Les retraités gabonais ont une nouvelle fois refusé le paiement trimestriel de leurs pensions. Dans cette interview accordée à Gabonreview, le président du Syndicat national des retraités (Synaret), Édouard Nguéma, justifie la position des retraités.

Edouard Nguema, président du Synaret. © Gabonreview

 

Pourquoi refusez-vous la solution proposée par Nicole Assélé ?

La solution proposée par Nicole Assélé est une blague et nous la refusons. Nous avons des cartes visa et nous demandons à Nicole Assélé simplement de revirer nos pensions comme elle le faisait souvent dans nos banques. Elle nous propose une carte prépayée alors que nous ne connaissons même pas les partenaires. Je n’ai même pas envie d’en parler, parce que c’est encore un gros mensonge.

Pourtant, le retour à la trimestrialisation est dû au retard de paiement des cotisations par les employeurs. Comment régler ce déficit ?

Le déficit est dû à sa mauvaise gouvernance. La CNSS a deux mille et quelques agents. Pour quel boulot ? Quel est le plan de restructuration de l’actuel directeur de la CNSS aujourd’hui ? Nous ne le connaissons pas. Madame Nicole Assélé est venue avec tout un cabinet. Qu’elle essaie de revoir tout ça. Le véritable problème à la CNSS, c’est la gouvernance qui est mauvaise. La CNSS n’a pas de problèmes à partir du moment où dans ce pays nous avons encore de grandes entreprises comme Total, Colas et autres qui paient des cotisations. Le problème, c’est la gouvernance. On constate qu’elle confond l’argent de la CNSS avec son argent.

Vous réclamez le départ de Nicole Assélé, avez-vous des garanties que le gouvernement peut trouver une solution pérenne à cette crise ?

Bien sûr. La solution, c’est son départ. Je soupçonne le gouvernement de ne pas vouloir verser de l’argent parce qu’ils savent que cet argent sera mal utilisé. Elle s’amuse avec l’argent, la CNSS n’a pas de problème. Elle a 15 ou 20 millions de salaires. Est-ce normal ? Quelles études a-t-elle faites pour percevoir autant d’argent chaque fin du mois ?

Parmi les retraités, il y a de brillants sujets qui ont géré certaines administrations. Quelles sont vos propositions pour sortir de cette crise ?

Nous sommes prêts à travailler avec le prochain directeur général, mais pas avec elle. Il faut d’abord un véritable manager. Quelqu’un qui vient, pas pour se remplir les poches. Je crois qu’il y a un décret du chef de l’État qui limite les salaires des dirigeants des boîtes parapubliques à 5 millions. Que Nicole Assélé accepte d’abord de prendre ces 5 millions. Ensuite, qu’elle réduise les effectifs. Elle est en train de faire croire aux gens que son problème c’est nous, mais nous ne sommes pas un problème pour la CNSS. Nous voulons que cette boîte se redynamise. À la CNSS aujourd’hui, quand vous avez une pension de 100 000 francs, jusqu’à votre mort vous n’aurez que 100 000 francs, alors que la loi dit aussi qu’on doit indexer la pension au coût de la vie.

 
 

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