Faisant partie des principales promesses de campagne du candidat à la présidentielle de 2016, Ali Bongo semble avoir abandonné, près de trois ans après, l’idée de faire de son second mandat celui dédié à la femme gabonaise et à l’égalité des chances, programme sur la base duquel il a été réélu.

Ali Bongo aurait-il abandonné son projet de passer d’un système de privilèges à un système basé sur l’égalité des chances ? © Communication présidentielle

 

Trois ans après avoir été lancé, le Programme pour l’égalité des chances a vécu. À l’époque, Ali Bongo, déjà en campagne électorale promettait de passer d’un système de privilèges à un système basé sur le mérite. «Il n’est pas tolérable que dans notre pays l’accès aux emplois, aux logements, aux soins de santé, aux richesses et aux opportunités d’affaires repose le plus souvent sur les privilèges d’ordre familiaux ou politiques. Cela signifie que certains individus non qualifiés sont placés à des postes importants, alors que d’autres, plus qualifiés sont exclus. Cette injustice est immorale pour les exclus et pénalise notre économie», avait alors déclaré le président de la République au moment du lancement officiel en février 2016. Trois ans ont passé, il ne semble plus disposé à honorer sa promesse.

Pour preuve, le président qui a instruit le Premier ministre à remanier le gouvernement récemment a de facto cautionné que soit supprimé le département ministériel chargé de porter le programme sur la base duquel il a été réélu. Le ministère de l’Égalité des chances dirigé ces dernièrement années par Arnaud Calixte Engandji-Alandji puis par Estelle Ondo n’existe plus.

Décennie de la femme : 4 ans et c’est déjà fini !

De même que le Programme pour l’égalité des chances, la Décennie de la femme gabonaise ne verra pas non plus la fin du second mandat d’Ali Bongo, d’autant que l’initiative lancée en 2015 était gérée par le même département ministériel ayant été supprimé, lundi.

Pourtant, censée connaître son aboutissement en 2025, la Décennie de la femme gabonaise qui n’a duré que quatre ans visait à intégrer davantage la gent féminine dans la gestion du pays, en lui donnant les moyens de s’autonomiser. En avril dernier, avec l’appui du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), le gouvernement avait d’ailleurs organisé un atelier de validation du rapport de la Revue triennale de ladite Décennie. L’«autonomisation de la femme gabonaise» était au centre de ces travaux organisés à Libreville.

Comme quoi, avec l’éjection d’Estelle Ondo et la suppression du ministère dont elle avait la charge ces derniers mois, l’«amélioration significative de la situation des droits de la femme et des filles au Gabon» n’est pas pour bientôt. Ali Bongo a choisi de jeter l’éponge. Pis, alors qu’une certaine amélioration avait été constatée ces dernières années, le précédent gouvernement s’est délesté de sept femmes et l’actuel n’en compte plus que six, dont trois ministres déléguées et trois ministres pleins… aucune ministre d’État.

 
 

7 Commentaires

  1. Shox dit :

    Réflexion:Est-ce l’existence de ce ministère qui garantie la place de la femme dans le cercle décisionnel ou alors est-ce au travers de l’éducation de la population sur certaines valeurs que finalement cette place sera légitimement reconnue,attribuée et valorisée..?
    Les ministères ne sont que des gouffres à pognon et foyers de corruption…moins y en a,mieux c’est.

  2. ULIS dit :

    Dites plutôt que Laccruche Fargeon et sa compagne Sylvia Bongo n’en veulent pas. Ils sont beaucoup plus préoccupé de leur sort…

  3. issiane imabicka paule gaelle dit :

    pour la premiere fois depuis ma naissance ici au gabon je tire un coup de chapeau aux autorites en place. de qui se moque t-on ?les jeunes filles meres croupissent dans l abandon total avec beaucoup d enfants a cause des slogans comme celui de la decennie de la femme

    • Eugénie dit :

      Vous pensez réellement que c’est la décennie de la femme qui fait que des filles-mères ont beaucoup d’enfants?! De quel slogan parle-t-on?
      Personnellement je ne vois pas de lien.
      Juste une jeunesse immature qui ne se protège pas lors de rapports sexuels et en subit les conséquences… Rejeter la faute à la décennie de la femme me semble être un très grand raccourci…

  4. Patrick KASSA MAPSI dit :

    Les responsables des Affaires étrangères (nouvel intitulé du ministère) s’occuperont de la Coopération, de la Francophonie et de l’Intégration régionale. Le ministre chargé des Solidarités s’occupera de l’égalité des chances, des affaires sociales, de la protection sociale, de la protection de la veuve et de l’orphelin, de la famille et de la décennie de la femme.

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