Ni les proches, ni l’avocat n’ont pu rendre visite en prison au jeune leader d’opinion, Ballack Obame, sous mandat de dépôt depuis le 7 février pour « complicité d’atteinte à la sûreté de l’Etat ». En détention préventive depuis plus de 30 jours, cette interdiction de visites est une entrave à la loi, constatent-ils.

Membre du bureau exécutif du Mouvement des jeunes de l’Union nationale (MJUN), Ballack Obame est détenu au secret. © Facebook/Pour-Un-Gabon-Fort

« Après 30 jours de détention provisoire, Ballack Obame est toujours privé de son droit au visite, cette violation flagrante des droits d’un détenu est une atteinte de plus aux droits de Ballack Obame », dénonçait dimanche dans un post sur facebook Lionel Ella Engongah, ami de l’inculpé et lui aussi militant de l’opposition. « Pour des raisons inconnues, je n’ai pas pu avoir accès à mon client et il en est de même pour ses proches », confirme Me Ange Kevin Nzigou, ajoutant que l’article 100 du code pénal prévoit une durée maximum de 20 jours sans visites pour un inculpé, et que cette interdiction ne s’applique pas à l’avocat.

Ella rappelle que son camarade avait déjà été « abusivement gardé-à-vue pendant 17 jours», entre le 21 janvier – jour de son arrestation –, et le 7 février – jour où il a été présenté au Procureur. Pour les civils, la garde-à-vue est de 48 heures renouvelables une fois, selon la loi.

Mais les cas de détention et de garde-à-vue dépassant les délais légaux sont courants sur le territoire national, témoignent de nombreux avocats. La surpopulation carcérale en est l’une des conséquences. Aujourd’hui, plus de 3.000 personnes sont enfermées à la prison centrale de Libreville, construite pour 300 à 400 détenus, de source judiciaire. Plus de 2.000 prisonniers y sont en détention préventive, et nombre d’entre eux le sont abusivement, les délais légaux ayant été dépassés, détaille la source judiciaire.

Ballack Obame a été placé sous mandat de dépôt pour « atteinte à la sûreté de l’Etat » le 7 février, en même temps que les neuf militaires auteurs du coup manqué du 7 janvier. Cependant, « les faits constitutifs de l’infraction ne sont toujours pas connus », précise Me Nzigou. Tout comme les neuf militaires, Ballack Obame est placé en isolement à Sans Famille, ajoute l’avocat.

 

 
 

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