AVC : au Gabon, près de 80 % des patients arrivent trop tard à l’hôpital
À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre les accidents vasculaires cérébraux (AVC), célébrée le 29 octobre, le ministère de la Santé tire la sonnette d’alarme sur les retards de prise en charge. Près de 80 % des victimes arrivent à l’hôpital au-delà du délai permettant une thrombolyse, alors que chaque minute compte pour limiter les séquelles et sauver des vies.

Au Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL), leur fréquence hospitalière est passée de 42 % en 2004 à 62,5 % en 2025. © Photomontage/GabonReview
Au Gabon, la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux se heurte encore à un obstacle majeur : l’arrivée tardive des patients dans les structures hospitalières. Dans son message à l’occasion de cette journée mondiale, la ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, appelle les populations à reconnaître les symptômes et à alerter immédiatement les secours.
L’urgence est d’autant plus préoccupante que les AVC représentent une charge croissante pour les établissements sanitaires. Au Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL), leur fréquence hospitalière est passée de 42 % en 2004 à 62,5 % en 2025. Pourtant, « près de 80 % des victimes d’AVC arrivent encore à l’hôpital au-delà du délai permettant de bénéficier d’une thrombolyse intraveineuse », souligne le ministère.
Des progrès dans la prise en charge
Depuis 2021, le CHUL dispose d’une unité neurovasculaire qui permet d’assurer des soins spécialisés et de pratiquer la thrombolyse intraveineuse chez les patients éligibles. Une vingtaine d’interventions ont été réalisées depuis sa mise en service. Cette évolution s’accompagne d’une baisse de la mortalité hospitalière, passée de 9,5 % en 2005 à 3,9 % en 2026.
Mais l’accès à ce traitement reste limité, notamment par son coût, actuellement non pris en charge par la CNAMGS selon les éléments communiqués par le programme. Le ministère plaide ainsi pour un accès plus équitable aux traitements et un renforcement de toute la chaîne de soins, de l’alerte à la rééducation.
Reconnaître les signes pour agir vite
Déformation soudaine du visage, faiblesse d’un membre, difficultés à parler ou à comprendre, troubles de la vision et de l’équilibre : autant de symptômes qui doivent conduire à une réaction immédiate. « Attendre une éventuelle disparition des signes ou tenter un traitement à domicile peut compromettre les chances de survie et de récupération », avertit le ministère.
L’hypertension artérielle, le diabète, le tabagisme, la sédentarité, le surpoids et la consommation excessive d’alcool figurent également parmi les principaux facteurs de risque. Le suivi médical régulier et le respect des traitements prescrits demeurent essentiels.
À travers cette campagne, le gouvernement entend faire de la prévention et de la rapidité d’intervention des priorités de santé publique. Un impératif résumé par le mot d’ordre de cette édition : « Reconnaître, Alerter et Agir sans perdre une minute ».
















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