En grève depuis le 7 janvier dernier, les enseignants des grandes écoles nationales affectés à Port-Gentil se disent abandonnés à eux-mêmes. Déplorant les menaces, intimidations, arrestations et molettages, ils prennent à témoin la communauté nationale et internationale sur les éventuelles conséquences que pourraient occasionner l’indifférence du gouvernement.

Échantillon des nouveaux enseignants snobés par l’Etat. © Gabonreview

 

À l’instar de leurs collègues de Libreville la semaine dernière, les enseignants formés et sortis des grandes écoles nationales, plus précisément de l’ENI, l’ENSET, l’ENS et l’INJS, affectés dans l’Ogooué-Maritime ont tenu un point presse, le week-end écoulé, sur le lieu de leur piquet de grève sis à la Direction provinciale d’académie. En grève depuis le 7 janvier dernier, ces fonctionnaires ne plus savent plus à quel saint se vouer au regard de l’abandon dont ils sont victimes.

Aristide Nso, porte-parole des grévistes. © Gabonreview

«Après notre formation, nous avons été déployés sur l’ensemble du territoire national, le 15 mars 2016, sans salaire (…) Malgré tous nos efforts, nos situations administratives et financières restent inchangées», explique Aristide Nso, le porte-parole des grévistes.

Selon les grévistes, le gouvernement conditionnerait à nouveau «le basculement effectif» de ces fonctionnaires à un énième «recensement des enseignants sans salaires». Si cette opération a bel et bien eu lieu à Libreville, les grévistes de Port-Gentil s’offusquent de la non-prise en compte des cas de l’intérieur du pays, notamment le leur.

Pour ces agents de l’Etat, les seuls actes du gouvernement jusqu’ici se résument à des intimidations, des molestations et des arrestations. Ils n’en veulent pour preuve que l’arrestation de quatre de leurs collègues, le 3 avril 2018, dans l’enceinte du ministère de l’Éducation nationale, présentés par la suite devant le procureur de la république. Comme si cela ne suffisait pas, une enseignante aurait été récemment interpellée devant la Primature. Détenue pendant des heures, elle aurait été copieusement frappée à la matraque dans les locaux de l’Unité spéciale d’intervention (USI) des Forces de police nationale.

Sur la même lancée, ces fonctionnaires dénoncent l’attitude «hostile» de certains responsables d’établissements à leur endroit depuis le lancement de leur mouvement. «Certains collègues font l’objet de menaces et d’intimidations au quotidien. Nous attirons l’attention des chefs d’établissements du secondaire, des directeurs des pré-primaires et primaires de la province de l’Ogooué-Maritime et d’ailleurs, sur le fait que le débrayage que nous observons depuis 3 mois n’a rien de personnel. Nul besoin de rappeler que nos revendications sont la conséquence d’une vie précaire depuis 3 ans pour certains et 4 ans pour d’autres

Aussi, préviennent-ils, «nous prenons à témoin la communauté nationale et internationale en matière d’éducation, de formation, de travail et des droits de l’homme, en l’occurrence, l’Unesco, l’Unicef, l’OIT et le HCDH, que le gouvernement de la république sera tenu pour seul responsable de toute sorte de débordement que son laxisme et son insensibilité actuelle pourraient causer si jamais cette situation continuait à être entretenue».

Les enseignants grévistes ont par ailleurs appelé l’ensemble de la corporation sur le plan national à la remobilisation et à la solidarité face à leur situation.

 
 

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