Dans le cadre du projet BioDev 2030 piloté par le ministère des Eaux et Forêts, le Fonds mondial pour la nature (WWF-Gabon), en partenariat avec l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et avec l’appui financier de l’Agence française de développement (AFD), a présenté ce mercredi 20 mai 2026 à Libreville 19 réformes jugées urgentes en matière d’Instruments de politiques publiques sectorielles (IPPS). Ces propositions visent à renforcer les secteurs minier et agricole tout en conciliant développement économique et préservation de la biodiversité.

Photo de famille à l’issue de la présentation des 19 reformes. © D.R.

 

Présentées le 20 mai 2026 à Libreville, les 19 réformes urgentes en matière d’Instruments de Politiques publiques sectorielles (IPPS) s’inscrivent dans la dynamique du projet BioDev 2030, porté par le ministère des Eaux et Forêts avec l’appui de plusieurs partenaires. À travers cette initiative, les acteurs impliqués entendent renforcer l’intégration de la biodiversité dans les politiques de développement, particulièrement dans les secteurs minier et agricole jugés prioritaires.

Au cours de cette présentation, l’assistant technique BioDev 2030, Eugène Ndong Ndoutoume, est revenu sur les différentes phases du projet. La première a reposé sur une analyse scientifique approfondie et un dialogue inclusif entre les différentes parties prenantes. Cette étape a permis d’identifier les secteurs de l’agriculture et des mines comme prioritaires, en raison de leur impact sur les écosystèmes et de la nécessité d’y promouvoir des pratiques durables afin de mieux préserver la biodiversité.

Selon les responsables du projet, cette approche participative a favorisé une meilleure compréhension des enjeux liés à la biodiversité dans les politiques publiques sectorielles. Elle a également permis de faire émerger des propositions concrètes adaptées aux réalités nationales, notamment dans les zones fortement exposées aux pressions environnementales.

La seconde phase du projet a davantage porté sur l’intégration de la biodiversité dans les stratégies de développement ainsi que dans les politiques sectorielles ciblées, en cohérence avec le Cadre mondial pour la biodiversité. À ce titre, 11 Instruments de Politiques publiques sectorielles ont été identifiés, dont neuf réformes jugées urgentes, réparties entre cinq mesures intersectorielles, trois relatives au secteur environnemental et trois dédiées au secteur minier.

Huit IPPS pour l’agriculture 

Concernant l’agriculture, huit IPPS ont été considérés comme prioritaires, parmi lesquels cinq réformes intersectorielles. À cela s’ajoutent des actions portant sur le renforcement de la gouvernance environnementale et territoriale, ainsi que l’amélioration de l’intégration de la biodiversité dans les activités minières et l’orpaillage, notamment dans la province de l’Ogooué-Ivindo.

Rappelant que «la biodiversité est au cœur de nos économies, de notre sécurité alimentaire, de notre santé et de notre résilience climatique», la chargée de projets Forêts-Environnement et ONG à l’AFD, Yéléna Doo-Kingue, a salué les avancées enregistrées dans le cadre du projet. Pour elle, BioDev 2030 constitue un levier important pour renforcer les synergies entre développement économique et préservation des ressources naturelles.

Même son de cloche du côté du coordonnateur des programmes au WWF, Charlie Mabala, qui estime que l’initiative s’est progressivement affirmée comme «un véritable espace de dialogue, de convergence et de transformation». Une dynamique qui, selon plusieurs participants, devrait permettre au Gabon de mieux aligner ses politiques sectorielles avec ses engagements internationaux en matière de protection de l’environnement.

Intervenant sur les enjeux globaux liés à la biodiversité, le point focal national de la Convention sur la diversité biologique (CDB), Aimé Serge Mibambani Ndimba, a rappelé que les efforts entrepris au niveau national participent à une mobilisation internationale plus large contre la perte accélérée des écosystèmes. «À chaque fois qu’un effort est fait, il vient s’insérer dans l’effort mondial», a-t-il déclaré.

En perspective, les travaux engagés devraient ouvrir la voie à la finalisation d’un projet territorial jugé solide, à l’intégration des différentes recommandations dans la stratégie nationale pour la biodiversité, ainsi qu’au renforcement de la mobilisation des partenaires techniques et financiers autour des objectifs fixés par BioDev 2030. 

Thécia Nyomba 

 
GR
 

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