La suspension est levée. Ce samedi 24 octobre 2026, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a décidé de mettre fin à la mesure prise le 17 février dernier contre les réseaux sociaux au Gabon. Justifiant cette décision, le régulateur met en avant un nouvel encadrement juridique et une coopération désormais opérationnelle avec plusieurs plateformes numériques.

Après plus de huit mois de suspension, la HAC a levé la mesure visant les réseaux sociaux au Gabon, ce 24 octobre 2026. © D.R.

 

Plus de huit mois après avoir suspendu les réseaux sociaux jusqu’à nouvel ordre, la Haute Autorité de la Communication (HAC) annonce la levée de cette mesure. Réunie en séance plénière extraordinaire le 24 octobre, sous la présidence de Germain Ngoyo Moussavou, l’institution formalise sa décision dans un communiqué signé le même jour à Libreville.

La formulation est explicite : la HAC «décide de la levée de la mesure portant suspension des réseaux sociaux en République Gabonaise». Le communiqué ne fixe toutefois ni heure précise ni calendrier technique de rétablissement des accès.

Un nouveau cadre juridique pour lever la suspension

Sous la présidence de Germain Ngoyo Moussavou (en haut), la HAC acte la levée de la suspension et appelle les internautes à davantage de responsabilité. © D.R.

Dans son communiqué, le régulateur revient sur les deux objectifs qu’il assignait à la suspension du 17 février : «Permettre au Gouvernement d’adapter l’arsenal juridique pour un meilleur encadrement de l’usage des réseaux sociaux et des plateformes numériques» et «Amener les plateformes digitales à entretenir un dialogue constructif visant à améliorer la modération des contenus diffusés».

La HAC justifie rétrospectivement cette mesure par la «montée croissante du phénomène des désordres informationnels», évoquant la circulation de contenus diffamatoires, haineux, obscènes ou injurieux, ainsi que des atteintes à la dignité humaine, à la cohésion sociale et à la sécurité nationale.

Sur le volet juridique, le communiqué rappelle trois ordonnances du 26 février 2026 : l’une réglementant l’usage des réseaux sociaux, les deux autres modifiant le Code de la communication et les dispositions organisant la HAC.

Le régulateur souligne surtout la promulgation, le 5 octobre, de la loi ratifiant l’ordonnance relative à l’usage des réseaux sociaux. Il en précise la portée : «Cette loi régit les mécanismes de réaction administrative et judiciaire face aux désordres informationnels des communications numériques. Elle établit aussi un régime de régulation applicable aux contenus générés et amplifiés par des systèmes d’intelligence artificielle diffusés via les plateformes numériques.»

TikTok, Meta et YouTube dans le dispositif

L’autre argument avancé concerne les relations avec les plateformes. La HAC affirme avoir développé une «collaboration active» avec TikTok, Meta et YouTube.

Selon son communiqué, «Des protocoles d’échange ont été mis en place et sont opérationnels pour une régulation en temps réel notamment avec l’accès de la HAC aux outils de signalements permettant de réguler les contenus illicites.» Cette coopération devrait encore s’élargir avec la visite, à Libreville, de délégations de TikTok et de Meta à une date n’ayant pas été précisée.

La levée de la suspension s’accompagne ainsi d’un rappel adressé aux internautes. L’institution appelle les utilisateurs «à plus de responsabilité et de maturité dans leurs échanges et comportements en ligne, afin de contribuer à un environnement numérique plus sain, plus constructif et plus respectueux des droits d’autrui».

La décision de suspension est donc officiellement levée par la HAC. Le retour effectif des accès relève désormais de sa mise en œuvre technique, dont le communiqué ne détaille pas les modalités.

 
GR
 

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