Pour Belinga, Fortescue n’a pas encore pris sa décision finale d’investissement. Pourtant, le compte à rebours est lancé : 2030 pour les premières expéditions commerciales de minerai et quelque 10 milliards de dollars d’investissements à mobiliser pour donner au projet sa dimension industrielle. À quatre ans de l’échéance, le géant minier fore, étudie et prépare. Mais le véritable grand saut reste à faire : verrouiller les milliards et engager le développement à grande échelle.

À Belinga, on creuse déjà la roche. Reste à déclencher les 10 milliards de dollars qui doivent faire basculer le gisement dans l’ère industrielle. © fortescuebelinga.ga

 

Belinga a une date : 2030. Il a aussi une facture : environ 10 milliards de dollars, soit quelque 5 500 milliards de francs CFA selon l’estimation avancée fin 2025 par le ministre des Mines, Gilles Nembe. Mais il lui manque encore une pièce essentielle : la décision finale d’investissement de Fortescue.

À Makokou, le 26 août, le directeur général de Fortescue Belinga, Edward Kalajzic, a annoncé que la première expédition commerciale de minerai était visée pour 2030. Une échéance qui sonne comme un compte à rebours. Sauf qu’elle reste conditionnée à l’achèvement des études, à l’obtention des autorisations et surtout à la FID, la Final Investment Decision, c’est-à-dire le feu vert final de Fortescue pour engager véritablement le développement industriel du projet.

En clair : 2030 est un objectif, pas encore une garantie.

On fore beaucoup, on n’investit pas encore les milliards

Fortescue est pourtant loin d’être resté les bras croisés. À Belinga, plus de 225 000 mètres de forage à circulation inverse ont été réalisés sur plus de 1 470 trous, auxquels s’ajoutent plus de 17 500 mètres de forage au diamant. L’exploration s’étend désormais à Batouala et doit également gagner Boka Boka.

Le groupe affirme avoir déjà injecté plus de 250 milliards de francs CFA au Gabon. Une somme considérable. Mais elle donne aussi la mesure de ce qui reste à accomplir lorsqu’on la rapproche des quelque 5 500 milliards de francs CFA évoqués pour faire entrer Belinga dans sa véritable dimension industrielle.

C’est là que se situe désormais le sujet : non plus savoir si le fer existe, ni même s’il peut être extrait, mais quand Fortescue décidera de mettre les milliards sur la table pour passer de l’exploration au développement industriel.

2030, mais le chronomètre tourne

Belinga ne consiste pas simplement à creuser une mine. Pour exporter massivement son minerai depuis l’Ogooué-Ivindo, il faudra notamment une infrastructure ferroviaire lourde et une solution portuaire. Mine, rail, port : c’est tout un corridor industriel qu’il reste à matérialiser.

Le minerai de Belinga a certes déjà pris la mer lors d’une expédition test en décembre 2023. Mais entre quelques tonnes destinées à tester le marché et une exploitation commerciale à grande échelle, il y a un gouffre industriel et financier.

Fortescue revendique aujourd’hui 1 246 emplois directs et indirects, dont 82,22 % occupés par des Gabonais. Le projet existe donc bel et bien sur le terrain. Mais son changement de dimension dépendra de cette fameuse FID.

Voilà pourquoi l’annonce de Makokou mérite d’être lue à l’envers. Fortescue donne à Belinga l’horizon 2030, mais rappelle dans le même mouvement tout ce qui doit encore être franchi pour l’atteindre. À quatre ans de la première expédition commerciale promise, le sous-sol est largement sondé. Reste maintenant à verrouiller les milliards.

 
GR
 

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