Les commerçants installés sur les trottoirs des Charbonnages se plaignent de la violence exercée à leur encontre par les agents municipaux . Selon eux, lors des opérations “Libérez les trottoirs”, ces agents s’illustrent par des abus d’autorité.

Scène de déguerpissement aux Charbonnages. © D.R.

 

Dans les autres quartiers de Libreville, le spectacle est le même quand il s’agit de libérer les trottoirs. © D.R.

Quand les agents municipaux descendent sur le terrain dans le cadre de l’opération «Libérez les trottoirs», c’est la violente casse ! Selon les commerçants, notamment ceux des Charbonnages, ces descentes sont essaimées d’actes de violence. «Un soir quand ils sont arrivés, une dame a eu à verser le pétrole sur moi et sur la marchandise afin de pouvoir la brûler. Et comme si ça ne suffisait pas, d’autres agents m’ont frappé. J’ai eu certaines blessures», a rapporté un commerçant des Charbonnages avouant s’être opposé aux agents municipaux.

Faute d’emplacement «attrayant», plusieurs commerçants se sont installés sur les trottoirs de l’échangeur des Charbonnages. Pour la mairie de Libreville, ce «marché anarchique» n’est pas acceptable. D’où l’opération «Libérez les trottoirs» qui passe mal auprès des commerçants. «Quand ils arrivent, ils écrasent la marchandise, ils brûlent. Ils promettent même souvent qu’ils vont bien ”bastonner” et enfermer les commerçantes. On a l’impression qu’il n’y a qu’aux Charbonnages où il y a un problème de “Libérez les trottoirs”. Et même quand on libère les trottoirs, ils entrent dans les quartiers pour aller prendre nos marchandises cachées derrière les maisons», a affirmé une commerçante. Elle estime d’ailleurs que les commerçants doivent rester où ils sont à défaut de leur trouver un marché facilement accessible.

«Ces commerçants ne veulent pas se plier à l’ordre public et nous ne saurons nous astreindre  aux seuls avertissements. Il faut agir. Les marchés ont pourtant été construits dans les arrondissements concernés par cette opération de déguerpissement. Les commerçants savent qu’ils ne doivent pas obstruer les trottoirs et nous ne saurons le tolérer», avait martelé Léandre Nzué, maire de Libreville, lors d’une opération de déguerpissement dans la capitale gabonaise. Est-ce donc au nom de cette “tolérance zéro” que les agents usent de la violence sur le terrain? «Parfois, quand ils prennent notre marchandise, ils nous disent de la payer sur place pour qu’ils la relâchent. Ils nous demandent souvent 75 000 francs CFA», a affirmé un autre commerçant qui s’insurge lui aussi, contre ces actes de violence.

Selon l’Association dynamique sociale qui s’insurge contre ces abus, «l’opération de la mairie n’est pas contestée par les commerçants et les riverains. Mais la gravité et l’ampleur des dégâts corporels sont de plus en plus visibles», a déclaré R. Bayaka Mboma, président de ladite association. Disant avoir préparé «un bilan d’abus d’autorité envers les commerçants des Charbonnages», il note que ces opérations donnent lieu à des agressions aussi bien sur les commerçants que leurs proches, voire leurs enfants, quel que soit l’âge. «Le 21 juin 2019, il y a eu une agression physique sur un enfant de 2 ans par les agents de la Mairie de Libreville à 19h45, au niveau du Carnaval Charbonnages. Une commerçante a été frappée avec un fer par des agents de la mairie de Libreville» a-t-il affirmé, indexant le Service hygiène de la mairie de Libreville. «À la même date, ils ont mis un taser électrique sur un enfant de 1 an», a-t-il poursuivi dénonçant par ailleurs d’autres actes de violence physique. Il en veut pour preuve, des photos sur lesquelles se distinguent des doigts ensanglantés, des marchandises brûlées, etc.

 
 

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