Pour avoir engagé une procédure de licenciement à l’encontre de Svetlana Glawdys Maganga alors malade, Laure Bigourd est la principale cible d’une pétition en ligne lancée en vue de sa destitution. La jeune patronne de la chaîne d’information en continu est accusée d’avoir été à l’origine du décès de la journaliste.

Employée à Gabon 24, Svetlana Glawdys Maganga, est décédée, le 27 juin, d’«une courte maladie». © D.R.

 

«Aidez-nous à destituer la direction générale de Gabon 24». Diffusé sur les réseaux sociaux peu après l’annonce du décès de Svetlana Glawdys Maganga, survenu le 27 juin au CHU de Libreville, ce message s’est vite propagé au sein de la corporation, au point d’être traduit en une pétition sur la plateforme dédiée Avaaz.com. Principales cibles de cette revendication ayant déjà atteint 842 sur les 1000 signatures espérées, Laure Bigourd et Marie-Noëlle Ada Meyo, sont accusées par plusieurs journalistes, y compris ceux actuellement embauchés ou ayant travaillé à Gabon 24, d’avoir précipité la mort de leur consœur. La directrice générale de la chaîne d’information en continu et son adjointe n’auraient pas pris en considération la maladie de leur employée, qui a fini par la tuer.

«Svety [nom donné par ses collègues] était souffrante depuis quelque temps, mais ni Mme Bigourd ni son adjointe ne se sont senties concernées par l’état de santé de leur employée. Mieux, pression a été faite sur elle et sur d’autres pour qu’ils ne laissent jamais transparaître leur mauvais état de santé. On n’a pas d’excuse avec la direction générale de Gabon 24, même si c’est le médecin lui-même qui transmet à ces deux dames un document médical signifiant que le patient avait besoin de repos et de soin», raconte au bord des larmes une ancienne de Gabon 24 ayant requis l’anonymat.

Sur les réseaux sociaux, les post d’autres anciens de la chaîne sont sans équivoque, et accusent explicitement la direction générale. «Je m’insurge contre le cynisme établi en management. Comment peut-on demander à quelqu’un de s’engager à ne plus tomber malade si elle veut conserver son poste !» écrit un ancien rédacteur en chef de la chaîne.

En effet, plusieurs employés de Gabon 24, rapportent un fait pour le moins curieux depuis le décès de Svetlana Glawdys Maganga : «au moment où elle luttait contre la maladie, un huissier de justice [est] venu à son chevet, lui demandant de signer certains documents», lit-on dans le justificatif de la pétition qui sera adressée à la présidence de la République propriétaire de la chaîne et au ministre de la Justice. Parmi les documents transmis à Svety figurait un qui la contraignait à s’engager à ne plus tomber malade si elle voulait continuer à travailler dans la boîte.

Mieux, malade et en manque de soins, la défunte avait vu son salaire retenu par la direction générale de Gabon 24. Le prétexte ? Elle n’était plus présente au poste. D’où la procédure de licenciement qui aurait été intentée contre elle, «malgré les justificatifs des examens médicaux», rapporte l’initiateur de la pétition. Beaucoup attendent désormais la destitution pure et simple des deux patronnes et le rétablissement des droits de la défunte.

 
 

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