Lancée dans une logique de vulgarisation d’un jeu de société pratiqué majoritairement par l’ethnie Fang, la Fédération gabonaise de Songo (Fegasongo) a organisé, le 25 mai, au rond point de Nzeng-Ayong, dans le 6e arrondissement de Libreville, un championnat dit professionnel de cette discipline. Plusieurs clubs, en provenance également d’Owendo et Akanda y ont participé.

Au-delà de la volonté des organisateurs du championnat professionnel de vulgariser et de promouvoir le Songo, l’événement était à la fois sportif, culturel et festif. © Gabonreview

 

Après les compétitions organisées par les ligues du Woleu-Ntem, du Haut-Ogooué et de l’Ogooué-Maritime, le tour est revenu à la province de l’Estuaire d’organiser, le 25 mai à Libreville, un championnat professionnel de Songo. Porté par la Fegasongo, le tournoi du rond-point de Nzeng-Ayong mettait aux prises des clubs de Libreville, Owendo et Akanda. Un événement à la fois culturel et festif visant à vulgariser ce jeu de société en perte de vitesse.

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«On a remarqué que les jeunes ne vont plus dans les villages et ce jeu, on le trouvait spécifiquement dans nos villages pendant les vacances. On trouvait nos vieux, nos anciens, qui y jouaient. Or, depuis un certain temps, les villages sont désertés, les jeunes restent plus à Libreville et d’autres ne connaissent même pas leur village. On a remarqué que ce jeu tombait dans l’oubli. La fédération a donc pris comme objectif d’apprendre aux jeunes à jouer au Songo, à faire en sorte qu’on n’oublie pas cette culture», a expliqué le Secrétaire général du Club Songo de Sotega, Eric Messa-Zeng dit Willy Kolina, par ailleurs arbitre international de Songo et membre de la Fegasongo.

Sur l’esplanade du rond-point de Nzeng-Ayong, dix (10) clubs, composés de douze (12) joueurs chacun, ont rivalisé d’adresse et de stratégies pour arracher, au final, les précieux trophées de ce championnat. Le tout sous les regards des spectateurs exultants, venus nombreux. «C’est un jeu traditionnel de la culture fang. Pour éviter que cette culture ne se perde, nous avons créé ces fédérations, ces ligues, pour inciter les jeunes à ne pas oublier notre culture», a ajouté Eric Messa-Zeng.

Des membres de l’organisation, à l’exemple d’Augustin Ondzigui, le président de la ligue de Songo du Woleu-Ntem, ainsi qu’un bon nombre de spectateurs ont fait le déplacement de l’hinterland pour assister à ce tournoi. Preuve de l’importance de ce jeu qui revient petit à petit dans les habitudes de ses adeptes. Et pour confirmer l’engouement qui se crée de nouveau autour du Songo, des femmes se sont saisies de l’opportunité pour exposer et vendre aux visiteurs et spectateurs de nombreux mets du terroir. Des groupes de danses traditionnelles ont également mis le pied à l’étrier à l’exemple du groupe accompagnant le célèbre Sima Mboula, qui avec l’Élone, une dans traditionnelle, ont agrémenté l’événement.

 «C’est ça le Songo. Lorsqu’on vient, c’est parce qu’on sait qu’on aura plusieurs manifestations en une. En plus, c’est le lieu idéal pour rencontrer les personnes qu’on a perdu de vue», a laissé entendre un spectateur.

Au terme du tournoi qui s’est déroulé jusque tard dans la soirée, les vainqueurs ont remporté le principal trophée avec 500.000 francs CFA, le vice-champion, 300.000 francs et le trophée du fair-play doté de 100 francs CFA. «On compte programmer un tournoi national. Ça pourrait être une espèce de ligue des champions. Les différents champions des ligues devront s’affronter», a indiqué le Secrétaire général du Club Songo de Sotega, précisant que la fédération fonctionne avec ses propres cotisations. «On n’a pas de budget de l’Etat. Le président de la Fédération sort son propre argent et avec nos cotisations, on finance les activités», a-t-il expliqué.

Le Songo est un jeu de stratégie. Son principe est de récupérer le maximum de pions de l’adversaire. «Ça se joue sur un tablier qui a sept cases de chaque côté et à l’intérieur de chaque case, il y a 5 pions. On fait circuler les pions dans le sens des aiguilles d’une montre. On rivalise de stratégie pour capturer les pions entre deux et quatre. Le but est de capter le maximum de pions. C’est-à-dire qu’il faut avoir au moins 36 pions pour être vainqueur parce qu’il y a 70 pions au total», a expliqué le Secrétaire général de la Fegasongo, Jean Constant Edhou.

 
 

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