«Benoit Ogoul’Iquaqua Owanga ou l’Appel de l’Aurore, Mémoires d’un “indigné” gabonais des années 1930 à 1980», c’est le titre de l’ouvrage mettant en exergue Benoît Ogoula Iquaqua Djemba, Chef Supérieur des Orungu, personnage historique du Gabon peu connu, paru aux Editions du Faro en janvier 2019. Ce bouquin de 365 pages de recueils de textes et de mémoires de cet homme a été présenté le 1er juillet à Libreville à l’occasion de sa sortie officielle.

Exposés lors de la conférence de presse du 1er juillet 2019, à Libreville, des exemplaires de «Benoit Ogoul’Iquaqua Owanga ou l’Appel de l’Aurore, Mémoires d’un “indigné” gabonais des années 1930 à 1980». © Gabonreview

 

Dans la salle de conférence de l’immeuble Arambo à Libreville, le 1er juillet dernier, les professeurs, Marc Louis Ropivia, Guy-Rossatanga Rignault, Pierre Ayamine Anguile se sont mobilisés pour présenter ce livre retraçant le vécu de Benoît Ogoula Iquaqua Djemba. Un homme dont l’histoire est passée presqu’inaperçue dans son pays natal. Selon Auguste Ogoula Mowe, auteur d’une chronique du livre présenté, «ce patriote peu connu de  l’intelligentsia locale et des nouvelles générations de Gabonais (…) mérite d’être mieux connu même s’il n’a pas pu émerger et jouer le rôle qui aurait pu être le sien sur la scène politique du Gabon dans les années qui ont suivi l’indépendance».

Moments de la présentation de l’ouvrage, le 1er juillet 2019, à l’auditorium d’Arambo, Libreville © Gabonreview

Le livre se structure en deux parties. Sous une forme autobiographique, la première partie présente la vie et les démêlés de l’homme en question avec l’administration coloniale, son enfance et ses pensées profondes. C’est vraiment «ce qu’il pensait de la société de son époque», assure le Pr Ayamine. La deuxième partie, quant à elle, regroupe toutes les recherches effectuées par Ogoula Iquaqua sur l’histoire de son groupe ethnique (Orungu), essayant de concilier les principes de l’administration coloniale avec les aspirations du peuple. «Ce qui fait qu’il a touché à tous les domaines depuis l’économie jusqu’à la culture. J’allais dire même jusqu’au monde mystique», explique le Pr. Ayamine.

Dans l’ouvrage, on apprend que Benoit Ogoul’Iquaqua Owanga a manifesté une grande volonté de résister à la domination coloniale, comme celle de s’organiser politiquement pour prendre en charge le destin de son pays. Mais son combat n’a pas eu d’écho à l’instar de celui de Léon Mba, le premier président gabonais. Mieux, le Pr. Guy-Rossatanga a insisté sur le fait qu’il fait partie, avec Léon Mba, des deux seuls activistes gabonais à avoir vécu l’exil.

Benoît Ogoula Iquaqua Djemba, fils de Joseph Iquaqua et d’Adèle Egoni, est né en 1902 à Port-Gentil, dans la province de l’Ogooué-Maritime, dans une famille de dix enfants dont il était le deuxième. A l’âge de douze ans, il perd son père. Ce qui forgera peut-être sa «vision du monde», présenté par le recueil autobiographique qui aborde également ses «idées politiques». Le 1er juillet 1932 par exemple, Ogoula Iquaqua, en tant que Chef Supérieur des Orungu, propose une nouvelle ère dans les rapports à établir avec l’occupant. Et en plein «essor» de la colonisation, cet autochtone, «un fils du pays», avait «osé» penser ouvertement au devenir de son peuple et proposer une ligne d’action. Auguste Ogoula Mowe souligne que «cela était évidemment contraire aux intérêts du colonisateur, et fut aussitôt considéré comme subversif». «Ce qu’on remarquera pour ceux qui liront le livre c’est d’abord la qualité de l’écriture et les idées qu’il défend, qui rendent le livre vivant», a ajouté le professeur Ayamine.

Après cet acte jugé subversif, la sanction fut immédiate. Ogoula Iquaqua fut condamné à 10 ans de prison et déporté en Oubangui-Chari (actuelle République Centrafricaine). L’Oubangui-Chari étant le lieu d’exil et d’enfermement des prisonniers politiques de l’AEF (Afrique équatoriale française). Il y rencontra une autre grande figure de la résistance contre le régime colonial érigé au Gabon, Léon Mba. De cette rencontre naîtront une amitié et un respect mutuel. Mais ces épisodes de sa vie ne sont que peu connus et cet ouvrage autobiographique vise à revaloriser cet autre pan de l’histoire et des enfants du Gabon.

C’est à ce propos que l’un des conférenciers a indiqué que lire ce livre est «une promenade, une marche de santé, c’est une symphonie» et d’expliquer que «l’appel de l’aurore est une aspiration à aller vers la lumière». «Ici l’appel de l’aurore veut dire que lui, à travers ses écrits lance un appel vers la lumière. Et c’est quoi la lumière ? C’est la vie, l’émancipation, etc. pour s’opposer aux ténèbres. Parce qu’ «Owanga» appelle le jour, appelle la lumière, appelle le soleil qui est en réalité le principe de vie», a-t-il fait remarquer.

Benoît Ogoula Iquaqua Djemba fut premier Conseiller municipal à la commune de Port-Gentil de 1957 à 1963 ; attaché de cabinet au ministère de la Justice du 12 juillet 1962 au 11 avril 1967 puis Secrétaire général de la mairie de Port-Gentil du 11 avril 1967 au 25 février 1969. Il a tiré sa révérence en 1980. Une rue porte son nom dans la capitale économique.

 
 

2 Commentaires

  1. Pascal NGOUA dit :

    Pourquoi vous ne féliciter pas Shan’L (une gabonaise) qui a atteint les 3301706 vues de sa dernière chanson qui a un très grand succès sur YOU TUBE ?

    VOUS DEVEZ METTREZ CETTE CHANTEUSE EN VALEUR SVP…

    https://youtu.be/nhnIl-r7ayA

  2. Tellier Yvon dit :

    Sortie le 22 mars 2019… et personne (où sont les gabonais) pour féliciter cette gabonaise à plus de 3 millions de vues. Ce n’est pas normal… https://youtu.be/nhnIl-r7ayA

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