Autonomie financière : «L’Assemblée nationale souffre», déplore Onanga Ndiaye
La séance des questions orales du 3 novembre à l’Assemblée nationale aura également servi de tribune à une revendication institutionnelle. Face au vice-président du gouvernement, Michel Régis Onanga Ndiaye a dénoncé la dépendance financière de la chambre basse, estimant que l’insuffisance de ses ressources entrave l’exercice des missions parlementaires et, plus largement, le contrôle de l’action gouvernementale.

Immongault et Onanga Ndiaye, le 3 novembre 2026, à l’Assemblée nationale. © D.R.
Au-delà des interpellations adressées aux membres du gouvernement, la séance des questions orales du 3 novembre à l’Assemblée nationale a mis en lumière une préoccupation institutionnelle majeure : le manque de moyens financiers de la chambre basse du Parlement. Son président, Michel Régis Onanga Ndiaye, a saisi l’occasion pour interpeller le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, sur l’urgence de garantir à l’institution parlementaire les moyens de son autonomie. Pour Onanga Ndiaye, l’exercice du contrôle parlementaire ne saurait se limiter à une confrontation de questions et de réponses dans l’hémicycle. Il suppose également que les députés disposent des moyens nécessaires pour exercer pleinement leurs missions.
Après avoir rappelé la portée constitutionnelle de cet exercice, qu’il considère comme une exigence de redevabilité et de transparence de l’action gouvernementale, le président de l’Assemblée nationale a mis en avant les difficultés auxquelles fait face l’institution. « L’Assemblée nationale souffre. Nous n’avons pas de moyens d’action », a-t-il déclaré, soulignant que les ressources nécessaires au fonctionnement de la chambre basse restent tributaires du gouvernement. Une situation que Michel Régis Onanga Ndiaye ne souhaite pas voir perdurer, au risque de placer le Parlement dans une position de dépendance susceptible de fragiliser sa capacité à contrôler l’action gouvernementale. « Ne nous laissez pas […] penser que nous sommes pris en otage du fait de ne pas bénéficier de l’autonomie financière qui nous est due », a-t-il lancé.
Pour illustrer cette insuffisance de moyens, il a évoqué plusieurs missions parlementaires restées en suspens. Des députés auraient souhaité effectuer des missions de terrain sur les questions environnementales, accompagner le ministre chargé de l’Accès à l’eau et à l’Énergie pour confronter les annonces gouvernementales aux réalités vécues par les populations, ou encore suivre les nouveaux schémas d’aménagement urbain dans le Grand Libreville. Autant d’initiatives compromises par les restrictions budgétaires. En interpellant directement le vice-président du gouvernement, Michel Régis Onanga Ndiaye a voulu placer la question au rang des priorités institutionnelles. Pour lui, l’autonomie financière ne constitue pas une faveur accordée au Parlement, mais une condition de son libre exercice.


















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