance le débat sur l’indépendance de la justice et le respect des principes démocratiques au Gabon. EPG appelle les autorités à «garantir un cadre démocratique apaisé», tout en prévenant qu’il engagera, avec ses alliés, «toutes les actions nécessaires» aux niveaux national et international pour faire respecter les droits fondamentaux.

Cette arrestation intervient dans un contexte politique sensible, où les rapports entre pouvoir et opposition demeurent particulièrement tendus et alors que les attentes en matière de gouvernance et d’État de droit restent élevées.

 
GR
 

0 commentaire

Soyez le premier à commenter.

Poster un commentaire