À Franceville, dans la province du Haut-Ogooué, un infirmier de 49 ans a été placé en détention préventive après son interpellation par les agents de l’antenne provinciale de la Police judiciaire (PJ). Soupçonné d’avoir pratiqué des avortements clandestins entre Franceville et Moanda, il est désormais au cœur d’une enquête qui pourrait révéler l’existence d’un réseau plus vaste.

Le mis en cause, Maël Claude Ontchougou, dans les locaux de la PJ à Franceville. © L’Union

 

Un infirmier exerçant dans une structure sanitaire de la province du Haut-Ogooué, Maël Claude Ontchougou, 49 ans, a été placé sous mandat de dépôt pour des faits présumés de pratique illégale d’avortements, rapporte le quotidien L’Union dans son édition du 14 juillet 2026. Selon le journal, le suspect faisait l’objet d’une surveillance discrète depuis plus de six mois. Les investigations menées par les enquêteurs auraient permis de réunir plusieurs éléments laissant présumer son implication dans des interruptions volontaires de grossesse pratiquées en dehors du cadre légal. 

L’interpellation est intervenue dans un motel situé au quartier Potos, dans le deuxième arrondissement de Franceville. Les policiers y ont découvert un important lot de matériel biomédical qui, d’après les premiers constats, aurait servi à la pratique d’avortements clandestins. Les enquêteurs affirment que le suspect avait réservé une chambre sous le prétexte d’y passer un moment avec une compagne, alors qu’il attendait en réalité une femme avec laquelle un rendez-vous avait été fixé pour une intervention présumée.

Dans cette dynamique, l’exploitation de son téléphone portable aurait également mis au jour plus d’une quarantaine de contacts féminins. Les enquêteurs soupçonnent qu’il pourrait s’agir de femmes ayant sollicité ses services. Les montants réclamés auraient varié selon le stade de la grossesse et la méthode employée.

Une situation qui remet sur la table le risque des avortements clandestins

Au-delà de la procédure judiciaire, cette affaire remet en lumière la problématique des avortements clandestins, qui continuent de représenter un véritable enjeu de santé publique. Réalisées dans des conditions ne répondant pas aux normes médicales ou en dehors d’un cadre légal, ces pratiques exposent les femmes à des complications parfois graves, notamment des hémorragies, des infections sévères, des lésions de l’appareil reproducteur, des risques d’infertilité et, dans les cas les plus dramatiques, au décès. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère d’ailleurs les avortements non sécurisés comme l’une des principales causes de mortalité maternelle dans plusieurs pays.

À Franceville, cette affaire suscite une vive émotion. Plusieurs personnes s’interrogent sur l’ampleur réelle des activités présumées du mis en cause et sur un éventuel lien avec certaines complications médicales ou décès enregistrés ces dernières années à la suite d’avortements clandestins. Ces hypothèses restent toutefois à établir dans le cadre de l’enquête.

Présenté devant le parquet puis devant un magistrat instructeur, Maël Claude Ontchougou a été placé en détention préventive à la maison d’arrêt de Yené. Les investigations se poursuivent afin de déterminer l’étendue exacte des faits qui lui sont reprochés, d’identifier d’éventuels complices et de préciser le nombre de femmes concernées, dans le respect du principe de la présomption d’innocence.

Thécia Nyomba 

 
GR
 

0 commentaire

Be the first one to leave a comment.

Post a Comment